CHRISTMANN Robert

Par Françoise Olivier-Utard

Né le 27 septembre 1922 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; employé du Trésor ; militant communiste, membre du bureau fédéral, puis trésorier fédéral du PCF du Bas-Rhin ; trésorier de la FSGT du Bas-Rhin.

Son père Louis Christmann, né le 20 septembre 1888 à Romanswiller, Bas-Rhin, mort le 18 juillet 1971 à Strasbourg, était sellier-tapissier, militant du PCF. Sa mère, Marthe Kiehl, née le 15 septembre 1899 à Obermodern (Bas-Rhin), mourut à sa naissance. Il fut élevé dans un milieu « rouge ». De santé fragile, asthmatique, Robert Christmann ne fréquenta l’école du Neufeld à Strasbourg qu’à partir de six ans. Ce fut son premier contact avec la langue française. Il réussit cependant à passer le certificat d’études à treize ans avec mention B. Il entreprit alors sans enthousiasme une formation d’employé de bureau dans l’entreprise Spiertz (quartier de la Meinau), puis chez Bierig et Peter (quartier de Neudorf). En 1936, les ouvriers formèrent des cortèges et firent grève, mais les employés restèrent à leur bureau.
Il. adhéra aux Jeunesses communistes en 1936 et pratiqua l’Agit-prop devant les usines, dans les cafés, dans les meetings politiques. En 1939, l’évacuation de Strasbourg le conduisit avec ses parents au Guillac de Lauch (Lot-et-Garonne), puis à Bergerac (Dordogne), où il fut embauché, comme son père, dans une usine de parachutes évacuée de Pantin. Mais l’usine ferma au lendemain de l’armistice. Bergerac vivait mal l’afflux d’Alsaciens qui, dans leur grande majorité, n’étaient pas francophones. De nombreuses méprises provoquèrent des bagarres. On proposa aux Alsaciens de travailler à la poudrerie. Ils préférèrent rentrer à Strasbourg, en septembre1940. L’accueil fut célébré avec éclat, place de la Gare, par Charles Hueber*, l’ancien maire communiste devenu autonomiste et passé au nazisme.
Trouver du travail à Strasbourg ne fut guère facile. Robert Christmann se fit embaucher à l’arsenal. Envoyé à l’aérodrome de Jeffer (Allemagne) en stage, dans un atelier de réparation de moteurs d’avions, il fut surpris de constater que les conditions de travail (cadences, respect des ouvriers) étaient meilleures en Allemagne malgré la guerre. Ses compétences en dactylographie le firent passer assez vite dans les bureaux. Pour éviter la promiscuité des baraquements, il logea en ville. Cela lui permit d’entrer en contact avec un collègue non nazi et un contre-maître tchèque, ancien des Brigades internationales, bientôt décapité pour sabotage, en 1942. Le 11 juillet 1942, il fut muté en Grèce, à Eleusis, où il passa deux ans. Son unité ayant été démantelée le 1 août 1943, après l’attaque destructrice anglaise, il fut envoyé en Thuringe, dans l’artillerie. Il déserta près d’Offenburg (Bade), se réfugia dans la forêt, fut recueilli par la Croix-Rouge et passa dans un camp de transit pour Alsaciens. Il rentra finalement à Strasbourg le 25 avril 1945.
Il entra à la Préfecture, au service de la Trésorerie et y resta jusqu’à sa retraite, en 1982, ayant gravi les échelons, d’auxiliaire à chef de section. La vie syndicale recommençait. Il organisa une campagne d’adhésion à la CGT, mais en 1947, les syndiqués rejoignirent massivement FO. Robert Christmann adhéra au PCF en 1945, devint secrétaire de la cellule de l’Ancienne Musau (quartier sud), puis secrétaire de la section Neudorf. Il entra au comité fédéral en 1948, au bureau fédéral en 1950, et revint au comité fédéral en 1952. Cette année-là il devint trésorier fédéral. Il fut réélu au comité fédéral en 1953, en 1954, 1956, 1957.
Il eut beaucoup d’activités aussi au sein de la FSGT. Au club Égalitaire d’abord, comme responsable de la publicité, pendant un an, du 10 octobre 1951 au 10 octobre 1952, puis comme trésorier principal, du 15 octobre 1952 au 8 octobre 1958. Il devint président du club, du 23 janvier 1971 au 1 octobre 1983, puis membre du collectif des relations extérieures de 1983 à 1986. Il fut président délégué de l’Union sportive égalitaire à partir de 1986. Il fut aussi président de la section Tennis de table en 1965 et 1966, puis de 1975 à 1977. De 1978 à 1992, il fut trésorier du comité régional d’Alsace. Marié le 25 avril 1944 à Strasbourg, à Frieda Marguerite Koenig, née le 11 mai 1923 à Strasbourg, morte le 22 mars 1987 à Strasbourg. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19991, notice CHRISTMANN Robert par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 avril 2022.

Par Françoise Olivier-Utard

ŒUVRE : « Souvenirs de la grève de mai 1968 à la Trésorerie générale du Bas-Rhin » in Bulletin du Centre régional d’Alsace de l’Institut CGT d’histoire sociale du Bas-Rhin, n° 2, 1988, p. 36-37.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — « Souvenirs de la grève de mai 1968... », op. cit. — Entretien du 21 janvier1999.

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