RÉDARÈS Jean, Aimé, Frédéric

Par Pierre Baudrier

Étudiant en médecine opposant à Louis-Philippe.

Après l’attentat de Meunier contre Louis-Philippe, le 27 décembre 1836, la police avait surveillé les réactions du public et arrêté des dizaines d’opposants qui avaient colporté des nouvelles de l’attentat sans, à tout le moins, s’offusquer de l’offense faite au roi. En dehors de Meunier et des coaccusés, seuls deux opposants, Dauche et Rédarès, avaient été maintenus en détention jusqu’au procès. Le procureur général de la Cour des Pairs disculpait Rédarès de l’attentat lui-même mais n’excluait pas sa comparution devant un autre tribunal. La Cour des Pairs ordonnait « que lesdits Dauche et Rédarès seront mis en liberté, s’ils ne sont détenus pour autre cause ; Donne acte au procureur de ses réserves à l’égard de Rédarès. »*
Linstant, étudiant en droit haïtien, fut appelé à la barre. Rédarès avait témoigné en ces termes :
Le 27 décembre 1836, « J’ai été, dit-il, de midi à une heure à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, avec le sieur Linstant. Nous en sommes sortis, après une demi-heure, et nous revenions rue de l’École de Médecine, à mon domicile, lorsque, traversant la rue Saint-Jacques, nous avons rencontré un jeune homme qui nous a appris l’attentat. Je suis allé chez moi raconter ce qui venait d’arriver ; puis, avec Linstant, nous sommes allés à la bibliothèque Mazarine. Notre intention était de voir ce que l’on disait de l’attentat ; mais nous ne sommes allés que jusqu’à l’Institut. »**
On lit ensuite : « Ce récit a été confirmé de point en point par la déposition du sieur Linstant, étudiant en droit.
Ainsi disparut le plus grand indice qui s’était élevé contre Rédarès ; mais il devait encore compte à la justice de ses propos relatifs à l’existence d’une "société d’assassins".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200059, notice RÉDARÈS Jean, Aimé, Frédéric par Pierre Baudrier, version mise en ligne le 11 février 2018, dernière modification le 11 février 2018.

Par Pierre Baudrier

SOURCES : Journal des débats politiques et littéraires, mercredi 23 août 1848, p. 2. — P. 9 de : Cour des Pairs. Paris.- Attentat du 27 décembre 1836. Arrêt du mercredi 5 avril 1837. Acte d’accusation. Réquisitoire et réplique de M. Franck-Carré, procureur général.- Paris, Imprimerie Royale, 1837.- 97 p.

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