DURET Joseph, Georges, Jean, Marie

Par Michel Thébault

Né le 12 novembre 1887 à La Bruffière (Vendée), mort en prison avant la condamnation à mort à Wolfenbüttel (Allemagne) le 30 mai 1943 ; professeur de philosophie au collège Saint Stanislas à Poitiers (Vienne) ; résistant réseau Renard.

Georges Duret
Georges Duret

Joseph Duret (prénom usuel Georges) était le fils de François Joseph Duret âgé de 27 ans à sa naissance et de Mélanie Martin âgée de 21 ans, tous deux cultivateurs au lieu-dit le Pontreau, commune de la Bruffière (Vendée) à l’extrême nord de la Vendée à proximité de Cholet (Maine-et-Loire). Très bon élève, son instituteur souhaitait à l’issue de sa scolarité primaire le présenter au concours d’entrée à l’Ecole Normale, Georges Duret issue d’une famille très catholique choisit le séminaire. Il intégra le grand séminaire de Luçon (Vendée) mais affirma rapidement son orientation vers un christianisme social. Proche du « Sillon » de Marc Sangnier, (mouvement de christianisme social qui se situait dans l’héritage de l’encyclique Rerum Novarum (1891) de Léon XIII et visait à rapprocher l’Eglise catholique et la République), il dut à la demande de l’évêque de Luçon partir pour le diocèse voisin de Poitiers. Il y poursuivit ses études et y obtint son baccalauréat. Il fut ordonné prêtre en 1912. Professeur de lettres au collège Saint Stanislas de Poitiers en 1914, il obtint en 1915 une licence de lettres à la faculté catholique d’Angers (Maine-et-Loire). De 1918 à 1924, il dirigea et fit paraître 50 numéros de la revue qu’il avait créée : la “Série préparatoire aux Cahiers pour les professeurs catholiques de France” revue qui s’adressait aux professeurs de l’enseignement libre comme de l’enseignement public. Il fut à partir de 1923 professeur de philosophie à temps complet au collège Saint Stanislas. Prêtre engagé dans le domaine social et culturel il fut aumônier de la paroisse universitaire de 1933 à 1942. Poète et écrivain, il publia de nombreux articles dans diverses revues théologiques et autres. Il s’engagea très tôt dans la Résistance contre l’Allemagne hitlérienne qu’il percevait comme païenne, anti-humaniste et anti-chrétienne, rejoignant le réseau de Louis Renard, avoué à Poitiers, l’un des premiers groupes de Résistance dans la France occupée. Georges Duret fut arrêté lors du démantèlement de ce réseau à la fin septembre 1942. D’abord emprisonné à la prison de la Pierre Levée à Poitiers, il fut avec ses camarades de réseau transféré à la prison de Fresnes le 12 février 1943. Ils furent déportés vers Trèves (Allemagne) le jeudi 18 février dans un transport NN parti de la gare de l’Est ; les déportés furent placés dans des wagons de voyageurs aménagés en wagons cellulaires, accrochés au train Paris-Berlin. Sur les 39 hommes déportés dans ce transport, 29 appartenaient au réseau Renard. Après une journée de voyage, le transport parvint en gare de Trêves. Le lendemain ils prirent un autre train en direction de Reinsfeld, à 7 kilomètres du SS-Sonderlager Hinzert où ils durent se rendre à pied. Le 19 avril 1943, les rescapés furent transférés à la "prison de prévention" de Wolfenbüttel (Basse-Saxe, Allemagne) pour être jugés. Fin mai, onze d’entre eux reçurent notification écrite d’une accusation portée contre eux et devant conduire à un procès devant le tribunal du peuple (Volksgericht). Georges Duret reçut le 29 mai sa notification d’inculpation pour « appartenance à une organisation secrète dirigée contre la sécurité des troupes d’occupation et espionnage ». Georges Duret qui avait contracté une pneumonie au camp d’Hinzert, mourut de maladie le lendemain, 30 mai 1943, avant même d’être condamné à mort. Le tribunal du peuple était divisé en 6 sénats ou chambres. L’un d’entre eux vint siéger les 12 et 13 octobre 1943 à Wolfenbüttel. A l’issue d’une procédure uniquement à charge, les dix accusés restant furent condamnés à mort le 13 octobre 1943 et guillotinés le 3 décembre 1943 dans un bâtiment de la prison.
Georges Duret obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de La Bruffière (Vendée). Le monument commémoratif du réseau Renard au cimetière de Chilvert à Poitiers comprend 11 plaques, celles des dix condamnés à mort et celle de Georges Duret. En 1965, fut inaugurée, en présence du député-maire de Poitiers, une plaque à l’entrée du collège Saint Stanislas : « Ici habita et enseigna pendant trente ans Georges Duret, prêtre – philosophe – poète, mort pour la France et pour la défense des valeurs chrétiennes en la prison allemande de Wolfenbüttel le 30 mai 1943 ». Son nom figure enfin à Paris, au Panthéon, sur la plaque commémorative des écrivains morts pour la France.
En 1995, une demande a été déposée afin que soit ouvert un dossier pour la béatification de Georges Duret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200135, notice DURET Joseph, Georges, Jean, Marie par Michel Thébault, version mise en ligne le 15 février 2018, dernière modification le 20 février 2018.

Par Michel Thébault

Georges Duret
Georges Duret

SOURCES : Jean Henri Calmon La chute du réseau Renard Poitiers 1942. Le S.S., le préfet et le résistant, Geste éditions, 2015 — site internet VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation) — Diocèse de Luçon, dossier pour le jubilé 2017 — Fondation pour la mémoire de la déportation convoi I.79 — Mémorial genweb — État civil.

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