JUSSELIN Clémence

Par Louis Botella, Julien Chuzeville

Syndicaliste CGT de la Couture ; militante antimilitariste de la Seine ; première femme élue au conseil de prud’hommes en France, en 1908.

Clémence Jusselin (Le Matin, 7 janvier 1909).

Ouvrière couturière, appartenant au syndicat CGT des couturières et lingères de la Seine, Clémence Jusselin participa en 1903 à la création de la Ligue française des femmes pour la coopération. En 1907, elle était membre de la commission administrative de la Bourse du Travail de Paris.

Elle était en 1908 la secrétaire du syndicat CGT des couturières-lingères. Elle fut élue en novembre 1908 au conseil de prud’hommes, lors de la première élection en France où les travailleuses avaient le droit de voter et d’être élues, avec 128 voix sur 170 suffrages exprimés. Protestant le 9 janvier 1909 dans L’Humanité contre des propos qui lui étaient attribués abusivement par le journal Le Matin, elle signait : « C. Jusselin, secrétaire du syndicat des couturières et lingères, conseillère prude-femme, 3, rue du Château d’Eau, Paris (Xe) ».

Présentée par l’Union des syndicats de la Seine, elle fut réélue en avril 1909 à la commission administrative de la Bourse du Travail de Paris, arrivant première en voix. Elle était toujours conseillère prud’homale de Paris en juillet 1912. Elle fut signalée, en septembre 1912, comme étant la trésorière du comité féministe de protestation contre la loi Millerand-Berry et les bagnes militaires.

En mars 1913, Clémence Jusselin siégeait toujours au conseil de prud’hommes de la Seine. Le 15 décembre 1913, elle figurait parmi les oratrices lors d’un meeting féministe à Paris sur le thème : « Les femmes ont-elles le droit au travail ? » (dans le cadre du soutien à Emma Couriau). En 1914, elle fut élue au Conseil supérieur du Travail avec 7 autres conseillers prud’hommes ouvriers.
En septembre 1918, toujours conseillère prud’hommes, elle était la secrétaire de la coopérative « Les réchauds-restaurants Les Midinettes », destinée aux ouvrières. En mai 1920, elle était militante du syndicat CGT du Vêtement.

Il y a certainement identité avec « Madame Jusselin ».
Son nom a parfois été écrit par erreur « Clémence Jousselin ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200179, notice JUSSELIN Clémence par Louis Botella, Julien Chuzeville, version mise en ligne le 18 février 2018, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Louis Botella, Julien Chuzeville

Clémence Jusselin (Le Matin, 7 janvier 1909).

SOURCES : La Bataille syndicaliste quotidienne, 6 juillet, 10 septembre 1912, 10 mars 1913 (BNF Gallica). — La Fronde, 11 juin 1903. — L’Humanité, 11 septembre 1907, 7 décembre 1908, 9 janvier 1909, 30 mars 1909, 24 et 27 avril 1909, 13 septembre 1912, 16 mai 1920. — L’Action féministe, décembre 1913 et juillet 1914. — Le Populaire, 10 septembre 1918. — Claire Lemercier, « 1908 : la première prud’femmes est élue à Paris », France Culture, 3 mars 2017.

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