CLAEYS Isabelle [née DELESSALLE Isabelle]

Par Jean-Pierre Besse

Née le 15 septembre 1911 à Houplines (Nord), morte le 3 décembre 1993 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor) ; ouvrière du textile ; militante communiste ; résistante-déportée ; conseillère de la République, puis sénatrice (1946-1949 ; 1956), députée du Nord (1949-1951).

[Sénat]

Fille d’un tondeur de toile et d’une fileuse, Isabelle Delessalle, titulaire du certificat d’études primaires, entra en 1924 aux établissements Henri Becquart à Houplines comme apprentie tisseuse, puis fut embauchée en 1928 à l’entreprise Hacot Frères, où travaillaient ses parents, comme épeuleuse puis tisseuse. Elle épousa en septembre1930 Raphaël Claeys, préposé des douanes. Le couple, qui eut une fille, s’installa, au gré des mutations de l’époux, à Wervicq-Sud puis à Wattrelos.

Isabelle Claeys (écrit parfois Clayes) milita à la CGTU, puis à la CGT et adhéra au Parti communiste en 1934. Son époux fut révoqué des douanes en 1939 en raison de son engagement politique, puis, mobilisé, fut fait prisonnier en mai 1940.

Connue dans la région, elle quitta son domicile de Wattrelos durant l’été 1940 pour s’installer à Houplines. Elle fut chargée par la suite par Martha Desrumeaux* de reconstituer le Parti communiste dans le secteur d’Armentières et elle y développa les Comités féminins dont elle devint la responsable pour le Nord avant de se voir confier aussi les mêmes responsabilités dans le Pas-de-Calais.

En dépit du refus de la direction régionale du PC, elle participa à diverses actions réalisées par les FTP. Elle fut arrêtée à Nœux-les-Mines le 19 février 1943 avec Simone Deceuninck* d’Halluin, Denise Lecieux* de Bruay-en-Artois et Yvonne Abbas* de La Madeleine. Elle devait confier la responsabilité du secteur touché par de nombreuses arrestations à Simone Deceuninck.

Emprisonnée à Béthune puis à Douai, remise aux autorités allemandes, elle fut torturée mais ne parla pas. Les Allemands la remirent aux autorités françaises. Traduite devant la cour spéciale de Douai, elle fut condamnée à trois ans de prison. Transférée en avril 1943 à la prison de la Roquette puis à la Centrale de Rennes, elle fut remise aux Allemands en avril 1944 et internée à Romainville avant d’être déportée à Ravensbrück, puis à Flossemburg d’où elle fut rapatriée le 25 mai 1945.

Son père, arrêté par les Allemands peu après, fut interné à la forteresse d’Huy de mai à septembre 1944. Son mari fut libéré en juillet 1941 et travailla dans diverses entreprises avant d’être grièvement blessé dans un bombardement en mai 1944 (il perdit le bras droit).

Bien que très marquée et diminuée physiquement par les traitements subis dans les prisons et les camps, Isabelle Claeys reprit ses activités politiques.

Conseillère municipale et adjointe au maire d’Houplines de mai 1945 à octobre 1947, elle fut candidate aux deux élections de l’Assemblée constituante, en troisième position de la liste communiste de la deuxième circonscription du Nord, puis aux législatives de novembre 1946. Élue au Conseil de la République en décembre 1946, elle fut secrétaire du Conseil et siégea aux commissions des pensions et du travail jusqu’en 1948. Elle devint députée le 2 juin 1949 après la démission d’Eugène Doyen*. Secrétaire de l’Assemblée nationale, elle siégea aux commissions de la justice et du travail. Non réélue en 1951 au Palais Bourbon, ni d’ailleurs au Palais du Luxembourg la même année, elle fut à nouveau sénateur en 1956. La démission d’Henri Lespagnol* en avril 1956 lui avait en effet ouvert les portes du Sénat, mais elle démissionna le 3 mai 1956 en raison de son état de santé et fut remplacée par Marcel Ulrici. Elle se retira en Bretagne à Saint-Quay-Portrieux où son mari décéda en 1982 et elle-même en 1993.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20042, notice CLAEYS Isabelle [née DELESSALLE Isabelle] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Jean-Pierre Besse

[Sénat]

SOURCES : Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Le Livre Mémorial..., op.cit. — A. Porcu, Héroïques, femmes en résistance, t. 1, Geai Bleu, 2006. — DPF, 1940-1958, op. cit., t. 3. — Renseignements et documents envoyés par la mairie d’Houplines.

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