BOURGOIN Jean

Par Claude Delasselle

Né le 29 décembre 1919 à Paris (XVIIe arr.), tué le 24 août 1944 à Étais-la-Sauvin (Yonne) ; ouvrier agricole ; résistant sédentaire du Service national maquis.

Stèle d’Étais-la-Savin
Stèle d’Étais-la-Savin

Jean Bourgoin, ouvrier agricole à Étais-la-Sauvin, village situé au sud-ouest du département de l’Yonne, tout près de la limite entre le département de l’Yonne et de la Nièvre, faisait partie de la 10e compagnie sédentaire du Service national maquis de l’Yonne regroupée à Étais-la-Sauvin. Cette compagnie, forte d’une centaine d’hommes, avait pour mission de protéger le village de toute attaque ennemie. Des postes de garde avaient été établis à chaque entrée du village, protégés par des barricades improvisées, mais les défenseurs, dépourvus pour la plupart de toute expérience militaire, ne disposaient que d’armes individuelles et d’un seul fusil-mitrailleur par poste.
Le 24 août 1944, vers 7 h 15 du matin, un important convoi allemand, qui venait de fusiller deux hommes, André Plançon et Roger Plançon, au village voisin de Lainsecq, se présenta à l’entrée ouest du village, provoquant la stupeur des hommes de garde qui s’attendaient à voir apparaître les Américains. Heureusement le convoi allemand marqua un temps d’arrêt, ce qui permit à la plupart des sédentaires présents de s’enfuir vers le nord, par les jardins, en abandonnant une grande partie de leurs armes et de leur matériel. Prudemment le convoi allemand reprit sa route à travers le village, tandis que des soldats allemands occupaient et fouillaient les maisons. L’école, qui avait servi de logement aux résistants, et une grange, où de l’armement fut découvert, furent incendiées à coup de grenades. Une habitante d’Étais, Alice Boutron, fut tuée d’un coup de fusil alors qu’elle ouvrait sa porte pour voir ce qu’il se passait.
À l’autre extrémité du village, le groupe de sédentaires qui gardait la route menant à Clamecy était resté à son poste. Sans informations sur l’importance des forces ennemies, ils ouvrirent le feu sur les premiers soldats allemands qui arrivaient. La riposte allemande fut meurtrière et trois sédentaires, Jean Bourgoin, René Étienne et Pierre Grandjean furent tués en quelques minutes dans un verger voisin. Après avoir menacé de fusiller des habitants du village, les Allemands reprirent leur route en direction de Clamecy. Ce même convoi fut attaqué par les hommes du maquis du « Loup » à Vézelay dans l’après-midi du 24 août.
Le nom de Jean Bourgoin figure sur la stèle édifiée à Étais-la-Sauvin, au bord du CD 104, et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il bénéficie de la mention « Mort pour la France » et il est titulaire de la carte de Combattant volontaire de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200561, notice BOURGOIN Jean par Claude Delasselle, version mise en ligne le 3 mars 2018, dernière modification le 13 janvier 2022.

Par Claude Delasselle

Stèle d'Étais-la-Savin
Stèle d’Étais-la-Savin

SOURCES : Hugues Cattin, Étais, le 24 août 1944, une journée de feu et de sang, récit inédit. — Robert Bailly, La Croix de Saint-André, Éd. ANACR-Yonne, 1983. — Mémorial GenWeb.

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