MONIN Jacques

Par Claude Delasselle

Né le 20 mai 1921 à Paris (XIIe arr.), mort en action le 24 août 1944 près de Pontaubert (Yonne) ; maquisard du maquis « Verneuil » (Libération-Nord), AS.

Monument d’Avallon
Monument d’Avallon

Avallon (Yonne) fut libéré le 19 août 1944 par le maquis « Verneuil », installé depuis la fin juillet au hameau des Iles Ménéfrier, sur la commune de Quarré-les-Tombes, à la limite de l’Yonne et de la Nièvre. Le commandant « Verneuil » décida alors de placer des postes armés sur les routes menant à Avallon, pour tenter d’empêcher les convois allemands en retraite de traverser la ville. Un de ces « bouchons » fut établi sur la D 957 reliant Vézelay à Avallon, à proximité du village de Pontaubert, à quelques km à l’ouest d’Avallon. C’est dans ce secteur, entre le 21 et le 24 août 1944, que de violents combats opposèrent des éléments du maquis « Verneuil » à plusieurs convois allemands.
Le 22 août, un des maquisards, Camille Bureau, fut brûlé vif lors de l’accrochage avec un convoi allemand composé de six ou sept véhicules en plein Pontaubert. Le 24 août, en fin d’après-midi, la colonne allemande puissamment armée, qui venait d’être accrochée par le maquis du « Loup » à Vézelay, poursuivait sa route en direction d’Avallon. Un des chefs du maquis « Verneuil », le lieutenant Émile Mennecart, fut tué près de Fontette alors qu’il menait en moto une mission de reconnaissance.
Le lieutenant Albert Moncomble, averti de l’arrivée de la colonne allemande, plaça le sergent Jacques Monin en sentinelle sur la route entre Fontette et Pontaubert, près de la croix de Montjoie, avant de disposer un peu plus loin son groupe en embuscade des deux côtés de la route. Surpris par l’arrivée soudaine d’une automitrailleuse d’avant-garde, Jacques Monin tenta de s’enfuir dans les champs mais fut fauché par une rafale de mitrailleuse.
Peu après, un autre maquisard, Rémi Frérot, fut grièvement blessé à la cuisse pendant le combat et mourut pendant son transport vers l’hôpital d’Avallon. Manquant d’armes lourdes et impuissants contre les automitrailleuses et les chars du convoi, les maquisards durent décrocher et se replier à travers champs, sous les tirs ennemis. Le convoi traversa Pontaubert mais obliqua ensuite et poursuivit sa route en direction de Tonnerre, sans traverser Avallon.
Trois autres maquisards du maquis « Verneuil », Daniel Blot, Roger Guillemard et Raymond Vermersch trouvèrent la mort lors de ces combats du 24 août 1944, sans que nous puissions en préciser les circonstances exactes. Le même jour, en fin d’après-midi, sept gendarmes d’Avallon furent fauchés par un tir de mitrailleuse sur la route entre Pontaubert et Avallon. Enfin, deux autres maquisards du « Verneuil » moururent de leurs blessures à l’hôpital d’Avallon : Jacques Vigneron le 25 août et Jacques Fréry le 7 septembre 1944.
Le nom de Jacques Monin - Mort pour la France et homologué FFI - figure sur le monument érigé à Avallon, route de Pontaubert, à la mémoire des morts de ces combats. Il figure également sur le monument aux morts et sur une plaque dans l’église de Vermenton, sur le monument de Quarré-les-Tombes dédié « Aux morts FFI de la 3e demi-brigade et du 1er régiment du Morvan » et enfin sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200662, notice MONIN Jacques par Claude Delasselle, version mise en ligne le 7 mars 2018, dernière modification le 28 février 2021.

Par Claude Delasselle

Monument d'Avallon
Monument d’Avallon

SOURCES : Témoignages oraux de Robert Albertelli, René Champeaux, Yoland Coilly, Albert Moncomble et Robert Motti. — CDrom, La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Michel Baudot, notice Combat de Pontaubert). — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, pages 482-483. — Mémorial Genweb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 426255 et Caen, AC 21 P 97489 (nc).

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