CLARY Alain, Ernest, Auguste

Par Jacques Girault

Né le 21 mars 1938 à Péone (Alpes-Maritimes) ; professeur ; syndicaliste ; militant communiste dans le Gard ; conseiller général (1982-1998, 2004-2011) ; maire communiste de Nîmes (Gard) de 1995 à 2001 ; député communiste du Gard (1997-2002).

Né dans une famille d’agriculteurs-éleveurs de haute montagne, son père, maire de gauche de Péone sous le Front populaire, anima la coopérative laitière et la mutualité agricole Alain Clary effectua sa scolarité primaire chez son oncle, instituteur, militant socialiste à Daluis (Alpes-Maritimes). Élève du lycée Masséna à Nice (1949-1953), puis de l’École normale d’instituteurs de Nice (1954-1957), admis à l’Institut de préparation aux enseignements de second degré, il obtint une licence d’Histoire-géographie à la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence et réussit au CAPES de géographie (1962). Professeur au lycée Émile-Maupas (1962-1967) de Vire (Calvados), il obtint sa mutation pour le collège d’enseignement secondaire des Oliviers (1967-1971) à Nîmes, puis pour le lycée Alphonse-Daudet de la ville (1971-1995). En disponibilité en 1995, il prit sa retraite en 1998.
Pendant son service militaire, en 1964-1965 à Cherbourg (Manche), Clary, condamné à un mois de prison militaire, fut cassé de son grade de brigadier-chef pour « mauvais esprit et manque de bonne volonté » à la suite d’un mouvement spontané de protestation des soldats du contingent, réquisitionnés pour la récolte du lin pendant l’été pluvieux de 1965 (Plan Orsec), alors qu’ils n’avaient pas obtenu de permission pour participer aux récoltes dans leurs exploitations agricoles familiales.
Clary s’était marié en juillet 1961 à Carnoules (Var) avec Maryse Garcin, professeur, communiste, fille d’un conducteur de travaux. Ils eurent deux filles et divorcèrent en 1986. Il se remaria en septembre 1999 à Nîmes avec Lilou Bonfils, professeur, militante associative, d’une famille de viticulteurs coopérateurs aux solides racines protestantes.
Étudiant, Clary adhérait à l’UNEF et au Syndicat national de l’enseignement secondaire à partir de 1958. Il fit partie du bureau puis fut le secrétaire de la section syndicale de l’IPES. Engagé contre la guerre d’Algérie, membre des Jeunesses communistes à Aix-en-Provence en 1957, il participa au rassemblement national des Normaliens communistes. En mai 1958, après son adhésion au PCF, il fut élu au comité de la section communiste d’Aix-en-Provence. Membre de l’Union des étudiants communistes, il fut le secrétaire du comité de ville (1960-1962). Durant cette période, il milita dans l’UNEF aux côtés d’étudiants progressistes et catholiques (Témoignage Chrétien), au Mouvement de la paix, au Secours populaire français, dans les comités de vigilance contre l’OAS et de soutien aux victimes de la répression contre les militants anticolonialistes (Maurice Audin, Alban Liechti...).
À Vire, Clary fut le secrétaire de la section syndicale (S1) du lycée. Dans le Gard, il fit partie de la commission administrative de la section départementale de la FEN à partir de 1968 jusqu’au début des années 1970. À la même époque, il devint le secrétaire du Comité départemental d’action laïque. Secrétaire de la section communiste, il entra au comité de la fédération communiste en 1966 mais y participa peu de temps.
À Nîmes, à partir de 1967, Clary fut le trésorier de la cellule communiste (Politzer) de son quartier, puis le secrétaire de la cellule (Langevin) de son établissement scolaire. Membre du comité puis du bureau de la section Nîmes-Est, élu au comité fédéral en 1968, il participa au bureau fédéral (1970-1990), responsable de l’enseignement, puis devint premier secrétaire fédéral (1990-1996), avant de redevenir membre seulement du bureau fédéral où il occupa la responsabilité du travail en direction des enseignants et sur les problèmes scolaires Il participa à une école centrale d’un mois (5-31 août 1974). Il avait animé le Comité départemental pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien. À partir de 1990, collaborateur politique au secteur « éducation » du comité central du PCF, il fut chargé de l’organisation des écoles fédérales. Membre du conseil national du Parti communiste depuis le Congrès de Martigues en 2000, il demanda à ne pas être réélu en 2003.
Sur le plan syndical, secrétaire des sections du SNES du collège des Oliviers puis du lycée Daudet, Clary fut membre de la commission administrative départementale de la FEN et son représentant au Comité départemental d’action laïque de 1968 aux années 1980. Retraité, il était syndiqué à la Fédération syndicale unitaire et membre de la Fédération générale des retraités.
Élu conseiller municipal de Nîmes en 1977, Clary fut adjoint au maire, délégué aux sports. La liste conduite par Émile Jourdan fut battue en 1983, par la droite. Élu minoritaire, il présida le groupe communiste dans la minorité du conseil municipal pendant deux mandats. Lors des élections municipales de 1989, avec l’ancien maire communiste Jourdan, il animait la liste communiste d’union qui devança celle du Parti socialiste. Les rivalités internes à la gauche s’estompèrent et, aux élections municipales de 1995, il conduisait une liste d’union de la gauche pluraliste (communistes, socialistes et « troisième tiers ») avec un premier adjoint socialiste, qui fut élue à la suite du maintien des trois autres listes, résultat d’une division de la droite. Seul maire communiste d’une ville de plus de 100 000 habitants, il participa à l’Association des maires des grandes villes de France. En 2001, bien que progressant de 35 % à 45 % des suffrages exprimés, la liste d’union qu’il impulsait fut battue, au deuxième tour, par la droite, cette fois unie, bénéficiant de l’élimination de la liste du Front national. Il retrouva à nouveau la minorité municipale. Aux élections municipales de mars 2008, il conduisait une liste "Nîmes en mouvement" qui arrivait en tête des listes de gauche mais qui était distancée au deuxième tour.

En 1982, Clary devint conseiller général du nouveau canton Nîmes VI (deuxième avec 1 775 voix au premier tour, élu avec 3 658 voix) qui correspondait à la ZUP qu’il n’habitait pas. Réélu en 1988 et 1994, il démissionna en 1998 en raison du cumul des mandats. Il gagna le siège de conseiller général du canton de Nîmes 3 en 2004 contre le candidat du Front national au deuxième tour après avoir devancé le sortant socialiste. Vice-président de la commission d’action sociale du Conseil général, il siégea à la commission permanente, aux commissions des finances, de l’administration générale, des solidarités, des collèges, des affaires scolaires et de l’éducation.
Clary, candidat aux élections législatives en 1994, devança le socialiste au premier tour mais le candidat de droite l’emporta contre lui et celui du Front national. En 1997, il fut élu député de la première circonscription du Gard au deuxième tour dans une triangulaire (droite et Front national). Il ne devait pas retrouver son siège en 2002, face au seul candidat de la droite. Il ne se représenta pas en mars 2011.
À l’Assemblée nationale, Clary siégea à la commission de la Défense nationale, Nîmes étant la première garnison interarmées de province. Il participa aux comités d’amitié, France-Israël et France-Palestine et fut le porte-parole du groupe communiste lors des débats sur la reconnaissance de la guerre d’Algérie et de la date du 19 mars.
En outre, Clary avait conduit la liste gardoise pluraliste (PCF, Radicaux de gauche, Alternatifs et Écologistes) aux élections régionales de 1998.
Clary contribua à l’animation et à la direction de l’Association départementale des élus communistes et républicains qu’il présidait toujours en 2006, tout en étant membre du conseil national de l’association nationale (ANECR) des années 1990 jusqu’à 2004.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20071, notice CLARY Alain, Ernest, Auguste par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 14 février 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Sites Internet divers. — Presse. — Renseignements fournis par l’intéressé.

ICONOGRAPHIE : Photographie avec Gérard Chabalier en 1995.

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