BARTOMEU i VALLS Joan

Par Arnau Berenguer, Dominique Tantin

Né le 28 mars 1907 à Sabadell (Catalogne, Espagne), mort en action le 27 juillet 1944 à Ambernac (Charente) ; technicien dans l’industrie textile ; militant du POUM, combattant de l’Armée de la République espagnole ; résistant, maquisard FTP.

Stèle commémorative à Ambernac (Charente)
Stèle commémorative à Ambernac (Charente)
Crédit : l’Histoire de Sabadell, XIXe et XXe siècle

Joan Bartomeu i Valls était le fils de Salvador Bartomeu i Farré et Caterina Valls i Tiana. Après l’école primaire du prêtre Antoni Estruch, il étudia à l’Escolapis et suivit une formation de technicien de l’industrie textile à l’Escola Industrial de Sabadell.
Il entra dans la vie professionnelle dans la société Carol i Cia (mieux connue sous le nom de Cal Jepó) dans le quartier d’Hostafrancs de Sabadell, où il devint contremaître de métier à tisser, fonction qu’il exerça ensuite dans l’usine de Vicenç Planas.
Il suivit une formation de conférencier au Centre d’études psychologiques qu’il quitta en 1927 à la suite de désaccord doctrinaux. Pendant la dictature de Primo de Rivera (septembre 1923-janvier 1930), il devint un activiste politique au sein du Cercle républicain fédéral. En 1930, il fut l’un des fondateurs du Bloc ouvrier et paysan (Bloc Obrer i Camperol, BOC) à Sabadell, et candidat du BOC dans le 4e arrondissement aux élections municipales du 12 avril 1931, élections qui furent suivies du départ du roi Alphonse XIII et de la proclamation de la Seconde République.
Joan Bartomeu i Valls collabora à plusieurs publications de gauche : L’Humanité, organe de la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC) ; L’Heure, organe du BOC ; La Bataille, journal du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) et L’Impulsion. Il a été le fondateur et le bibliothécaire du Centre culturel récréatif.
Au début de la guerre civile, il s’enrôla comme volontaire sur le front d’Aragon où il commanda une colonne d’artillerie du POUM composée de 18 miliciens. Au front, il publia un journal de campagne appelé Artillerie rouge coécrit avec des camarades du POUM, Camil Formosa, Evarit Ribell et Ricard Simó. Une fois les évènements de mai 1937 terminés, avec la fin de l’occupation du bâtiment Telefónica par les miliciens de la CNT et du POUM, les premiers, mais surtout les membres du POUM ont été durement réprimés, et c’est ainsi que Joan Bartomeu i Valls fut arrêté.
À la fin de la guerre, lors de la Retirada, Joan Bartomeu i Valls s’exila en France où il fut interné dans plusieurs camps de concentration. Ses camarades du POUM l’aidèrent à s’échapper du camp du Barcarès et l’accueillirent à Montpellier (Hérault).
Bartomeu continua la lutte antifasciste en s’enrôlant comme volontaire dans les maquisards des Francs-Tireurs et Partisans de Charente. Il participa au combat d’Ambernac (Charente), qui opposait une colonne d’Allemands renforcée par des miliciens à des détachements du maquis Foch (Armée secrète). Arrivant dans l’après-midi en renfort avec les maquisards FTP de Chabanais, Joan Bartomeu i Valls fut mortellement touché au passage du pont sur le Brailloux, fauché par une mitrailleuse allemande en batterie dans le clocher. Jean Léonard et Joan Bartomeu furent tués sur place, six autres Francs-Tireurs et partisans (FTP) furent blessés, dont le capitaine Marc.
Il est enterré dans la nécropole nationale de Chasseneuil (Charente). Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué FFI. À Saint-Pierre d’Ambernac, près de l’endroit où il est mort, une stèle a été érigée en hommage aux maquisards tombés au combat le 27 juillet 1944 : Joan Bartomeu, Jean Leónard et Marc Blanchet. Depuis 1985, une rue de Sabadell porte son nom.



Voir Ambernac (27 juillet 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200809, notice BARTOMEU i VALLS Joan par Arnau Berenguer, Dominique Tantin, version mise en ligne le 12 mars 2018, dernière modification le 1er mai 2022.

Par Arnau Berenguer, Dominique Tantin

Joan Bartomeu i Valls
Joan Bartomeu i Valls
Crédit : l’Histoire de Sabadell, XIXe et XXe siècle
Stèle commémorative à Ambernac (Charente)
Stèle commémorative à Ambernac (Charente)
Crédit : l’Histoire de Sabadell, XIXe et XXe siècle

SOURCES : Service historique de la Défense, Caen, AC 21 P 14953 et Vincennes GR 16 P 36326 (nc). — Guy Hontarrède, La Charente dans la Seconde Guerre mondiale, Dictionnaire historique, Saintes, Le Croît vif, 2004, p. 11-12. — CD-ROM La Résistance en Charente, AERI, 005. — Archives historiques de Sabadell (AHS). Ricard Simó i Bach Collection. — Masjuan Bracons, Édouard. Médias ouvriers et innovation culturelle à Sabadell (1900-1939). L’autre aventure de la ville industrielle. UAB, Service des publications. Bellaterra, 2006. — Simon et Bach, Richard. Sabadellencs tués en exil. Sabadell : Agulló-Costa, 1986. ISBN 84-86636-00-0. — Coordonner. Martínez de Sas, Maria Teresa ; Fermier et Blanch, Pelai. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier dans les pays catalans, Abbaye de Montserrat et Université de Barcelone, 2000. ’Bartomeu Valls, Joan’ Maria Pilar Molina Javierre. (p. 186). — Josep Baqués, Robert Baró. Notre peuple dans les rues de Sabadell. Sabadell : Conseil municipal de Sabadell et Consortium pour la normalisation linguistique, 1995. ISBN 84-87221-06-8. — Nomenclator, « rue Joan Bartomeu ». Conseil municipal de Sabadell. — Cet article est pour l’essentiel la traduction de la biographie due à Arnau Berenguer, en ligne sur le site de l’Histoire de Sabadell, XIXe et XXe siècle. Nous remercions vivement l’universitaire catalan David Ferrer Revull ne nous avoir permis d’utiliser cette source.

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