MARCELLESI Léonard

Par Daniel Grason

Né le 3 janvier 1893 à Sotta (Corse, Corse du sud), mort à une date inconnue ; contrôleur adjoint aux PTT ; sympathisant communiste ; résistant ; interné.

Léonard Marcellesi
Léonard Marcellesi

Fils d’Alexandre, trente-six ans, laboureur et de Marie, née Mela, trente-quatre ans, Léonard Marcellesi alla à l’école primaire, il obtint à l’issue de sa scolarité le certificat d’études primaires supérieures. De la classe 1913, recrutement d’Ajaccio, il fit son service militaire dans un service auxiliaire.
Il quitta la Corse pour Paris, travailla aux PTT, devint contrôleur adjoint de la poste du XVe arrondissement. Il épousa Benoite Martini, un fils prénommé Léo naquit le 8 septembre 1936 à Paris (VIe arr.), la famille vivait 10 rue Desnouettes (XVe arr.). Léonard Marcellesi aurait été le secrétaire d’un comité de Front populaire, et était perçu par la police comme ayant des idées d’extrême gauche.
En 1940 pendant l’exode, il fit la connaissance de « Raymonde » une militante communiste d’une quarantaine d’année. Il la rencontra la dernière semaine de mai 1942, selon les déclarations qu’il fit à la police, elle lui donna rendez-vous le 31 mai 1942 à 9 heures 30 au métro Odéon. Il s’y rendit, il aurait demandé devant un café, des explications à Raymonde qui n’était autre que Marguerite Bronner. Elle lui expliqua que des femmes allaient « dévaliser un magasin d’alimentation et […] procéder à la distribution des denrées volées parmi la foule. » D’autres avaient « la consigne de chanter La Marseillaise. » N’approuvant pas ce type d’action Léonard Marcellesi rentra chez lui.
Trois inspecteurs de la BS2 se présentèrent au domicile de Marcellesi le 4 juin 1942 et l’arrêtèrent. Fouillé, il ne portait ni tract, ni arme sur lui, rien n’était saisi dans son logement. Alors que les policiers étaient là, entra son fils Léo.
La perquisition du bureau où travaillait Léonard Marcellesi a été infructueuse. Une note des Renseignements généraux du 26 mars 1940 le représentait ainsi : « Passe pour avoir des idées d’extrême-gauche. Son activité aurait été assez grande et serait actuellement à surveiller. Caractère difficile. »
Robert et Léo Marcellesi furent emmenés dans les locaux des Brigades spéciales pour interrogatoire. Léo était étudiant au lycée Buffon, il déclara : « Je n’ai jamais été membre du Parti communiste. […] À ma connaissance mes parents n’ont jamais fait de politique et surtout n’ont jamais adhéré au Parti communiste. » Il ignorait si son père était allé rue de Buci.
Robert Marcellesi raconta son contact avec Raymonde, militante communiste et son refus de se rendre rue de Buci. Il se rendit au café du Petit Globe où il jouait régulièrement aux cartes.
Incarcéré à la prison de la Santé, il comparut le 25 juin 1942 devant la section de de Paris du Tribunal d’État, en compagnie des dix-sept inculpés pour l’action de la rue de Buci, dont Madeleine Marzin. Cette dernière précisa dans un rapport adressée à la direction clandestine du Parti communiste : « Il fit citer comme témoin de sa « neutralité politique » un lieutenant des milices fascistes italiennes avec lequel il prenait l’apéritif tous les dimanches. » Il fut en l’absence de preuves relaxé.
Maintenu en détention puis interné administrativement, il était dans le box des accusés de la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris le 26 févier 1943, en compagnie d’’Eugénie Dietrich, Mayer Kaliski, Marcel Leclerc et Robert Desvignes.
Robert Marcellesi a été acquitté une seconde fois. Il a été interné au camp des Tourelles (XXe arr.), ensuite sur Pithiviers (Loiret) le 8 mars 1944. Il a été libéré le 11 août 1944.
Robert Marcellesi fut homologué au titre des FFI et Interné résistant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200839, notice MARCELLESI Léonard par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 février 2020, dernière modification le 18 février 2020.

Par Daniel Grason

Léonard Marcellesi
Léonard Marcellesi

SOURCES : Arch. PPo. BA 2056, GB 39 (rapport de Madeleine Marzin), GB 98, KB 18, 77W 346 (dossier Desvignes), PCF carton 13 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 12 juin 1942. – Bureau Résistance GR 16 P 391287. – État civil numérisé 6 MI 288/10 acte n° 3.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 183

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