RUFIN Louis, dit Aman

Par Vincent Flauraud

Né le 13 février 1892 ; professeur ; militant communiste, membre du bureau du PC cantalien ; résistant, membre du CDL du Cantal.

A Aurillac, Louis Rufin, professeur au lycée Emile-Duclaux, non cantalien, participa aux côtés d’Alphonse Bouloux à la reconstitution clandestine du parti communiste cantalien en 1942-1943. « Aman » dans la Résistance était l’un des deux principaux relais du Front national et des FTP fin 1943. Il fut délégué au CDL par le parti communiste (seul représentant), en relation avec le responsable régional du parti, Girardot. Rufin s’y opposa fréquemment à Jean Lépine (MUR), qui en assurait la direction. Il lui reprochait en avril 1944 de ne pas réunir assez souvent le CDL. Lorsque les réunions devinrent régulières, à Mauriac, sous-préfecture libérée, Rufin s’opposa encore à Lépine. Ce dernier, s’estimant injurié le 29 juillet, refusa de siéger, et Rufin, allié à Matarasso (MUR) et Molinier (CGT), fit voter le remplacement de Lépine à la présidence, remplacement assuré par Amarger. Rufin continua à s’opposer aux représentants des MUR, notamment à Chastang. Mais le 5 août, Lépine fut finalement réintégré, et une commission permanente fut désignée, comprenant, outre Rufin, Amarger (MUR-SFIO), Gaudemer (SFIO) et Molinier (CGT). Dès l’installation du CDL à Aurillac (11 août 1944), Rufin fut désigné pour représenter le CDL aux côtés de Matarasso, au sein de la commission chargée de contrôler les arrestations. Rufin s’opposa à la nomination de Mitanchez (pseudo Milton), alors sous-préfet de Saint-Flour par interim, à la préfecture du Cantal, comme le proposait Lépine.
D’août à octobre 1944, Rufin, Alphonse Bouloux et quelques Cantaliens dont un groupe de jeunes militants déployèrent une activité intense pour relancer le parti communiste qu’ils avaient entretenu dans la clandestinité. Ils organisèrent des réunions, lancèrent des journaux, dont Le Patriote – Organe du Front national du Cantal dès le 8 septembre, Le Cantal ouvrier et paysan,reparaissant le 17.
Le 8 octobre, Rufin reprocha cette fois à Lépine son hostilité à l’Eglise, défendant une politique de la main tendue à tous les catholiques qui n’avaient pas collaboré. « Résolu à une large entente avec tous les patriotes », il s’employa aussi, en novembre, à plaider auprès des socialistes du CDL la constitution de listes uniques lors des élections à venir. A la mi 1945, un comité d’entente entre communistes et socialistes fut finalement mis en place. En juin 1945, Rufin participait ainsi à une réunion d’échanges entre PC et SFIO.
En mars 1945, il avait été chargé des masses, au sein du bureau régional du parti communiste cantalien. En août, il appela, à l’occasion des Etats généraux de la Renaissance, à l’« union profonde et large des républicains de toutes nuances, de tous les démocrates attachés aux libertés ». On ne trouve plus sa trace, par la suite, dans la presse cantalienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200843, notice RUFIN Louis, dit Aman par Vincent Flauraud, version mise en ligne le 13 mars 2018, dernière modification le 13 mars 2018.

Par Vincent Flauraud

SOURCE : Archives départementales du Cantal, 9 W 3518 ; Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945. Les troupes allemandes à travers le Massif central, Cournon d’Auvergne, De Borée, 1993, 701 p. – Le Cantal ouvrier et paysan, 30 décembre 1944, 22 avril 1945, 31 avril 1945, 30 juin 1945, 4 août 1945.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément