LESOURD Robert

Par Michel Thébault

Né le 19 décembre 1913 à Vaas (Sarthe), mort sous la torture le 14 juin 1944 à la prison de la Pierre Levée à Poitiers (Vienne) ; gardien de la Paix à Angers (Maine-et-Loire) ; interné politique ; résistant FTPF, maquis Urbiztondo.

Robert Lesourd était le fils d’Eugène, Joseph Lesourd et d’Eugénie Louise Chevet. Gardien de la paix à Angers, il était marié, et son épouse Jeanne Isabelle Lesourd était fille de salle à l’Hôpital d’Angers. Ils étaient domiciliés 123 rue Haute de Reculée. Selon le témoignage de son épouse (dossier AVCC op. cit.) : « Au mois d’avril 1944, sur ordre de M. l’Intendant de Police de la région d’Angers, mon mari qui était gardien de la Paix fut interné au camp de Rouillé. Il lui était reproché d’avoir abandonné son service depuis quatre mois ». L’enquête de police diligentée après-guerre (en 1949) établit en effet que Robert Lesourd quitta son poste le 3 novembre 1943 et se réfugia dans le midi de la France. Il fut révoqué de ses fonctions le 22 novembre 1943 et lorsqu’il fut arrêté fin mars 1944, il fut interné au camp de séjour surveillé de Rouillé (Vienne) dans la catégorie des internés politiques.
Sur les circonstances de sa libération du camp de Rouillé, un témoignage recueilli après la guerre auprès d’un interné du camp, habitant Angers (dossier AVCC) précise que : « dans la nuit du 11 au 12 juin, vers deux heures du matin des maquisards sont venus et ont délivré 11 hommes de ma baraque dont les noms figuraient sur une liste qu’ils possédaient, parmi ceux qui figuraient se trouvait le gardien Lesourd ». En effet dans la nuit du 11 au 12 juin 1944, des maquis FTPF de la région libérèrent le camp d’internement de Rouillé (Vienne) qui enfermait essentiellement des communistes, républicains espagnols et « étrangers indésirables ».
Concernant son arrestation par les forces allemandes un premier rapport émanant du commissariat de police de Poitiers le 2 janvier 1945 (dossier AVCC) précise que : « Mr. Lesourd Robert fut tout d’abord interné administrativement au camp de Rouillé, enlevé de ce lieu avec d’autres détenus, par les FFI, le 11 juin 1944. Il fut repris presque aussitôt par les Allemands et transporté à la prison de la Pierre Levée à Poitiers ». Il rejoignit un maquis FTPF rattaché au groupe FTP « Noël », sous les ordres de Marcel Papineau, alias « capitaine Bernard » qui s’établit avec des maquisards locaux et des prisonniers libérés du camp de Rouillé dans le bois des Cartes sur la commune de Rouillé. Il appartint plus précisément au groupe Urbiztondo, formé avec des évadés du camp de Rouillé. Dès le 13 juin le groupe « Noël » attaqua un convoi allemand entre Rouillé et Lusignan, tuant quatre soldats allemands et faisant deux prisonniers. Mais après un accrochage sérieux le 14 juin sur la place de Rouillé avec les troupes allemandes circulant sur la route nationale Poitiers – Niort, le maquis dut se replier dans la forêt de Saint Sauvant. Cet accrochage fut un échec pour le maquis qui perdit 5 hommes dont Robert Lesourd. Faits prisonniers, ils furent conduits à la prison de la Pierre Levée à Poitiers. Ses camarades Roger Bimont, Roger Coatanroch et Guy Leveaux furent condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de la Felkommandantur 677 (FK 677) et fusillés le 20 juin 1944 sur le champ de tir de Biard. Concernant le décès de Robert Lesourd, le même rapport émanant du commissariat de police de Poitiers précise que : « Mr. Lesourd Robert fut tué d’une balle dans la nuque par la Gestapo à la Maison d’Arrêt le 14 juin 1944 », fait confirmé lors de l’exhumation des corps le 25 octobre 1944 (AD 86 op. cit.). Et un second rapport d’enquête du 12 mars 1945 précise encore : « Il était prisonnier des Allemands et est mort à la suite des mauvais traitements subis » (dossier AVCC op. cit.). Il fut inhumé à Poitiers au cimetière de la Pierre-Levée.

Il obtint la mention mort pour la France.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200900, notice LESOURD Robert par Michel Thébault, version mise en ligne le 15 mars 2018, dernière modification le 22 mars 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : dossier AVCC Caen 21 P 476830 — Arch. Dép. Vienne 1695 W 10 — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) FTPF groupe Urbiztondo GR 19 P 86/49 — Mémorial genweb — État civil.

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