VALMALLE Émile

Par André Balent

Né le 5 mars 1878 à Saint-André-de-Valborgne (Gard), mort en juillet 1944 à Servas (Gard) exécuté sommairement par des légionnaires français de la 8e compagnie du 3e régiment de la division Brandenburg dépendant de l’Abwehr et précipité dans le puits de mine de Célas ; chauffeur-receveur d’autobus à Saint-Jean-du-Gard ; résistant (Combat, MUR, AS) de Saint-Jean-du-Gard (Gard)

Émile Valmalle était le fils de Florent et de Célestine Servière domiciliés à Saint-Jean-du-Gard. Père d’un enfant, il était veuf en 1944.
Cévenol, Émile Valmalle était bien inséré professionnellement dans ses montagnes natales. Il travaillait comme chauffeur et/ou receveur d’autobus chez Lafont à Saint-Jean-du-Gard où il résidait. Il assurait la ligne de Saint-Jean à Anduze et Alès. Il fit partie du groupe de militants qui, à partir de juillet 1942 structurèrent le mouvement Combat dans les Cévennes gardoises et lozériennes, principalement en Vallée Française (autour de Marceau Lapierre) maire de Saint-Jean-du-Gard et de Georges Lafont maire de Saint-Étienne-Vallée-Française) et en Vallée Borgne (autour de Jules Ozil) de Saint-André-de-Valborgne.
Ses activités professionnelles lui permettaient d’assurer les liaisons entre les vallées cévenoles et Alès. Il pouvait aussi prendre en charge les réfractaires du STO qui voulaient gagner les maquis en formation dans ces montagnes.
Le 15 juin 1944, Émile Valmalle fut arrêté le 15 juin 1944 » par des légionnaires français de la 8e compagnie du 3e régiment de la division Brandenburg, de fait, une unité du Heer dépendant de l’Abwher et affectée à des « opérations spéciales — cantonnés à Alès. Déguisés en maquisards ou en civils, ils tendant des pièges aux résistants qu’ils voulaient capturer.
Émile Valmalle fut interné au fort Vauban d’Alès où il fut torturé par les légionnaires comme beaucoup de résistants. Il fut, avec vingt-huit autres résistants, exécuté à Servas à proximité d’un puits de la mine de lignite désaffectée de Célas. Les corps furent remontés le 12 septembre 1944 et identifiés. Le décès d’Émile Valmalle fut constaté le 16 septembre 1944 et confirmé par un jugement du Tribunal civil de première instance d’Alès du 17 octobre 1945. Ce jugement tenant lieu d’acte de décès fut transcrit sur le registre de l’état civil de Servas le 30 octobre 1945. Il constatait que le jour exact du décès ne pouvait être établi. Des obsèques solennelles furent données aux victimes, à Alès (Gard) le 18 septembre 1944. Le nom d’Émile Valmalle figure sur le monument aux morts de Saint-Jean-du-Gard et sur le monument commémoratif du puits de Célas, à Servas (Gard). Il fut inhumé à Saint-Jean-du-Gard.

Voir Servas, Puits de Célas (9, 10, 26 juin 1944 ; 11, 12 juillet 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200901, notice VALMALLE Émile par André Balent, version mise en ligne le 15 mars 2018, dernière modification le 3 mars 2022.

Par André Balent

SOURCES : Arch. com. Alès, fiche de l’ensemble des victimes des Waffen SS d’Alès, identifiées la 4 juin 1945. — Arch com. de Servas, jugement du tribunal civil de première instance d’Alès, 17 octobre 1945 tenant lieu d’acte de décès de Georges Sujol, transcrit sur l’état civil de Servas le 30 octobre 1945, mention marginale de cet acte. — Fabrice Sugier et Monique Vézilier, Le Gard dans la guerre 1939-1945, Clermont-Ferrand, De Borée, 2017, 452 p. [p. 316, ]. — Fabrice Sugier, « Combat : développement et organisation en 1942-1943 » in Claude Émerique, Laurent Pichon, Fabrice Sugier, Monique Vézilier (dir.), La Résistance dans le Gard, Paris, Association pour des Études sur la Résistance intérieure (AERI), 2009, CDROM avec un livret de présentation, 36 p. — Site MemorialGenWeb, consulté le 14 mars 2018.

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