ETCHEVERLEPO André, Jean, Pierre [alias « Rollin » dans la clandestinité].

Par André Balent

Né le 30 juin 1912 à Bayonne (Basses-Pyrénées / Pyrénées-Atlantiques), mort abattu par un milicien le 2 juin 1944 à Montauban (Tarn-et-Garonne) ; métallurgiste, ouvrier ajusteur à Toulouse (Haute-Garonne) ; syndicaliste (CFTC) avant 1939 ; résistant de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne (mouvements Libérer et Fédérer, Combat, Témoignage chrétien ; CFTC clandestine ; agent du SOE, réseau Buckmaster ; Armée secrète)

André Etcheverlepo (1912-1944)
André Etcheverlepo (1912-1944)
À partir de La Dépêche, Toulouse, 2017

André Etcheverlepo, originaire de Bayonne, était le fils d’un serrurier et d’une ménagère. Il s’installa à Toulouse (Haute-Garonne) à la séparation de ses parents. Il fut embauché à Toulouse (Haute-Garonne) comme ajusteur chez Latécoère, usine de constructions aéronautiques. Marié, il était père de deux enfants.
Catholique, il milita, avant 1940, dans les rangs de la CFTC. Il fut responsable syndical et président du syndicat CFTC de la Métallurgie de la Haute-Garonne.
Hostile à la Charte du Travail impulsée par le régime de Vichy, il participa à l’organisation de la CFTC clandestine. Le 15 août 1942, il assista à Lyon à une réunion de la CFTC clandestine avec Marie-Rose Gineste. Tout en assurant la diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien, il se rapprocha de Silvio Trentin, libraire de l’émigration antifasciste italienne à Toulouse, le fondateur du mouvement de résistance Libérer et fédérer qui rayonna à Toulouse et dans sa région et réussit à recruter aussi en dehors de sa zone géographique initiale. Devenu militant de Libérer et fédérer, Etcheverlepo, assura la diffusion de l’organe imprimé portant le même nom que le mouvement. On remarque que, catholique, il était orienté nettement à gauche, comme le fut Libérer et fédérer qui regroupa aussi des militants qui avaient été initiés à la franc-maçonnerie, à commencer par Silvio Trentin. Toujours à Toulouse, Etcheverlerpo assura aussi la diffusion de Liberté puis de Combat dont le mouvement avait aussi réussi à bien s’implanter à Toulouse.
André Etcheverlepo devint aussi un agent du SOE (Special Operations Executive) britannique et fut affecté à sa section « F » dirigée par le colonel Buckmaster de l’Intelligence Service. Etcheverlepo quitta son emploi chez Latécoère et plongea dans la clandestinité à la fois en tant qu’agent du SOE et de membre de l’AS (Armée secrète).
Il résida désormais à Montauban (Tarn-et-Garonne) où il devint responsable, pour le département, de la réception de parachutages effectués par les Britanniques. Il assura la distribution d’armes et d’explosifs aux résistants, en particulier ceux des maquis.
Le 30 mai 1944, il assura la réception d’un parachutage à la Tuque de Pech Berthier, à 2 km de Montaigu-en-Quercy (Tarn-et-Garonne), au nord-ouest du département aux confins du Lot et du Lot-et-Garonne. Ce terrain situé sur un causse calcaire, homologué sous le nom de code de « Manioc » avait été reconnu par le colonel Nil (alias « Duplan »), chef de la 8e compagnie de l’AS du Tarn-et-Garonne. Ce fut d’ailleurs cette unité de l’AS qui récupéra les conteneurs.
André Etcheverlepo, sans doute repéré, fut traqué par la Milice montalbanaise. Celle-ci pénétra dans son appartement de Montauban dans la nuit le 2 juin 1944 à une heure du matin. Etcheverlepo sauta par la fenêtre, pieds-nus et en pyjama. Il courut jusqu’au pont des Consuls pont routier dans le prolongement de la rue Lefranc de Pompignan. Il s’accrocha avec ses mains aux barreaux métalliques et fut abattu d’un coup de revolver par un milicien.
Son nom figure sur le monument aux morts de Bayonne, sa ville natale et sur celui de Montauban. À Montauban, son nom fut également gravé sur la plaque commémorative des résistants de la ville, 61 rue de la Résistance. Une plaque apposée sur le lieu même où il fut tué rappelle plus précisément sa mort tragique son assassinat par la Milice : « Ici, André Etcheverlepo militant de Libérer et fédérer a été lâchement assassiné par la Milice le 2 juin 1944 ». À Toulous et à Bayonne, il y a une rue André-Etcheverlepo. Il fut déclaré mort pour la France.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201048, notice ETCHEVERLEPO André, Jean, Pierre [alias « Rollin » dans la clandestinité]. par André Balent, version mise en ligne le 23 mars 2018, dernière modification le 27 janvier 2020.

Par André Balent

André Etcheverlepo (1912-1944)
André Etcheverlepo (1912-1944)
À partir de La Dépêche, Toulouse, 2017

SOURCES : DBMOMS, CDROM annexe au tome 5, 2009, courte notice non signée. — Renée Bédarida, Les armes de l’Esprit. "Témoignage chrétien" 1941-1944, Éditions ouvrières, 1977, 378 p. — Cécile Maury (dir.), Commission départementale [Tarn-et-Garonne] de l’information historique pour la Paix, Contre l’oubli, Plaques et stèles de la Résistance et de la déportation en Tarn-et-Garonne, ONAC, Montauban, 2000, 157 p. [pp. 64-65]. — Paul Vignaux, « Pour comprendre les débuts de la Résistance syndicale chrétienne en zone occupée » in X. de Montclos (dir.), Églises et chrétiens dans la Deuxième guerre mondiale, Lyon, Presses universitaires de Lyon,1982, pp. 133-136. — Syndicalisme CFTC 19 mai 1945 (photo). — Site MemorialGenWeb consulté le 21 mars 2018. — Site Resistance82.fr consulté le 22 mars 2018. — État civil de Bayonne.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément