CLAVEL Louis, Pierre

Par Paulette Cavailler, Paul Delanoue

Né le 25 mars 1895 à Melun (Seine-et-Marne), mort le 21 octobre 1975 à Paris (XIVe arr.) ; instituteur (École normale de Melun 1911-1914) ; militant syndicaliste et communiste, membre de la commission exécutive de la CGTU, titulaire (1922-1925) puis suppléant (1925-1927).

Fils d’un employé à la préfecture de Seine-et-Marne et d’une institutrice, Louis Clavel, instituteur à Avon après la guerre de 1914-1918, se lança aussitôt dans l’action syndicale, correspondit avec Hélène Brion et fit partie du conseil syndical du premier syndicat des membres de l’enseignement laïque de Seine-et-Marne (CGT), en février 1920. Par ailleurs, au bureau de l’Union départementale des syndicats ouvriers, il fut délégué à la propagande.
En 1922, devant quitter l’Union départementale « confédérée », il s’attacha à l’organisation de l’UD unitaire, dont il devint le secrétaire de 1922 à mai 1924 - il fut alors remplacé par Barrage. En juin 1923, à l’issue du congrès de l’UD tenu à Paris le 3, la commission administrative de Seine-et-Marne fut ainsi constituée : Clavel secrétaire, Rousseau secrétaire adjoint, Capron et Turlure trésoriers intérimaires, membres : Barrage, Berceron, Bernard, Chalon, Gondré, Orlianges, Gauthier, Rouvreau, Vergnier. En novembre, Vergnier devenait trésorier. De 1922 à 1925 inclus, Louis Clavel appartint au comité exécutif de la CGTU pour la Seine-et-Marne. Collaborant régulièrement à la Librairie du Travail (avec Hasfeld, Hattenberger), il publia, avec Yvonne Orlianges, en mars 1921, une brochure Pour la propagande minoritaire qui servit largement l’action des Comités syndicalistes révolutionnaires.
Yvonne Orlianges et Louis Clavel se marièrent en avril 1922 à Paris (Xeme) et eurent une fille.
La brochure multipliait les exposés de faits, les citations d’orateurs, de journaux et de revues, pour dénoncer la politique de collaboration, d’« union sacrée », des dirigeants confédéraux. En regard, elle exposait les efforts des « minoritaires » pour sauver l’internationalisme et l’esprit révolutionnaire (Zimmerwald, Kienthal).
Les minoritaires créèrent alors, à l’intérieur des syndicats, des centres d’étude et d’action, pour définir la tactique à suivre dans cette période prérévolutionnaire : les CSR. À l’opposé, Jouhaux et ses amis constituèrent un « Cercle d’étude et d’action syndicales » pour « assainir » le mouvement ouvrier et accusèrent les CSR de faire de la politique communiste. Non, répliquaient les CSR ; nous repoussons énergiquement toute mainmise sur nos organisations syndicales ; mais s’il existe un parti vraiment révolutionnaire, nous collaborerons avec lui pour l’avènement de la révolution.
De telles oppositions de principe aboutirent le 19 septembre 1921 à l’exclusion des CSR par le CCN de la CGT, exclusion qui entraîna finalement la création en juin-juillet 1922, de la CGTU, adhérente à l’ISR et Louis Clavel fit partie de sa première commission administrative.
Pendant plusieurs années, Louis Clavel assura, pour la France, la documentation du Bureau latin de l’Internationale syndicale rouge et collabora à la Vie ouvrière. Il militait également au PC : en 1927, il était membre du comité fédéral et, en 1932, il participait au concours d’abonnements aux Cahiers du bolchevisme.
Nommé instituteur à Melun, en 1935, il s’occupa de l’Union locale (CGTU) puis, après la réunification syndicale, il fut élu en 1936 secrétaire adjoint de l’UL, membre de la CA de l’UD, et secrétaire administratif de cette organisation.
En 1937, Louis Clavel était membre du comité de gestion de la Bourse du Travail de Melun. En 1938, un des secrétaires de l’UD, il participa comme délégué au congrès de la CGT à Nantes. L’année précédente, du 25 au 29 décembre 1937, il avait été délégué au IXe congrès du Parti communiste en Arles.
Déplacé d’office, en février 1940, dans la Nièvre, au Mouroux, commune de Lucenay-lès-Aix il y prit une part active à la Résistance des enseignants et y resta jusqu’en 1950.
À la Libération, Louis Clavel fut élu secrétaire administratif de l’UD et milita à nouveau dans tout le département. Par ailleurs, il a été secrétaire général de la section nivernaise du Syndicat national des instituteurs, de 1944 au 17 avril 1947.
Retraité en 1950, Louis Clavel se retira à Paris, où il milita au Mouvement de la paix. Il en sera le président pour le Ve arr., jusqu’en 1963 (il habitait alors 50, rue Broca, Ve arr.). Sa carrière s’acheva à Nevers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20105, notice CLAVEL Louis, Pierre par Paulette Cavailler, Paul Delanoue, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 avril 2020.

Par Paulette Cavailler, Paul Delanoue

ŒUVRE : Quelques aspects de la vie culturelle en URSS, vus par un groupe d’enseignants (en collaboration avec Yvonne Orlianges) préface d’Henri Barbusse, Bureau d’Éditions, 1935. — À la Librairie du Travail, Louis Clavel et Yvonne Orlianges ont assumé la publication d’œuvres d’Albert Thierry, professeur de Louis Clavel : Réflexions sur l’Éducation, suivies des Nouvelles de Vosves (1923) et Le Révélateur de la Douleur (1936).

SOURCES : Arch. Nat. F7/13020 (l’Humanité, 2 juin et 4 juin 1923), rapport du 20 novembre 1923. — Arch. Dép. Seine-et-Marne, série 10 M et 11 M. — Arch. PPo. 300. — Le Travail de Seine-et-Marne, 1920 à 1927. — L’Information de Seine-et-Marne, 1937 à 1939. — Le Prolétaire de la Nièvre (CGT), 1945 à 1950. — F. Bernard, L. Bouet, Le Syndicalisme dans l’enseignement..., op. cit. — P. Delanoue, Les Enseignants. La lutte syndicale du Front populaire à la Libération, Éd. sociales, 1973. — Notes de Jacques Girault.

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