CLAVERIE André, Jean-Paul

Par Robert Mencherini

Né le 12 juin 1912 à Pontonx-sur-Adour (Landes), mort le 8 juillet 2005 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier mécanicien à Aix-en-Provence ; communiste, syndicaliste CGT ; franc-maçon (Grand-Orient de France) ; résistant, FTPF et chef militaire régional (Var), officier FTPF, chef du bataillon « des Maures ».

Né d’une mère basque et d’un père landais, radical-socialiste, André Claverie avait un frère et une sœur. La mort accidentelle de sa mère, en 1918, quinze jours avant la fin de la guerre, alors que son père était toujours mobilisé, amena la dispersion de la famille. À l’âge de six ans, André Claverie fut pris en charge par des amis, dans le village proche de Poyane ; son frère fut recueilli par des cousins et sa sœur par des religieuses.
Après la guerre, son père, épuré en 1921 du réseau du Midi à la suite des grandes grèves des cheminots, devint forestier, puis cuisinier à l’hôpital civil d’Aix-en-Provence, ville où André le rejoignit vers l’âge de douze ans. À seize ans, André Claverie commença à travailler aux Eaux et Forêts à Aix-en-Provence, puis devint apprenti à la Fonderie Guedan. Il quitta cet établissement à la suite d’une algarade avec le contremaître et s’embaucha à l’entreprise de transport Leydet. Il suivit parallèlement des cours du soir de soudure et mécanique à l’École nationale des Arts et Métiers d’Aix. Il fut ensuite employé par l’entreprise Leydet jusqu’à son service militaire, effectué au régiment d’infanterie coloniale (RICM) à Aix où il fit ses classes. Détaché dans les Alpes pour l’entretien du téléphérique et l’aménagement des galeries sur la frontière italienne, en juillet 1932, il apprit à cette occasion le maniement des mines et explosifs. Il reprit en 1933 son travail chez Leydet. Il y fut, en 1936, délégué d’atelier CGT et participa aux grèves de mai-juin à la suite desquelles les revendications du personnel furent satisfaites.
En 1939, dès la déclaration de guerre, André Claverie fut mobilisé dans l’infanterie coloniale à Nice, Draguignan, puis en Alsace, en novembre 1939. À la suite de la défaite de 1940 et de la retraite de son unité, blessé par balle à la jambe, il fut fait prisonnier le 18 juin et détenu au château d’Amboise. Il s’en évada le 13 juillet et, via Paris, regagna Aix-en-Provence, où il fut démobilisé au camp des Milles. Il fut ensuite embauché, comme homme à tout faire à l’hôpital d’Aix au début 1941. Il travaillait parallèlement aux cycles Besse, place des Tanneurs, où il soudait des cadres de vélos.
André Claverie commença son activité résistante en lien avec l’OS du Parti communiste dont son frère était militant. Il fut recruté par Pascal Fieschi, responsable de l’OS. André Claverie fit évader plusieurs détenus du camp des Milles soignés à l’hôpital d’Aix. Repéré à la suite d’une distribution de tracts, il dut quitter l’hôpital et passer dans la clandestinité en février 1944. L’une de ses premières actions directes fut le sabotage d’un camion italien, route de Nice. Le 11 novembre 1942, son équipe fit sauter quatre locomotives au dépôt d’Aix-en-Provence et le siège du Parti franciste, rue des Tanneurs.
En 1943, à la suite de l’arrestation de Pascal Fieschi, il fut contacté pour réorganiser les FTP à Aix. Ce qu’il fit, en organisant d’abord la récupération d’armes parachutées. L’équipe, très active, effectua ensuite de nombreux sabotages. Les compétences et le courage d’André Claverie l’amenèrent à devenir le chef de la 9e compagnie FTPF des Bouches-du-Rhône (Aix), l’un des points forts de l’organisation dans le département. Il organisa l’évasion de 23 détenus de la prison d’Aix-en-Provence dans la nuit du 23 au 24 avril 1944.
Le 10 juillet 1944, André Claverie fut muté dans le Var - où son frère était devenu responsable aux cadres du PCF - comme Commissaire aux opérations régional (COR). Sillonnant le département de Toulon jusqu’à Draguignan, il s’employa à mettre en œuvre les instructions reçues de l’inter-région (Louis Blésy) : intensifier les sabotages sur les routes, empêcher toute circulation allemande vers le Haut-Var, mettre au point la destruction des ouvrages d’art. Lors du débarquement, il dirigea les opérations militaires dans la région de Bargemon-Claviers.
Au moment de la Libération, André Claverie rassembla 1 500 hommes à la caserne de Hyères. Il prit ensuite le commandement du premier bataillon du 204e régiment de pionniers qui, d’avril à mai 1945, intervint dans les Alpes (Mont-Cenis, Mont-Genèvre) à partir de Saint-Jean-de-Maurienne. Puis l’unité, transformée en 197e bataillon autonome et transportée à Lindau (Allemagne), participa aux opérations d’occupation de l’Allemagne. Le 15 août 1945, le 197e pionniers défila à Saint-Tropez pour la commémoration du débarquement de Provence. Le bataillon fut dissous en mai 1946.
Rendu à la vie civile, André Claverie - qui n’était pas titulaire - ne retrouva pas son emploi à l’hôpital. Dès la Libération, il créa l’association des Anciens FTP. Il travailla dans une entreprise de chaufferie, puis dans la réparation navale à Marseille (Société phocéenne de réparation navale). Il participa activement aux grandes grèves de novembre-décembre 1947, en particulier dans le bassin minier, réactivant à cette occasion les solidarités de la résistance. De même, il apporta un concours actif aux actions contre les guerres coloniales.
Après sa retraite prise en 1962, il se consacra très activement à la défense des Résistants et de la mémoire de la Résistance au sein de l’ANACR.
André Claverie, mort à Aix-en-Provence le 5 juillet 2005, fut incinéré au crématorium des Milles en présence d’une nombreuse assistance. En mars 2006, son nom fut donné à une rue de Luynes (commune d’Aix-en-Provence). Il était chevalier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20112, notice CLAVERIE André, Jean-Paul par Robert Mencherini, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 avril 2021.

Par Robert Mencherini

SOURCES : Jean-Maurice Claverie, La Résistance, notre combat, Histoire des FTPF du pays d’Aix, Éd. Au seuil de la vie, Beaurecueil, 1991. — Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var, essai d’histoire politique, thèse de doctorat d’État, Université de Provence, Aix-en-Provence, 1989. — « Relevé succinct de mon activité dans le Var », document rédigé par le résistant. — Certificat de Résistance établi par Max Juvénal, 7 janvier 1954. — Nombreux entretiens avec le militant.

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