BOURGOIN Louis

Par Dominique Tantin

Mort en action le 3 août 1944 à Pleuville (Charente) ; sergent canadien, radio d’une mission Jedburgh.

Louis Bourgoin, sergent-radio canadien, faisait partie des trois hommes de la mission Jedburgh-Ian qui furent parachutés dans la nuit du 15 au 16 juin sur la commune de Lussac-les-Châteaux (Vienne). Les deux autres membres étaient le commandant américain Jo Gildee et le capitaine français Yves Delorme. Leur mission consistait à aider la Résistance française à s’organiser et à évaluer ses besoins afin d’en informer l’état-major allié et d’obtenir des parachutages. Ils opéraient dans le sud du département de la Vienne et le nord de la Charente.
Le 3 août, l’équipe Jedburgh-Ian, qui était alors à Cherves-Châtelars (Charente) aux côtés du maquis AS Bir Hacheim, partit préparer un parachutage d’armes près de Charroux (Vienne) ; elle emporta le poste radio et le code nécessaires, l’état des parachutages en Charente et, en partie, de la Haute-Vienne, ainsi qu’une somme de 1 800 000 F destinée aux Forces françaises de l’intérieur (FFI). À Alloue, elle se sépara de son escorte de résistants. Arrivant à Pleuville tout juste occupé par 200 SS, elle fut prise sous le feu d’un détachement allemand, ainsi qu’une moto arrivant de Pressac avec deux FFI du groupe D1 et précédant la voiture d’une centaine de mètres. Les Allemands appartenaient à la colonne de répression de la Trupp motorisée SS 608 qui ratissait la région depuis le 27 juillet (cf. Chabanais).
Les tirs blessèrent un motocycliste puis atteignirent la voiture dont le chauffeur, Eugène Mandinaud (maquis Bayard), fut tué d’une balle en pleine tête. Delorme, Gildee et le lieutenant André Very parvinrent à s’abriter derrière un mur. Louis Bourgoin fut abattu alors qu’il tentait de s’échapper vers les champs. Il y eut trois survivants ; la sacoche contenant les informations et l’argent tomba entre les mains des Allemands, et une tentative de récupération par un détachement de maquisards échoua. Au cours des affrontements, dix-sept maisons du bourg furent incendiées et détruites. Les SS se dirigèrent ensuite vers Pressac puis revinrent aux Écures à Pleuville où ils poursuivirent leurs destructions. Les combats continuèrent jusqu’à la tombée de la nuit avec des groupes de maquisards (maquis Maurice, Adolphe et Joël) et firent une autre victime parmi les résistants, Clément Jarrassier.
Les noms des victimes de ce combat sont inscrits sur un monument commémoratif avec celui d’un FFI, Joseph Quiring, exécuté sommairement le 10 août à Pleuville. Tous sont indiqués morts le 3 août.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201237, notice BOURGOIN Louis par Dominique Tantin, version mise en ligne le 1er avril 2018, dernière modification le 13 janvier 2022.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Guy Hontarrède, La Charente dans la Seconde Guerre mondiale, Dictionnaire historique, Saintes, Le Croît vif, 2004, p. 45-47 ; 65-66. — CD-ROM La Résistance en Charente, AERI, 2005. — MémorialGenWeb. — Mission Jedburgh-Ian : site du Vrid

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