POUILLON Fernand, Henri

Par Michel Thébault

Né le 29 mars 1925 à Hautvillers (Marne), exécuté sommairement le 17 juillet 1944 à Cosnat, commune de Vidaillat (Creuse) ; mécanicien ; résistant maquis AS, 1ère CFL.

Fernand Pouillon était le fils d’André Pouillon et d’Alphonsine Mélanie Thoirain. Célibataire, il résidait au début des années 40 avec ses parents à Meaux (Seine-et-Marne), 109 bis, avenue Foch, et exerçait la profession de mécanicien. Il s’engagea dans la Résistance rejoignant le 15 juin 1944, un maquis de l’AS dans le département de la Creuse, au camp de Cosnat, commune de Vidaillat. La 1ère compagnie (1ère CFL) commandée par le lieutenant Robert Undriener s’y était installée, et y cantonna du début juin à la mi-juillet 1944. A la mi-juillet, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entra en Creuse pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. L’une de ses unités opérant des opérations de ratissage dans le secteur de Bourganeuf (Creuse) eut un accrochage à La Pouge (Creuse) dans l’après-midi du 16 juillet avec des éléments de la 1ère CFL. Cette embuscade suivie d’un repli des maquisards permit à l’unité allemande de localiser en fin de journée, dans la commune de Vidaillat, et plus précisément au hameau de Cosnat, le lieu de repli et de repos de la 1ère compagnie franche du lieutenant Robert Undriener. Une opération de nuit fut aussitôt décidée par le commandement allemand. Surpris dans leur sommeil, les jeunes maquisards n’opposèrent qu’une faible résistance. Fait prisonnier avec quatre autres camarades Fernand Pouillon fut fusillé après un interrogatoire sommaire. En juin 1962, la gendarmerie de Pontarion (Creuse) mena une enquête sur les conditions de son décès, pour l’attribution du titre d’Interné-Résistant (dossier AVCC 21 P 663850) dont il ressort les témoignages suivants : « Au mois de juin 1944, des forces de la Résistance sont venues stationner dans le village de Cosnat et logeaient chez l’habitant. Mes parents, décédés depuis, logeaient un nommé Pouillon… Le 17 juillet 1944, des forces allemandes ont occupé le village, fait cinq prisonniers et incendié deux granges dans lesquelles cinq autres maquisards sont morts carbonisés. Parmi les cinq prisonniers se trouvait Pouillon, qui a été fusillé par les Allemands à proximité de l’Habitation Noël. Une sépulture sommaire a été faite, puis les familles sont venues reconnaître les corps. Parmi elles se trouvait la famille Pouillon avec laquelle ma famille est toujours restée en relation » (témoignage Mme.Simone Pasquet). Et autre témoignage : « En 1944 j’habitais le village de Cosnat et c’est devant chez moi que les cinq maquisards ont été fusillés par les troupes allemandes. Je me rappelle bien que parmi ceux-ci, il y avait un nommé Pouillon… Ce jeune homme stationnait chez mon voisin Pasquet… L’interrogatoire a eu lieu le 17 juillet 1944 à 2 heures du matin dans ma cuisine et, en ma présence ; puis ces cinq jeunes gens ont été fusillés à l’issue de l’interrogatoire devant ma porte » (Mme. Marie Lecanthe). Inhumé d’abord à Vidaillat, son corps fut transféré après la guerre au cimetière de Meaux.
Il obtint la mention Mort pour la France et reçut le titre d’Interné Résistant. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Meaux. Il figure également, en Creuse, prénommé Henri sur le monument commémoratif de Combeauvert (commune de Thauron, Creuse) au titre des morts du canton de Pontarion (Creuse) et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201421, notice POUILLON Fernand, Henri par Michel Thébault, version mise en ligne le 5 avril 2018, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Dossier AVCC Caen 21 P133836 et 21 P 663850 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Creuse Résistance, dossier Jean Geneton une semaine en enfer : celle du 16 juillet 1944-> http://www.creuse-resistance.fr/uploads/PDF/DOSSIER%20GENETON%20ARSVHRC.pdf] — Mémoire des Hommes — mémorial genweb — État civil, mairie de Vidaillat.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément