FÉJEAN Roger, Yves

Par Alain Prigent et Serge Tilly

Né le 6 octobre 1927 à Torcy (Seine-et-Marne) ; abattu par les Allemands le 5 août 1944 à Louargat (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) ; apprenti mécanicien, civil.

Fils de Jean, Pierre Féjean, chocolatier à la chocolaterie Menier de Noisel (Seine-et-Marne), originaire de Pédernec (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) et d’Anne, Marie Briand, chocolatière également chez Menier, originaire de Pédernec, demeurant 74 rue de Paris à Torcy. Le couple se maria en 1926 à Malakoff (Seine ; Hauts-de-Seine).
Roger Féjean ne figure pas avec ses parents sur la liste du recensement des populations à Torcy en 1931.
Il arrivait à cette époque que pour préserver les enfants, ceux-ci soient séparés de leurs parents atteints par la tuberculose.
En 1931 et 1936 d’après les recensements des populations il vivait à Pédernec avec sa grand-mère Marie Stéphan veuve Briand âgée de 62 ans en 1936.
Roger Féjean fut orphelin, son père décéda en 1932, sa mère le 7 mars 1941.
Dans les jours qui précédèrent la Libération du département des Côtes-du-Nord du 1er au 18 août 1944, les troupes allemandes cherchèrent à se mettre en sécurité dans les grandes bases navales qu’elles occupaient à Brest (Finistère) et à Lorient (Morbihan). Subissant le harcèlement de la Résistance, elles se livrèrent à des crimes commis sans objectif militaire, tuant de paisibles gens au travail dont le seul tort fut d’être au mauvais endroit au mauvais moment. C’est durant cette période que près de 50% des 700 victimes recensées dans le département furent abattues, massacrées.
En 1944, Roger Féjean demeurait chez sa tante adoptive et tutrice Marie, Virginie Briand épouse de Jean, Marie Le Cam -soeur de sa mère- à Kerhuel sur les pentes du Ménez-Bré en Pédernec (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) à la limite de Louargat, il était apprenti mécanicien au garage Ernest Le Calvez près de la gare de Belle-Isle-Bégard en Louargat.
Le 5 août 1944, la veille de la Libération du secteur, un groupe de Résistants de Louargat circulant à bord d’une traction avant Citroën s’active à rechercher des Allemands en débâcle, venant de la gare de Belle-Isle-Bégard arrivé au niveau de Guerdévolé ils aperçoivent venant dans leur direction une colonne de parachutistes allemands cherchant à rejoindre la côte Nord de la Bretagne. Les parachutistes stoppèrent, se disposèrent des deux côtés de la route et tirèrent plusieurs rafales en direction de la Traction avant. Les Résistants parvinrent à se dégager en marche arrière, mais le véhicule fut atteint par plusieurs projectiles.
Quelques minutes plus tard, Roger Féjean qui venait à bicyclette chercher du pain pour son patron à la boulangerie d’Albert Guyader située au bourg de Louargat, fut abattu sans raison par les Allemands près de l’Oratoire, à l’entrée du bourg.
Roger Féjean fut touché au ventre par une rafale de mitraillette il tomba avec son vélo dans le fossé, transporté dans la ferme voisine de la famille Le Yannou, il y fut disposé sur un lit, le docteur Renan appelé sur place ne pu que constater son décès, il avait 17 ans et fut inhumé au cimetière de Pédernec.
C’est le même groupe qui assassina quelques heures plus tard Louis Stephan -15 ans - à Crec’h-Ker en Bégard (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor). C’était la veille de la libération du secteur.
Le nom de Roger Féjean figure sur La stèle du bourg de Pédernec ; sur La plaque du monument aux morts de Louargat.

Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201461, notice FÉJEAN Roger, Yves par Alain Prigent et Serge Tilly, version mise en ligne le 6 avril 2018, dernière modification le 19 janvier 2021.

Par Alain Prigent et Serge Tilly

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor 2W158. – Alain Prigent, Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944, Les Lieux de Mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°10 (2004) et n°11 (2005).

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