CLERC Martial, Joseph

Par Jean Reynaud

Né le 14 septembre 1918 à Arc-les-Grays (Haute-Saône), mort le 28 décembre 1997 à Bar-sur-Seine (Aube) ; professeur agrégé de mathématiques ; militant syndicaliste du SNES dans le Doubs, la Somme et le Val-d’Oise ; militant communiste.

Sa mère, Marie-Louise Hugot, était fille d’une famille paysanne ; son père, Jean-Claude Clerc, était contremaître-mouleur dans la petite fonderie de Neuvelle-lès-Champlitte (Haute-Saône), qui ferma dans les années 1930, contraignant la famille à venir chercher du travail à Besançon. Les trois enfants du couple allèrent à l’école primaire de Neuvelle. Martial Clerc y fut un excellent élève et un enfant de chœur modèle, mais se détacha ensuite complètement de la religion. Après sa réussite au certificat d’études primaires (premier du canton) en 1930, son instituteur le présenta au concours des bourses qu’il réussit en 1931. Il entra directement en classe de 5e au collège Augustin Cournot de Gray (Haute-Saône), sauta la classe de 3e et obtint le baccalauréat “série mathématiques“ en 1936.

Elève en « taupe » au lycée Victor Hugo de Besançon (Doubs), il fut admissible à l’Ecole polytechnique en 1937, puis à l’Ecole normale supérieure en 1938, ce qui lui permit d’obtenir une bourse de licence de mathématiques qu’il termina en 1939 à la Faculté des Sciences de Besançon. À la rentrée suivante, il obtint une délégation rectorale pour enseigner au collège de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône). Réformé du service militaire en raison de sa forte myopie, il fut cependant appelé comme affecté spécial au printemps 1940, sans pouvoir rejoindre son corps d’armée. Besançon étant en zone interdite après la défaite, il alla chez sa sœur, à Dijon, où il prépara son diplôme d’études supérieures. De retour dans la cité bisontine en 1942, il donna des cours particuliers tout en préparant l’agrégation qu’il réussit en 1943 (6e sur 15).

Nommé professeur d’abord au lycée d’Epinal (Vosges), en 1943-1944, il fut muté professeur en classe préparatoire à Saint-Cyr au lycée Victor Hugo de Besançon, où il demeura jusqu’en 1954. Dès la Libération, il participa activement à la recréation du syndicalisme, militant au Syndicat national de l’enseignement secondaire et à la CGT, aux côtés de Ghouti Benmerah, son collègue professeur en mathématiques supérieures, reçu à l’agrégation la même année que lui, secrétaire de la section (S1) du lycée puis de la section académique. Classé comme « sympathisant socialiste », il entra à la commission administrative de l’union départementale CGT du Doubs en 1946. En 1948, il opta pour le maintien de la Fédération de l’Éducation nationale à la CGT et, tout en restant au SNES, il devint membre du bureau de l’Union départementale en février puis milita à la FEN-CGT. La même année, il adhéra au Parti communiste français où il milita toujours sur le terrain, sans jamais chercher des responsabilités ou des mandats électifs.

En 1954, la classe préparatoire à l’école des Hautes études commerciales où il enseignait ayant été supprimée, après celle de la « corniche », Martial Clerc fut nommé professeur en classe préparatoire aux Écoles nationales supérieures d’ingénieurs au lycée de la cité scolaire d’Amiens (Somme). Militant de la liste « B », il devint vite secrétaire du S1 puis secrétaire de la section départementale (S2). Il participa aux luttes contre la guerre d’Algérie, collaborant entre 1954 et 1958 à la rédaction du journal communiste, Le Travailleur de la Somme.

Après un bref passage en 1962-1963 en classe de mathématiques supérieures au lycée Faidherbe de Lille (Nord), où il retrouva son camarade Cyprien Bocquet, il fut muté au lycée Monod d’Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), où il termina sa carrière en 1978. Militant « Unité et Action » du nouveau SNES, il redevint secrétaire du S1, fut élu membre du Conseil académique de l’académie de Versailles et membre de la CA du S3.

Retraité, Martial Clerc s’occupa de la catégorie des retraités du SNES. Secrétaire adjoint du Groupement des retraités des enseignements de second degré au côté de Cyprien Bocquet, il fut membre de la CA nationale du SNES de 1983 à 1987.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20164, notice CLERC Martial, Joseph par Jean Reynaud, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 18 janvier 2018.

Par Jean Reynaud

SOURCES : Archives IRHSES (L’Université syndicaliste, c.r. des congrès).— Renseignements fournis par sa famille en 1999. — Notes d’Alain Dalançon.

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