HAMARD Léo [Léon, Louis, Lucien dit « Léo », « X6 » du réseau Morhange, Toulouse]

Par André Balent

Né le 28 novembre 1919 à Bar-le-Duc (Meuse), mort sous la torture le 16 juillet 1944 à Toulouse (Haute-Garonne) ; inspecteur de police à Toulouse (Haute-Garonne) ; résistant de la Haute-Garonne, membre du réseau Andalousie (BCRA) ; membre de l’antenne toulousaine des « Travaux ruraux » (TR), services spéciaux de l’armée d’armistice : membre (agent P1) du réseau « Morhange » lié aux TR.

Léo Hamard (1919-1944)
Léo Hamard (1919-1944)
Archives mémorial François Verdier, Toulouse.

Ayant vécu pendant la première partie de sa vie en Lorraine, Léo Hamard perdit son père pendant sa petite enfance.

Léo Hamard quitta la Lorraine 1940. Installé à Toulouse (Haute-Garonne), Il intégra la Police nationale dès sa création par Vichy en avril 1941. Il fut d’abord inspecteur à la brigade des Renseignements généraux, .puis très rapidement, à la 8e brigade mobile de police judiciaire de la rue des Remparts Saint-Étienne à Toulouse.
Léo Hamard fit partie de la Résistance dès novembre ou décembre 1940. Il intégra d’abord les « Travaux ruraux », couverture des services spéciaux de l’armée d’armistice animés par le commandant Paul Paillole. Il fut un moment chef de son antenne toulousaine. Parallèlement, il participa aux activités du réseau Andalousie, dépendant du BCRA.

Dès la fin de 1942, Léo Hamard fut membre, dès sa création à la fin de 1942, du réseau Morhange lié aux « Travaux ruraux ». Le fondateur du réseau toulousain Morhange était Marcel Taillandier. Ce réseau dont Hamard fut un des animateurs aux côtés de Taillandier se spécialisa dans la traque et, éventuellement, l’exécution de traitres. Il entreprit également la pénétration d’organisations collaborationnistes comme le PPF. À la mi 1943, Il fut aussi, avec Jacques Combatalade chargé de l’exécution du traitre Miquel qui s’effectua avec la présence de deux officiers allemands. Le 2 janvier 1944, Il fut impliqué dans l’affaire du courrier de Nice (Voir Mercié Marcel). Dénoncé, il dut, avec Combatalade, se réfugier dans un maquis du Gers.

Le 11 juillet 1944, à Saint-Martin-du-Touch, quartier de Toulouse, Marcel Taillandier Léo Hamard et Georges Marchandeau, du réseau Morhange, étaient en route pour la Gers où ils devaient prendre des contacts avec un maquis de l’AS dans le Gers. Ils furent arrêtés par la Feldgendarmerie. Le véhicule, une Traction avant, propriété de Marchandeau, était en règle. Mais, ses papiers ne parvinrent pas à dissimuler l’identité de Taillandier qui fut reconnu par un des Feldgendarme. Hamard et Marchandeau ayant compris la situation, décidèrent de faire diversion. Taillandier s’enfuit de son côté et finit par être abattu sur l’appentis d’une forge située à proximité de l’église du quartier. Étant sortis de l’autre côté du véhicule, Hamard et Marchandeau furent neutralisés par un Feldgendarme. Ils durent s’asseoir contre un arbre les mains sur la tête. Prisonniers, ils furent amenés à la rue Maignan, siège de la Sipo-SD toulousaine.

Marchandeau (et sa femme arrêtée dans la foulée) furent déportés en Allemagne. Hamard fut sauvagement torturé : il fut énucléé, sa mâchoire fut fracassée, son dos fut lacéré au rasoir, ses parties sexuelles furent brûlées.

Après ces tortures, sans doute le 16 juillet 1944, il fut enterré (vivant selon certains témoignages), près de Marcel Taillandier dans le jardin de l’immeuble de la Sipo-SD, rue Maignac (aujourd’hui rue des Martyrs-de-la-Résistance). Il ne livra aucun des secrets du réseau Morhange qu’il détenait. Léo Hamard fut homologué capitaine des FFI. Admis dans l’ordre de la Légion d’honneur à titre posthume, il fut aussi décoré de la médaille de la Résistance et de la Croix de guerre.

Il y a une rue Léo-Hamard à L’Isle-Jourdain (Gers) où le réseau Mohrange disposait d’une solide base. Une rue Léo-Hamard fut inaugurée à Toulouse le 31 mai 1986, en présence de ses nièces. Son nom figure, avec celui de Marcel Taillandier, sur le monument du quartier de Saint-Martin-du-Touch qui commémore l’incident du 11 juillet 1944 qui fut à l’origine de la mort tragique des deux hommes. Il figure aussi sur la plaque commémorative du commissariat de police du boulevard de l’Embouchure à Toulouse. Il est inscrit sur le monument du mémorial de Ramatuelle (Var) dédié aux membres des services de renseignements et de contre-espionnage tués ou disparus lors d’actions de résistance entre 1940 et 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201647, notice HAMARD Léo [Léon, Louis, Lucien dit « Léo », « X6 » du réseau Morhange, Toulouse] par André Balent, version mise en ligne le 11 avril 2018, dernière modification le 21 mars 2021.

Par André Balent

Léo Hamard (1919-1944)
Léo Hamard (1919-1944)
Archives mémorial François Verdier, Toulouse.

SOURCES : Michel Goubet, "Marcel Taillandier ("Ricardo", "Mohrange"), in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, AERI. — Henri Noguères, Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, tome 5, Au grand soleil de la Libération 1er juin 1944 - 15 mai 1945, Paris, Robert Laffont, 1981, 923 p. [pp. 315-317]. — Colonel Rémy, Morhange. Les chasseurs de traitres, Paris, Flammarion, 1975, 312 p. [en particulier pp.222-226]. — Luc Rudolph, "Le Groupe Morhange", PDF, in : Les policiers dans la Résistance, site : police.nationale.gouv, consulté le 11 avril 2018. — Site de l’ AASSDN (Amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale), en particulier le Livre d’Or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, consulté le 11 avril 2018. — Site MemorialGenWeb consulté le 11 avril 2018.

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