SCHILTZ Raymond, Jean, Émile

Par Jacques Girault

Né le 23 juillet 1902 à Souilly (Meuse), mort le 2 juillet 1984 à Paris (XIIIe arr.) ; proviseur à Paris ; militant syndical.

Fils d’un receveur d’enregistrement, Raymond Schiltz, élève des lycées de Rennes (Ille-et-Vilaine) puis de la khâgne Louis le Grand à Paris (en même temps que Pierre Brossolette qui devint son ami), entra à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1922. Il partagea sa thurne avec ce dernier. Il avait obtenu les certificats d’enseignement supérieur de la licence ès-lettres dès 1921 à la Sorbonne. Inscrit à l’École pratique des Hautes Études, reçu à l’agrégation de Lettres en 1925, pensionnaire de la Fondation Thiers de 1926 à 1929, germaniste, il prépara une thèse sur Henri Heine et les lettres françaises. Professeur à l’Institut français de Vienne (Autriche) de 1929 à 1938, il donnait des cours à l’Université.

Il se maria en avril 1936 à Rome (Italie). Le couple eut trois enfants.

Nommé censeur au lycée de Chambéry (Savoie) pour la rentrée d’octobre 1939 poste qu’il n’occupa pas, puis désigné comme proviseur du lycée de garçons de Châteauroux (Indre), il ne prit ce dernier poste qu’en octobre 1940, ayant été mobilisé en septembre 1939 comme lieutenant au SGI puis au ministère de l’Information. Il conserva le provisorat jusqu’à sa mutation en 1948 au lycée Champollion à Grenoble où il dirigea aussi le centre pédagogique régional.

En 1955, nommé proviseur du lycée Louis le Grand pour remplacer puis succéder au chef de l’établissement décédé après une longue maladie, il exerçait parallèlement les fonctions de co-directeur du CPR de Paris. D’après le témoignage d’un taupin reçu à l’École Polytechnique, il « promenait à travers le lycée sa silhouette courte et ronde et son nœud papillon en même temps que son assurance de proviseur de l’établissement le plus prestigieux de France et ses références d’agrégé des Lettres. »

Raymond Schiltz était au début des années 1950 membre de la commission exécutive du Syndicat national des proviseurs, affilié à la Fédération de l’Éducation nationale. Élu à titre syndical au Conseil de l’enseignement du Second degré en 1958, il siégea au Conseil supérieur de l’Éducation nationale jusqu’à sa réforme de 1966, en assura le secrétariat et fit partie de sa formation en matière contentieuse et disciplinaire. Après sa prise de retraite en 1968, il fut par décret nommé Inspecteur général de l’Instruction publique

Raymond Schiltz, à la fin des années 1920, prépara une édition du Lorely, souvenirs d’Allemagne de Gérard de Nerval, intégrée dans l’édition par Albert Béguin des œuvres de Nerval dans la bibliothèque de la Pléïade. Il édita en 1930 sa traduction française dans la collection bilingue chez Montaigne de Französische Zustände (De la France) de Heine, qu’il republia plus tard. Il édita le journal du séjour à Grenoble de Jean Jacques Rousseau sous le titre de Gaspard Bovier chez Roissard en 1964 et l’année suivante, chez le même éditeur, il publia un article sur « Voltaire et Louis le Grand » à l’occasion des quatre cents ans du lycée. Il collaborait aussi à des revues universitaires (Revue de littérature comparée, Revue d’Histoire moderne et contemporaine) ou pédagogiques (Cahiers pédagogiques, L’Ecole et la Vie). En outre, il participa à ces stages du centre international pédagogique de Sèvres.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201670, notice SCHILTZ Raymond, Jean, Émile par Jacques Girault, version mise en ligne le 12 avril 2018, dernière modification le 26 avril 2018.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le catalogue de la BNF comprenait en 2018 cinq références.

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/6154. — Notes d’Alain Dalançon.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément