VEPER Max, Lucien, Victor, Philippe dit Paul PELLETIER

Par Annie Pennetier, Claude Pennetier

Né le 23 mars 1914 à Fougères (Ille-et-Vilaine), exécuté sommairement le 3 août 1944 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; avocat ; résistant.

Fils de Georges Veper, président du tribunal de Châteaubriant, et d’Isabelle Tornelli, Max Veper était un ancien élève des lycées de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) et Nantes. Il fit ses études de droit à Paris et devint avocat à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) où il habitait depuis l’âge de dix-huit ans. Il était célibataire.
En 1939-1940, Max Veper fit campagne en tant que sous-lieutenant, puis il devint l’animateur du "groupe Max Veper" du réseau Patt ; le 11 novembre 1940 Marcel Hévin fut désigné chef de ce réseau qui porta désormais le nom clandestin de leur chef « Patt ». Un collaborateur agent de l’Abwehr, André Barrault, ayant infiltré le groupe de Max Veper, provoqua la chute du réseau Patt. Max Veper fut arrêté le 27 mars 1941 et, alors qu’elle hébergeait deux officiers anglais, sa fiancée Jeanne Gelabert fut arrêtée en avril 1941 : ils avaient été dénoncés par André Barrault. À l’issue d’un interrogatoire au Palais de justice de Nantes, Max Veper réussit à s’échapper ; Philippe Labrousse, cousin de Jeanne Gelabert, l’aida à se cacher, fuite réussie après cinq jours dans un bateau sur l’Erdre. Quelque temps après, possédant une nouvelle carte d’identité, Max Veper partit pour Paris.
Avant la Libération Max Veper gagna le maquis, revenant au pays nantais. Il savait qui l’avait dénoncé, il répètait qu’il vengerait ses amis (en particulier Hubert Caldecott, Marcel Hévin, Philippe Labrousse et Alexandre Fourny) qui firent partie des quarante-huit otages fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), à Nantes et au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), en représailles à l’attentat contre le lieutenant-colonel Karl Hotz, abattu à Nantes par des résistants le 20 octobre 1941. À plusieurs reprises, les paysans de Saint-Emilien-de-Blain (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) virent Max Veper rôder autour de la propriété d’André Barrault ; en l’absence de ce dernier, Max Veper fouilla la maison et y découvrit des papiers qui prouvaient la part que Barrault avait prise aux fusillades des quarante-huit otages. Max Veper cacha ces papiers dans un champ voisin puis retourna fouiller le grenier, mais Barrault et six Allemands revinrent et Max Veper ne put s’échapper à temps. Barrault constata tout de suite la disparition de ses papiers. Les Allemands voulaient fusiller sans délai l’avocat, mais Barrault s y opposa : il voulait d abord récupérer ses papiers. Max Veper fut alors roué de coups. Au soir du 2 Août 1944, la voiture des Allemands amena le prisonnier à Nantes par la rue La Fayette. En arrivant non loin du Palais de Justice, Max Veper, dans un sursaut d’énergie, sauta hors de la voiture. Des coups de feu partirent aussitôt et il fut laissé pour mort. Le temps que les Allemands aillent chercher une civière, Max Veper rampa et gagna l’autre trottoir ; il fut alors abattu d’un coup de revolver dans la tête.
Les papiers saisis par Max Veper furent recueillis par les paysans de Saint-Emilien-de-Blain qui les remirent par la suite aux F.F.I.
André Barrault fut condamné à mort et exécuté le 18 décembre 1945.
Jeanne Gelabert fut enfermée en avril 1941 à la prison des Rochettes à Nantes, puis elle fut durant six mois au "secret total", dans une cellule sans lumière, au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). Lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris (Ve arr.) en raison d’une appendicite aiguë, elle s’échappa et, aidée par la Résistance, se cacha à Paris où elle contribua à la fabrication de faux papiers.
Max Veper fut homologué Interné résistant (DIR).
Son nom figure sur la plaque commémorative érigée à Châteaubriant par l’Amicale laïque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201860, notice VEPER Max, Lucien, Victor, Philippe dit Paul PELLETIER par Annie Pennetier, Claude Pennetier, version mise en ligne le 15 avril 2018, dernière modification le 29 juin 2021.

Par Annie Pennetier, Claude Pennetier

SOURCES : Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, Nantes, 2001. — Alfred Gernoux, Châteaubriant et ses martyrs, op. cit.1939-1945 Telles furent nos jeunes années http://www.chateaubriant.org/-3-la-resistance-a-chateaubriant- — Commission Féminine des Guerres 14-18/39-45 des amis du vieux Calais Dossier du mois : "Jeanne GELABERT résistante de la première heure" — Arch. Dép. Loire-Atlantique, 305 J. — Arch. Mun. Nantes, 270 W 479. — SHD Vincennes GR 16 P 588676 (nc).

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