WEYLER Edmond

Par Bernard Reviriego

Né le 16 octobre 1888 à Besançon (Doubs), massacré le 28 juin 1944 à Léobard (Lot) ; représentant ; victime civile d’origine juive.

Edmond Weyler était le fils d’Emmanuel Weyler et de Rose Segal, il avait épousé Andrée, née Isaac le 22 juin 1900 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Ils avaient quatre filles, Jacqueline (née en 1923 à Besançon (Doubs), Madeleine (née en 1926 à Epinal (Vosges), Evelyne (née en 1929 à Epinal (Vosges), Françoise (née en 1930 à Courbevoie (Seine). Avant-guerre, ils étaient domiciliés à Reims (Marne), 9 rue Piper. Lors du conflit, ils furent d’abord réfugiés dans les Vosges, puis Edmond partit en avant reconnaissance en Dordogne. Sa femme et ses quatre filles ont été arrêtées alors qu’elles franchissaient, en août 1942, la ligne de démarcation pour le rejoindre. Elles furent internées au camp de Pithiviers, d’où elles furent déportées à Auschwitz par le convoi n° 35, le 21 septembre 1942. Edmond Weyler se trouvait dans un premier temps à Périgueux, où il logeait à l’Hôtel du Midi. Il fut domicilié ensuite à Domme. Sa fiche de réfugié portait comme première date celle du 20 avril 1942.
C’est sans doute dans cette dernière localité qu’il fut arrêté, le 26 ou, peut-être, le 28 juin 1944. Il fut exécuté le 28 juin.
Le 26 juin 1944, des éléments de la 11e Panzer Division, probablement des membres du groupe de combat Wilde, prirent en otage quinze hommes, civils ou Résistants, qu’ils interrogèrent et brutalisèrent, et, pour certains, torturèrent. Puis il les exécutèrent en divers lieux à Cénac-et-Saint-Julien (Dordogne). Trois stèles ont été érigées. Deux furent placées sur le pont de Cénac-et-Saint-Julien où eurent lieu des exécutions, l’une au nom de Louis Desplat, résistant des FFI, surpris au cours d’une mission, l’autre aux noms de Daniel Arazo Garcia et José Lopez Tomas, Résistants espagnols intégrés à un groupe FTP. Arrêtés à Montignac, conduits sur ce pont, ils furent fusillés et jetés dans la Dordogne. Leurs corps ne furent retrouvés que quelques jours plus tard, à La Roque-Gageac. La troisième stèle est située sur la route, ou côte de Domme, sous la barre de Domme, et elle porte onze noms : « Maurice Boutet, Fernand Emile Burg, Plana Riere Enrique, Jacques Hugo, Lucien Hugo, Quitana Pos Luis, Georges Raspaud, Louis Vidal, Jacques Marx, Lucien Marx, Robert Helbrun ». Une douzième victime fut tuée, on ignore son identité.
Le 27 juin, Duerto Mendoza, dit le Magno ou El Mano, espagnol membre des FTP-MOI, qui avait été blessé au combat et transporté à l’hôpital de Domme, fut sorti de son lit et fusillé dans cette commune le 27 juin 1944. Une plaque lui a été dédiée sur place.
Le 28 juin, quatorze autres victimes, qui avaient été elles aussi rassemblées dans un garage de Cénac-et-Saint-Julien, furent conduites vers les bords du Céou, au lieu-dit Pont-Carral, commune de Léobard (Lot), où elles furent exécutées.
Edmond Weyler a obtenu la mention Mort pour la France.
Le nom d’Edmond Weyler figure sur la stèle érigée à l’Abbaye de Pont-Carral. Elle garde la mémoire de douze noms et d’un inconnu. L’une des victimes, Albert Descamp, qui a survécu à la fusillade, n’est pas cité.
Liste des douze noms : « Jacques Vernhes, Louis Angevin, Etienne Bouchat, Mario Plett père, Mario Plett fils, Aurélio Plett, Jean Ribeyrol, Henri Meynardie, Maurice Lalande, Attilio Buniva, Edmond Weyler, François Kielcauski ».
La mémoire d’Edmond Weyler, ainsi que celle de son épouse et de ses quatre enfants, est rappelée sur une plaque du Monument aux martyrs de la Résistance de Reims (Marne).
Sur la plaque de la synagogue de Besançon, il ne figure pas parmi les fusillés mais parmi les déportés, sous le nom de Weiller. C’est également sous ce nom erroné qu’il apparaît sur le site du CDJC, alors que le nom de son épouse et de sa femme y est bien orthographié.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201990, notice WEYLER Edmond par Bernard Reviriego, version mise en ligne le 22 avril 2018, dernière modification le 1er juin 2022.

Par Bernard Reviriego

SOURCES : Registre d’état civil de Léobard.— Arch. dép. Dordogne, fichier des réfugiés toutes régions/archives de la commune de Périgueux déposées aux Archives départementales de la Dordogne.— Eve-Line Blum-Cherchevsky, Les victimes juives de Franche-Comté déportées ou exécutées pendant la Seconde Guerre mondiale – 1939/1945, Besançon, 2016, p. 102, 104, 118.— Sites internet consultés le 22 avril 2018 : Yad Vashem, Feuille de témoignage de son neveu, Maurice Weyler
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