LE COZ Pierre

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 10 juin 1927 à Plusquellec (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) ; martyrisé massacré par le SD de Rennes (Ille-et-Vilaine) le 13 juin 1944 à Plestan (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) ; cultivateur ; civil.

Fils de Pierre Le Coz et de Jeanne Le Guilloux, célibataire, il était cultivateur, et demeurait chez ses parents à Kerville en Duault, (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).
Du 6 au 10 juin 1944, d’importants largages de parachutistes SAS et d’armes furent effectués autour la forêt de Duault afin de mettre en place la base Samwest.
Entre le 9 et le 12 juin 1944, 31 civils furent arrêtés dans le sud-ouest du département par des militaires allemands et martyrisés à l’école catholique des garçons de Callac (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).
Le 11 juin 1944, après s’être égarés, des militaires allemands arrivèrent à Kerhamon en Duault (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor), 14 FFI, FTP et parachutistes SAS se trouvèrent dans la ferme de Pierre Le Guilloux, après un bref échange de coups de feu les allemands prirent la fuite sans subir de perte.
Le lendemain lundi 12 juin 1944, les militaires allemands revinrent en convoi -environ 300 hommes-, un combat s’engagea avec les maquisards FFI, les FTP et les parachutistes SAS, au cours des affrontements 2 FTP de la compagnie "Tito", 5 parachutistes SAS et 3 civils furent tués au combat ou assassinés ainsi que 42 militaires allemands.
Le fait d’avoir perdu de nombreux hommes lors des combats les opposant aux FFI, FTP et parachutistes SAS à Kerhamon et à Guernhir en Duault le 12 juin 1944, poussa sans doute les militaires allemands à se venger en arrêtant de paisibles civils innocents au hasard des rencontres dont le seul tort fut de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Cinq fermes furent incendiées et complètement détruites, deux à Kerhamon et trois autres à Guernhir.
Pierre Le Coz et son père Pierre furent arrêtés le 11 juin 1944 et conduits à l’école catholique des garçons de Callac.
Le 13 juin 1944, à 8h, 31 personnes quittèrent Callac et furent transportées à bord de 3 camions jusqu’au bois de Boudan en Plestan : Jean Bonnet, Kagy Che-Hami, Ammar Ferrane, Jean Gragne, Mohamed Kanem, Ali Lakrout, Amokrane Lassouaoui, Fernand Le Banner, Louis Le Basque, Pierre Le Coz, Pierre Le Coz, Alain Le Guern, François Le Guern, Hervé Le Guern, Jean Le Guern, Yves Le Guern, François Le Quéré, Pierre Le Tannou, Arsène Manac’h, Auguste Manac’h, Louis Manac’h, René Molière, Pierre Ollivier, Hocine Ouarezki, Jean Pinson, Joseph Pinson, Valentin Tydou et Mohamed Zeggane ainsi que 3 personnes qui ne furent jamais identifiées.
Les 31 personnes furent assassinées en soirée. Le responsable de ces crimes fut le colonel Pulmer du SD de Rennes, aidé de miliciens autonomistes bretons. Sept Algériens figurent parmi les victimes.
Selon un premier témoignage, le 13 juin 1944, vers 12h, deux camions traversèrent le bourg de Plestan et s’arrêtèrent dans un bois situé à 3 km du bourg. Les camions étaient chargés de militaires allemands et de jeunes gens porteurs de pelles et de pioches. Selon un second témoignage, vers 16h, une fusillade et des cris furent entendus. Le bois fut gardé jusqu’au lendemain après-midi. Après le départ des militaires allemands, une secouriste de la Croix Rouge constata que des civils avaient été fusillés. Certains cadavres étaient à peine recouverts de terre. Elle alla à Saint-Brieuc pour avoir l’autorisation de leur donner une sépulture digne. Selon le troisième témoignage d’Ange Marie Rouault, 47 ans, cultivateur, il entendit une série de rafales d’armes automatiques pendant 30mn, puis il vit trois camions et une voiture noire chargés de militaires allemands se diriger vers Lamballe (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) en sortant du bois de Quercy en Plestan. Le lendemain, il entendit une autre série de coups de feu et vit un camion chargé de militaires allemands stationné en face du chemin de Boudan. Le 2 juillet 1944, deux fosses contenant 16 et 15 cadavres furent ouvertes. Tous portaient des traces de balles, sauf un qui fut étranglé.
Les dépouilles de Pierre Le Coz et de son père Pierre furent retrouvées dans la 1ère fosse contenant 16 corps, elles furent reconnues par Madame Le Coz le 17 août 1944.
Pierre Le Coz et son père Pierre furent inhumés par la suite au cimetière de Plusquellec, il avait 17 ans, son nom figure sur Le Monument de Kerhamon en Duault et sur Le monument du bois de Boudan en Plestan.
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Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202159, notice LE COZ Pierre par Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 9 juillet 2018, dernière modification le 20 juin 2022.

Par Alain Prigent, Serge Tilly

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 2W235-238. – Alain Prigent et Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944, Les Lieux de Mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n° 10 (2004) et n° 11 (2005).

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