JOUAN Charles [Pseudonyme dans la Résistance : Charlot]

Par Eric Panthou

Né le 11 juillet 1896, Caumon (Eure), décédé le 5 septembre 1973 Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), militant au sein du Parti communiste (PCF) ; résistant, commandant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans le Puy-de-Dôme et le Cantal.

Charles Jouan est l’ainé d’une famille avec deux autres filles. Son père était journalier. Charles Jouan se maria avec Alice Chappe.
Il combattit durant la guerre 1914-1918.

Militant communiste, il est terrassier à l’aéroport d’Aulnat (Puy-de-Dôme) en 1935 avec son ami Pierre Besset, cadre du PCF et de la CGTU. Il fut ensuite chauffeur chez Michelin puis taxi.

Lorsque survient l’Occupation, il dirige un groupe de 3 militants clandestins fin 1940 avec Pierre Marion et Jean-Marie Mayet. Ils sont chargés de l’impression de tracts dans une vieille petite maison située près de la ligne de chemin de fer montant à Beaumont. Ils assurent d’importantes distributions de tracts en février 1941, des collectes, etc. Il était en contact permanent avec Paul Sac.
Dans la nuit du 5 au 6 mars, il s’enfuit au moment d’un contrôle, porteur d’une musette. Intercepté, on découvre des tracts et de papillons communistes. L’enquête permet de découvrir un troisième homme ayant réussi à s’enfuir.
Selon l’attestation établie par Charles Jouan en faveur d’André Voisse en 1957, c’est ce dernier qui aurait remis à Charles Jouan les tracts qu’il détenait au moment de son arrestation.
Charles Jouan, Pierre Marion et Raymond Menat ont été tous trois déférés au Parquet et écroués à la maison d’arrêt.
Le 26 septembre 1941 Jean-Marie Mayet, Charles Jouan et Pierre Marion sont tous les trois condamnés. Marion écopa d’un an de prison et Jouan et Mayet firent partie des autres prévenus écopant de peines moins lourdes, Jouan écopant de 4 mois de prison.

Une fois libéré, Charles Jouan resta au Front national jusqu’en octobre 1943 où il rejoignit le maquis. Il était placé sur la liste S et étant encore surveillé. Il a fait l’objet d’une perquisition en janvier 1943 en exécution d’une circulaire du secrétaire général de la Police en date du 28 décembre 1942 mais rien n’est trouvé à son domicile clermontois. Il fut l’un des créateurs du premier noyau FTP en Auvergne ainsi que du Camp Gabriel Péri. Il participa en particulier à l’engagement armée de Sarpoil contre les Allemands le 27 décembre 1943. Ce jour là, il est commandant par intérim du camp Gabriel-Péri qui a dû précipitamment fuir les Combrailles pour rejoindre le secteur d’Ambert. Mais les Allemands ont vent du nouvel emplacement. En l’absence du commandant du Camp, Jean Rochon, dit Max, parti rendre compte à l’état-major FTP du Puy-de-Dôme, Charles Jouan donne l’ordre d’évacuer et de rejoindre. C’est lors de cette évacuation que le convoi est intercepté par un barrage allemand et que cinq résistants sont abattus. Il fut Commissaire aux Opérations du Camp jusqu’à sa mutation dans le Cantal à compter du 25 février 1944 comme recruteur FTP. Il a notamment sous sa direction Rudolf Engel qui organise les jeunes qui fuient le « Service du Travail Obligatoire » (STO) dans des groupes de maquisards répartis autour de la Roche Noire. Bientôt, le colonel Thomas Macpherson, chargé par les Alliés de structurer la Résistance en Auvergne, confie aux FTP le contrôle de la « zone 5 » qui correspond à plus d’un tiers du Cantal. Mais en juin, alors qu’a lieu le débarquement, les parachutages d’armes promis par Macpherson restent toujours lettre morte. Jouan et Engel décident donc de s’en procurer par leurs propres moyens. Sous leur direction, les FTP investissent plusieurs gendarmeries cantaliennes ainsi que la caserne des gardes mobiles de Saint-Flour (Cantal) où ils récoltent un important stock de matériel. Jouan a alors le grade de commandant. Après l’arrestation de Rémy Jamet, dit Bernard, membre du triangle de direction des FTP du département, Charles Jouan le remplaça à la tête du Bataillon.
Il est considéré comme une grande figure de la Résistance en Auvergne.
Il est resté militant communiste jusqu’à la fin de sa vie, membre de la cellule "Louis Boissy" à Montferrand et habitant 29 avenue de la République puis militant de la cellule Aurousset à la fin de sa vie. Lors de la 6éme conférence fédérale du PCF du Puy-de-Dôme, il intervient, présenté comme membre de l’association des FTPF-FFI.
Ses obsèques civiles eurent lieu au cimetière Saint-Jacques à Clermont-Ferrand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202529, notice JOUAN Charles [Pseudonyme dans la Résistance : Charlot] par Eric Panthou, version mise en ligne le 30 avril 2018, dernière modification le 31 octobre 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 689971. Dossier André Voisse .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296W1553 : Le commissaire principal chef du service régional de Police de sûreté à monsieur l’intendant de Police, Clermont-Ferrand, le 12 janvier 1943.— SHD Vincennes, 19 P 63/5 : liste des membres de la formation Gabriel-Péri ou 12e Bataillon comprenant 1103e, 1104e, 1105e et 1106e compagnie FTPF du Puy-de-Dôme .— SHD Vincennes, 19 P 63/5  : état nominatif des cadres ayant appartenu au Camp Gabriel Péri ou 1103e Compagnie FTPF, signé Commandant Delmas, dit Lucien, 21 novembre 1947 .— Notice du Maitron sur Pierre Besset.— Thierry Féral, “Rudolf Engel Un Allemand en Résistance contre le nazisme dans le Puy-de-Dôme et le Cantal”, http://www.quatrea.com/fichiers/Edito-Feral-08.pdf.— Lettre de Lafarge, COIR, au commandant de la 2éme subdivision (archives privées Roger Champrobert).— Notes manuscrites de Champrobert sur Jean-Marie Mayet (archives privées Roger Champrobert).— Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972. Notice nécrologique, Résistance d’Auvergne, n°13, janvier 1974.— L’Avenir du Plateau central, 1er juillet 1941 .— Gilles Lévy, Guide des maquis et hauts-lieux de la Résistance d’Auvergne, Paris, Presses de la Cité, 1986 .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 : les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon-d’Auvergne, éditions de Borée, 1993 .— Le Moniteur, 8 mars 1941.— Référence d’état civil fournies par le site Filae .- "nécrologie. Charles Jouan n’est plus !", coupure présente dans Fonds Jeanne Chalus, fédération PCF 63 .— La Voix du Peuple, 4 février 1950. — Courriel de François Vigier à l’auteur, 23 novembre 2018.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément