COEURET Charles [CŒURET Charles, Victor]

Par Christian Bougeard

Né le 10 janvier 1892 à Lamballe (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; commerçant ; radical-socialiste passé à la SFIO en 1946 ; maire (1945-1947) et conseiller général (1945-1951) de Lamballe.

Fils d’un « ancien distillateur », lui-même commerçant et distillateur à Lamballe, Charles Cœuret était conseiller municipal avant-guerre. En mai 1945, il fut élu maire de la petite ville de Lamballe (5 646 habitants en 1946) à la tête d’une municipalité considérée comme ayant une majorité républicaine socialiste. Il était assisté du négociant Eugène Gouret, premier adjoint élu en 1935, resté en fonction sous l’Occupation. Selon le préfet Henri Avril*, directeur de l’EPS de Lamballe et ancien président du CDL, qui le connaissait bien, Charles Cœuret s’était, pendant la guerre, « affirmé comme résistant et comme républicain hostile à toute compromission vichyssoise ». Aux élections cantonales de septembre 1945, le nouveau maire de Lamballe se présenta (31,8 % des voix au 1er tour) contre Léon Pascal (26,6 %), pharmacien et ancien maire de 1935 à la Libération, ancien conseiller général (radical indépendant), nommé conseiller départemental par Vichy en 1943 mais qui n’avait jamais siégé. Étaient aussi en lice une professeur communiste, Georgette Manesse (9 %), et François Quémard, un candidat de droite portant l’étiquette gaulliste (30,2 %). Contre ce dernier, Charles Cœuret fut élu conseiller général du canton de Lamballe au second tour avec 59,3 % des suffrages.
Un mois plus tard, Charles Cœuret était candidat aux élections à l’Assemblée constituante, en 5e position sur la liste de Résistance républicaine et socialiste conduite par René Pleven. Comme Pierre Sérandour* en 2e position, ancien député de 1936, résistant, il avait été investi par le parti radical-socialiste. Mais selon le préfet, il aurait « été embarqué » un peu malgré lui sur cette liste et se serait « dérobé à toute activité pendant les élections par suite de contingences électorales et ménagères ». En fait, il inclinait déjà pour la SFIO qu’il rejoignit en juin 1946, avec un autre conseiller général radical-socialiste, Jean Bouget*, au cours d’une seconde vague d’adhésions qui porta le groupe de la SFIO du conseil général de 10 à 12 membres. Ce reclassement à gauche fut dénoncé par René Pleven et son Petit bleu des Côtes-du-Nord comme une trahison et il réclama la démission de ces deux conseillers généraux transfuges du radicalisme. Les comptes politiques furent soldés aux élections suivantes. En octobre 1947, Charles Cœuret conduisit à Lamballe une liste d’union des gauches contre la liste de Jean Gombault, 2e adjoint de 1935 et de l’Occupation, ancien conseiller d’arrondissement démocrate populaire. Jean Gombault, qui était le cousin germain de René Pleven, devint maire de Lamballe (UDSR-RGR) en 1947. Il l’emporta aussi aux élections cantonales d’octobre 1951 (3 294 voix au 1er tour). Charles Cœuret, qui avait d’abord annoncé qu’il ne serait pas candidat, se représenta finalement comme socialiste indépendant (1 804 voix au 1er tour) car il s’était éloigné de la SFIO. Le Combat social du 6 octobre 1951 écrivait à son propos : « Nous n’avons que sympathie pour la personne de M. Cœuret, mais nous ne pouvons en dire autant pour son attitude politique qui, depuis cinq ans, est vraiment trop fluctuante. » Du coup, les sections SFIO du canton de Lamballe avaient désigné un jeune militant, Charles Paillot (244 voix). Le Glanaer, candidat communiste, obtint 658 voix. Mais Jean Gombault, candidat du centre et de la droite, l’emporta dès le 1er tour avec près de 55 % des voix.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20257, notice COEURET Charles [CŒURET Charles, Victor] par Christian Bougeard, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 12 novembre 2008.

Par Christian Bougeard

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 3 M 262 : registre des maires et conseillers généraux de l’arrondissement de Saint-Brieuc (1925-1945) ; 20 W 86 et 87 : élections cantonales 1945, 1949, 1951. — Le Petit bleu des Côtes-du-Nord, juin-juillet 1946, octobre 1951. — Le Combat social, 6 et 13 octobre 1951.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément