JENNIGÈS Jean-Mathieu.

Par Freddy Joris

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 18 avril 1873 – Stembert (aujourd’hui commune de Verviers pr. Liège, arr. Verviers,), 14 février 1951. Avocat anticolonialiste, un des pionniers du mouvement démocrate-chrétien verviétois.

Fils d’un forgeron originaire d’Elsenborn (Prusse rhénane, Allemagne ; aujourd’hui commune de Butgenbach, pr. Liège, arr. Verviers), Jean-Mathieu Jennigès grandit au sein d’une famille de cinq enfants dans le quartier populaire de Prés-Javais à l’est de Verviers. Il suit les cours de l’école primaire germanophone Saint-Lambert, tenue par des frères des écoles chrétiennes allemandes, puis effectue ses humanités au collège jésuite Saint-François-Xavier, qu’il achève en 1891. Optant ensuite pour la nationalité belge, il réussit deux années d’études supérieures au Jury central, devient enseignant dans son ancien collège avant de reprendre ses études universitaires à l’Université de Liège et devenir avocat en 1899.

Fortement influencé par le professeur de l’Université de Liège, Godefroid Kurth*, Jean-Mathieu Jennigès participe à la campagne électorale de l’Union démocratique chrétienne (UDC) de Verviers pour les communales d’octobre 1895.

Jean-Mathieu Jennigès quitte Verviers pour le Congo ; il y demeure de 1900 à 1905, ayant été nommé juge à Léopoldville puis à Matadi. Il s’intéresse de près aux langues indigènes. À son retour au pays, il donne deux conférences contre les abus du régime congolais à Verviers, en août et décembre 1905. Il s’exprimera à nouveau sur ce thème ultérieurement.

En 1906, Jean-Mathieu Jennigès publie un bimensuel militant démocrate-chrétien, Le Franc-Parler, et s’associe aux socialistes pour soutenir la cause ouvrière durant le grand lock-out de septembre qui aboutit à la signature de la première convention collective sectorielle en Belgique.

En octobre 1911, Jennigès se présente sous l’étiquette démocrate-chrétienne aux élections communales mais n’est pas élu. Il fonde en décembre suivant, avec ses confrères, Henri Boland et Grégoire Hauseux, le cercle d’études sociales Léon XIII qui s’installe à l’angle de la place du Martyr et de la cour Fischer, dans l’ancienne chapelle au premier étage d’un couvent désaffecté reconverti au rez-de-chaussée en salle de gymnastique pour la société « Patria », sous la direction de Robert Cardol. Patria est le nom de la coopérative chrétienne fondée au même endroit en 1913 et ensuite du local des démocrates-chrétiens verviétois jusqu’à leur déménagement pour la rue Laoureux à la fin de 1952.

Fondateur de l’Amicale des Anciens d’Afrique de Verviers et devenu un ténor du barreau local particulièrement bien au fait des problèmes des cantons de l’est réincorporés cette même année à la Belgique, Jean-Mathieu Jennigès se présente aux élections à la Chambre en 1925. il rate de très peu le mandat de parlementaire (puisque les premiers calculs le déclarent même élu). Il refuse ensuite une cooptation au Sénat et s’éloigne de la vie politique.

Élu bâtonnier en 1932, Jean-Mathieu Jennigès est paralysé des suites d’un accident en 1940 pour le restant de ses jours. Ses cinquante années de barreau lui valent d’être promu chevalier de l’Ordre de Léopold II deux ans avant son décès. Époux de Bertha Kastert, sa cousine, en octobre 1905, il en a deux filles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202584, notice JENNIGÈS Jean-Mathieu. par Freddy Joris, version mise en ligne le 3 mai 2018, dernière modification le 16 juin 2020.

Par Freddy Joris

ŒUVRE : Dictionnaire français-kiluba, Bruxelles, 1909, 192 p.

SOURCES : Archives communales de Verviers, fonds Jacques Wynants, série MOC, dossier 15 (articles de presse de 1952) – JORIS F., La presse verviétoise de 1850 à 1914, Paris-Louvain, 1982 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 92) – SOHIER J., « Jennigès Jean-Mathieu » dans Biographie belge d’Outre-Mer, t. VIII, Bruxelles, Académie royale des sciences d’Outre-Mer, 1998, p. 198-202.

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