PARYS Émile.

Par Freddy Joris

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 29 septembre 1897 – Heusy (aujourd’hui commune de Verviers), 7 octobre 1956. Ouvrier textile puis permanent syndical, dirigeant socialiste syndical textile et dirigeant de la Fédération socialiste de Verviers.

Émile Parys est ouvrier fileur à l’usine, La Vesdre S.A., et militant syndical. Il intègre au lendemain de la Première Guerre mondiale le Comité de la Fédération de la laine peignée. Cette puissante organisation syndicale est à la fois la plus riche et la plus combative des organisations syndicales verviétoises. Lorsqu’en 1920, ces dernières renouvellent, avec le patronat local, la convention collective conclue sous l’égide de Jean Roggeman en 1906, les affiliés du Peigné s’opposent majoritairement, par référendum, à cette reconduction du régime conventionnel, estimant que celui-ci ne permet plus de « choisir les bons moments où l’industrie prospère pour réclamer des avantages nouveaux ». Les membres du Peigné, qui sont 4.000, soit un quart des effectifs du textile verviétois, s’excluent ainsi d’eux-mêmes de la Fédération ouvrière verviétoise.

Logique avec elle-même, la Fédération libre de la laine peignée introduit des revendications salariales dès octobre 1921 et déclenche une grève pour appuyer celles-ci. Le patronat riposte par un lock-out du secteur aboutissant à une défaite complète de la Fédération Peigné en mai 1922. Dès cette époque, la Fédération du Peigné, n’ayant aucun lien organique avec le Parti ouvrier belge (POB) contrairement aux autres syndicats locaux, devient un terrain idéal pour la propagande du jeune Parti communiste (PC), qui concentre vers elle ces efforts. Les communistes y obtiennent le poste de secrétaire adjoint pour Henri Lambert* en 1925, la présidence de la Fédération pour Guillaume Pétry* en 1927 et obtient la majorité au sein du Bureau fédéral l’année suivante.

Émile Parys fait partie alors de la minorité réformiste au sein du Peigné et tente en vain de contrecarrer la mainmise communiste sur l’organisation. Il quitte finalement celle-ci en avril 1929, avec d’autres militants qui créent une nouvelle association. Il devient le secrétaire permanent de ce syndicat socialiste du Peigné et installe son bureau d’abord dans les locaux du POB à la Maison du Peuple, ensuite en 1930 à la Maison syndicale lorsque son syndicat, qui bénéficie après quelques mois de 2 700 affiliés contre 1 600 à la Fédération libre, peut réintégrer la Fédération ouvrière textile verviétoise.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l’Occupation, Émile Parys collabore, avec le député socialiste liégeois, René Delbrouck*, Charles Rahier, Joseph Leclerc, Salomon Delloye et Jules Lemaire, notamment, au premier journal socialiste clandestin, publié sous le titre de Résurrection dès juillet 1940 en réaction au Manifeste de Henri De Man* et rebaptisé en décembre suivant Le Monde du travail. Parys contribue autant à la presse clandestine et à sa diffusion qu’aux réunions du Parti socialiste clandestin. Il a de nombreuses altercations avec le responsable verviétois du syndicat collaborationniste l’UTMI (Union des travailleurs manuels et intellectuels), qui s’est emparé de la Maison syndicale. Parys, qui a réussi à dérober, avec Nicolas Denis, la liste des affiliés de l’UTMI, est contraint de quitter Verviers en mars 1942 et de vivre dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il participe, avec Octave Pétry et Léonard Ohn à la reconstruction du parti socialiste à Verviers.

Tout en étant délégué au ravitaillement, Émile Parys reprend ses fonctions de permanent syndical pour le Peigné à la fin de 1944. En 1946, il succède à Alexandre Duchesne à la présidence de la régionale wallonne de la COTB (Centrale ouvrière textile de Belgique). Il intègre alors le Bureau national de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique).

Sur le plan politique, Parys devient également membre du bureau de la Fédération verviétoise du Parti socialiste belge (PSB), issu de la refonte du POB en 1945, et membre du bureau national de ce dernier.

Léon-Eli Troclet*, devenu ministre du Travail et de la Prévoyance sociale en 1945, intègre Émile Parys dans son cabinet ministériel en tant que conciliateur social pour la Wallonie. Parys est alors amené à intervenir un peu partout sur le terrain et dans tous les secteurs à l’occasion des nombreux conflits sociaux de l’après-guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202632, notice PARYS Émile. par Freddy Joris, version mise en ligne le 3 mai 2018, dernière modification le 1er juin 2020.

Par Freddy Joris

SOURCES : Le Travail, 20 juillet 1948 ; 9 octobre 1956 − BOTTERMAN X., Histoire du mouvement communiste à Verviers 1919-1940, Bruxelles, CArCoB, 2009.

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