PIETTE Émile. [Dictionnaire belge]

Par Freddy Joris

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 1847 – Buenos Aires (Argentine), octobre 1894. Ouvrier textile, militant de l’Association internationale des travailleurs, anarchiste.

Tisserand puis ourdisseur, Émile Piette milite dans les rangs des Francs-ouvriers, section verviétoise de l’Association internationale des travailleurs (AIT). Il participe de manière assez discrète aux Réunions ouvrières en 1870-1871 qui tentent de créer un dialogue avec le patronat local. Durant ces deux années, il en est successivement le secrétaire et le président.

Piette est un des chefs de file, avec Pierre Bastin et Gérard Gérombou, de la tendance révolutionnaire qui dirige l’Internationale à Verviers entre 1873 et 1875 environ. En 1876, il publie sous le pseudonyme de « Prol Ether » une brochure contre Le pétitionnement pour l’abolition du travail des enfants jugé d’un point de vue révolutionnaire. Battu sur cette question au Congrès belge d’octobre de l’AIT en octobre 1876, il fonde au début de novembre le cercle anarchiste, L’Étincelle, premier d’une longue série de groupes anarchistes existant dans l’agglomération verviétoise.

Émile Piette assume conjointement avec Kropotkine le secrétariat du dernier Congrès international de l’AIT qui se réunit à Verviers en septembre 1877. D’avril 1878 à juin 1879, il est le principal animateur du journal, Le Cri du peuple et, en 1880, de son successeur, La Persévérance. Preuve de sa notoriété, il est le seul Verviétois − et non son rival Pierre Fluche − à figurer, avec une trentaine d’autres militants belges, anciens de l’Internationale et/ou futurs fondateurs du Parti ouvrier belge (POB) dans la lithographie d’Alfred Le Petit, L’hydre du socialisme en Belgique, publiée par le journal La Bombe en juin 1879. Émile Piette a alors quitté son travail dans le textile depuis 1875, au moins pour s’établir comme libraire et imprimeur : son imprimerie abrite la rédaction des deux titres anarchistes, d’abord rue de la Montagne puis rue du Marteau à Verviers.

Émile Piette abandonne la lutte en Belgique au milieu des années 1880. Il cède sa librairie à un autre membre de l’Étincelle, Guillaume Davister, et part fonder une colonie anarchiste à Buenos-Aires en Argentine, où il reste libraire. En 1894, il rentre à Verviers pour un bref séjour, au cours duquel il fait imprimer le catalogue des occasions de sa librairie en Amérique du Sud.

Émile Piette meurt à son retour à Buenos-Aires en octobre 1894 et c’est un autre anarchiste verviétois, Dechaîne-Ruwette, qui y reprend sa bouquinerie, tandis que la librairie Davister se maintient à Verviers jusqu’à la quasi destruction de toute la rue du Marteau dans les années 1970.

À consulter également : ENCKEL M., Piette Émile, dans Dictionnaire des anarchistes, Site Web : maitron.fr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202638, notice PIETTE Émile. [Dictionnaire belge] par Freddy Joris, version mise en ligne le 4 mai 2018, dernière modification le 16 juillet 2020.

Par Freddy Joris

ŒUVRE : Sous le pseudonyme de Prol ETHER, Le pétitionnement sur le travail des enfants jugé d’un point de vue révolutionnaire, Verviers, 1876.

SOURCE : JORIS F., Pierre Fluche et le mouvement ouvrier verviétois sous Léopold II, Tubize-Bruxelles, 1997.

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