SCHLEBACH Pierre.

Par Freddy Joris

Stolberg (anciennement Prusse ; aujourd’hui Rhénanie du Nord-Westphalie, arr. Aix-la-Chapelle, Allemagne), 1837 – Liège (pr. et arr. Liège), 1902. Travailleur du bois et commerçant, militant de la Première Internationale, anarchiste à Verviers (pr. Liège, arr. Verviers).

Menuisier-cabaretier, Pierre Schlebach s’installe à Verviers comme beaucoup d’Allemands : ceux-ci représentent près de 10 % de la population dans la seconde moitié du XIXe siècle et y ont leur école, leur église, leurs cafés, etc. Avec le tisserand, Nicolas Cloot, Schlebach est un des principaux animateurs de la section allemande de l’Internationale créée à Verviers le 7 février 1869. Le mécanicien, Edouard Bong ; représente celle-ci au Congrès belge de l’Association internationale des travailleurs (AIT) de décembre 1871 et un autre mécanicien, Auguste Stiege, en est le président en 1873.

Pierre Schlebach est accusé de collaborer avec la police à l’été 1872 et son éviction est souhaitée par le Conseil fédéral belge. Elle est refusée par sa section, qui, du coup, est elle-même exclue toute entière de l’AIT. Schlebach quitte sans doute ensuite Verviers, puisqu’en septembre 1877 il représente les sections de Liège au Congrès socialiste universel de Gand (Gent, pr. Flandre orientale, arr. Gand), congrès où s’affrontent partisans et adversaires de l’action politique, et où il vote contre ces derniers.

Le cabaret de Pierre Schlebach à Liège devient plus tard un centre de ralliement anarchiste. C’est pour ce motif qu’il est poursuivi puis acquitté lors du premier procès des anarchistes liégeois en 1892. Par contre, Schlebach, son épouse et plusieurs militants allemands sont accusés de plusieurs attentats à la bombe commis à Liège à la fin avril 1894, l’un d’entre eux se soldant par un blessé grave. Le procès se déroule à Liège au début de 1895. Alors que son épouse est condamnée à six mois de prison (mais libérée car détenue depuis ce laps de temps), Pierre Schlebach écope d’une peine de trois ans. Ce verdict indigne l’ancien leader verviétois de l’Internationale, Pierre Fluche, qui écrit à son ami, Victor Dave : « Schlebach est un honnête homme, incapable de nuire à autrui ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202667, notice SCHLEBACH Pierre. par Freddy Joris, version mise en ligne le 4 mai 2018, dernière modification le 28 décembre 2021.

Par Freddy Joris

SOURCES : JORIS F., Pierre Fluche et le mouvement ouvrier verviétois sous Léopold II, Tubize-Bruxelles, 1997 − MOULAERT J., Le mouvement anarchiste en Belgique 1870-1914, Bruxelles, Quorum, 1996.

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