DILHAC Philippe, Guillaume

Par Maurice Mistre

Né le 7 janvier 1849 à Bélesta (Ariège), mort le 4 octobre 1937 à
Saint-Raphaël (Var) ; inspecteur primaire dans le Var ; militant socialiste ; militant laïque.

Fils d’Antoine Dilhac, menuisier et de Marie Luquet, Philippe Dilhac entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Foix (Ariège) en 1869. Après une année au collège de garçons de Béziers en 1872, il réintégra son département et fut instituteur dans plusieurs communes (Foix en 1873, Vilhac en 1876, Saint-Jean-de-Verges en 1877, Fougax en 1878, Lavelanet en 1882). Nommé inspecteur primaire à Orthez (Basses-Pyrénées) en 1883, à Muret (Haute-Garonne) en 1891 et enfin à Draguignan (Var) en 1892, il prit sa retraite en 1908. Il avait obtenu le certificat d’aptitude à l’enseignement aux infirmes (CAEI) en 1890.

Philippe Dilhac se maria en 1890 avec Thérèse Clerc. Le couple eut deux garçons et une fille. Veuf, il se remaria avec Marie, Joséphine, Noémie Auriol, née le 11 juillet 1862 à Rieux-de-Varilhes (Ariège). Institutrice dans son village depuis 1880, elle fut reçue à l’Ecole normale supérieure primaire de Fontenay-aux-Roses en 1882. Professeur à l’École normale d’institutrices de Draguignan (1892), puis directrice de l’école primaire supérieure de filles (1900), depuis 1895, elle collaborait à la revue pédagogique L’éducation laïque. Elle prit sa retraite en 1912 et décéda le 4 décembre 1915. Philipe Dilhac épousa en 1917 sa belle-sœur Caroline Auriol, institutrice.

Initié le 7 mars 1898 à la loge du Grand Orient, « La Réunion » à Toulon (Var), après avoir été compagnon, il devint maître le 13 novembre 1899 puis 30e en août 1906 dans cette loge. Affilié à la loge de Draguignan, « L’Égalité » le 1er janvier 1903, il y fut tour à tour orateur (1903, 1908, 1909), vénérable (1905, 1910, 1911, 1912, 1924, 1925). Dans la loge, figuraient ses trois enfants dont son gendre Emile Builles.

En 1897, Dilhac devint secrétaire du Cercle dracénois de la Ligue de l’Enseignement et adhéra à la Société d’études scientifiques et archéologiques. En juillet 1898, sa séquestration par les frères des écoles chrétiennes à Lorgues (Var), puis, en juillet 1899, la critique de ses actes "vraiment républicains" dans La Croix du Var, journal catholique, attirèrent des réactions des milieux laïques. À de multiples occasions, il affirma son engagement laïque et républicain.

Le 9 juin 1904, il adhéra au comité d’action républicaine et socialiste en vue des élections à Draguignan. Après avoir été favorable au droit syndical des fonctionnaires en 1907 dans la loge, il vota contre, lors de la réunion du Conseil départemental de l’Instruction publique. Cette attitude, soulignée dans la presse locale, provoqua plusieurs démissions dans la loge. Affichant des opinions anticléricales, il présida la mutualité scolaire et le cercle de la Ligue de l’enseignement.

Pendant la Première Guerre mondiale, responsable de l’office municipal de ravitaillement et paiement des réfugiés, il participa au comité départemental pour l’assistance aux prisonniers de guerre, son épouse s’occupant de la Croix Rouge.

Vice-président des Pupilles de la Nation en 1921, dirigeant la Société de Libre Pensée "Les Travailleurs" à Draguignan, en 1922, il était membre de la Ligue des droits de l’Homme et de la section locale du Parti socialiste SFIO. Il présida de nombreuses réunions du Cartel des fonctionnaires en1924. Militant de la coopération, au nom du groupe de coopérateurs « La Dracénoise », le 1er janvier 1922, il signa les statuts de l’Union des coopérateurs du Var. Lors de la première assemblée générale, le 22 janvier, le conseil d’administration lui confia la charge d’administrateur délégué. En mars 1922, il démissionna pour raisons de santé et quitta le CA lors de l’assemblée générale du 23 avril 1923.

Retiré à Saint Raphaël, actif dans le cercle de l’Union socialiste qui organisa un grand rassemblement en mai 1923 afin de préparer une liste des « rouges du Var » pour l’élection législative de 1924, il luttait toujours contre les cléricaux. Le 9 novembre 1924, après le succès de la liste « rouge », il organisa une manifestation contre une procession de l’Association catholique de la jeunesse française. En 1925, il était le secrétaire de la section SFIO de Saint-Raphaël. Au moment du Front populaire, il apportait son soutien aux actions de ses composantes. Lors de ses obsèques, Jean Charlot, responsable socialiste SFIO et Maurice Chargnioux, responsable communiste, prononcèrent des hommages.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202929, notice DILHAC Philippe, Guillaume par Maurice Mistre, version mise en ligne le 10 mai 2018, dernière modification le 20 septembre 2021.

Par Maurice Mistre

SOURCES : Arch. Nat., F17/22068/A, 22192/A (Dossier Marie Dilhac). — Arch. Dép. Var, 2 M 7 30 3, 4 M 45, série T. — Arch. Loge « L’Égalité ». — Arch. Coopérateurs du Midi. — Notes de Jacques Girault.

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