TEPER Isaak

Par Daniel Grason

Né le 25 février 1882 à Kichinev (Russie, Moldavie), mort en février 1943 à Auschwitz (Pologne) ; tailleur d’habits, épicier ; socialiste, puis communiste ; président d’une société de Secours mutuel ; gérant de Naïe Presse (Presse Nouvelle).

Isaak Teper épousa Zivia Garbarg, également originaire de Kichinev, cette ville fut le lieu de pogroms antisémites en avril 1903 et en octobre 1905, quarante- neuf et dix-neuf tués. Le couple quitta le pays et habita en 1917 au 186 rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris (XIIe arr.). Ils étaient les parents de quatre enfants dont Maurice. Isaak exerçait sa profession de tailleur d’habits à son domicile. Il militait dans les organisations ouvrières juives comme la Ligue de l’enseignement juive et était gérant depuis la fondation du journal Abeiter orden. Il fut membre du Parti socialiste avant le congrès de Tours, puis du Parti communiste jusqu’en 1926.
Il obtint la naturalisation française par décret du 24 novembre 1924. Le 7 décembre 1928, il fut interpellé à la sortie d’une réunion organisée Salle des Sociétés Savantes par l’association des Émigrés de Bessarabie. Au cours de cette initiative plusieurs orateurs considérés par la police comme communistes prirent la parole. Isaak Teper présida la société de secours mutuel juive « La Véracité ».
Il devint le gérant de Naïe Presse (Presse Nouvelle) dès sa parution en 1934. Il accueillit pendant plusieurs semaines David Erlich connu sous le pseudonyme de David Diamant alors en situation irrégulière. Il le décrivit ainsi : « Malgré son travail très dur, Teper avait un goût très éclairé pour la littérature. Un peu rêveur, il aimait beaucoup la lecture et parlait un langage un peu précieux ; je me souviens, lorsqu’il nous racontait quelque chose, par exemple pour exprimer qu’une jeune fille attendait un bébé, il nous disait « et le fruit de l’amour mûrissait… ».
Au cours de l’année 1940 le couple tint une épicerie, déménagea au 35 avenue Pasteur à Savigny-sur-Orge (Seine-et-Oise, Essonne). Le 9 décembre 1942 la police arrêtait Isaak Teper, interné au camp de Drancy, il était le 13 février 1943 dans le convoi n° 48 à destination d’Auschwitz (Pologne), 689 déportés furent gazés à l’arrivée. Lors de la sélection 644 hommes et une femme connurent le même sort. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945 il ne restait que 12 survivants de ce convoi dont une femme.
Zivia, Beila son épouse connue la même destinée, convoquée le 18 février 1943 à la direction des étrangers et des affaires juives à la Préfecture de police par des policiers pour examen de sa situation, elle déclara « ne pas être juive aux termes de la loi du 2 juin 1941 » et d’avoir été déclarée comme telle « par erreur par son mari le 18 octobre 1940. » Or, le cachet « Juive » était apposée sur sa carte d’identité française et sur sa carte l’alimentation.
Elle fut emmenée le 19 février 1943 au camp de Drancy pour « Défaut d’insigne et Carte d’identité non timbrée ». Le 25 mars 1943, elle était dans le convoi n° 53 à destination du camp d’extermination de Sobibor (Pologne).
Centres de mise à mort Sobibor, Treblinka et Belzec ne furent pas libérés, Les déportés étaient assassinés dès l’arrivée. Dès 1943 les lieux furent démantelés par les SS, les installations détruites, les corps des victimes enterrés dans des fosses communes, puis déterrés et brûlés sur des bûchers à ciel ouvert. Quand l’armée Soviétique arriva, une forêt de jeunes pins dissimulait les lieux des crimes.
Les noms d’Isaak et Zivia Teper ont été inscrits sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article202971, notice TEPER Isaak par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 mai 2018, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Daniel Grason

Isaak Teper
Isaak Teper
Savigny-sur-Orge 25 avril 2021, Sébastien Teper avant l'hommage à Isaak et Zivia Teper assassinés à Auschwitz
Savigny-sur-Orge 25 avril 2021, Sébastien Teper avant l’hommage à Isaak et Zivia Teper assassinés à Auschwitz

SOURCES : Arch. PPo. 77W 587. – Site internet CDJC, documentation du Mémorial de la Shoah. – Sila Cehrelli, Témoignage du Khurbn. La résistance juive dans les centres de mise à mort Chelmo, Belzec, Sobibor, Treblinka, Éd. Kimé, 2013. – David Diamant, Combattants, héros & martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984, pp. 68-69. – Photographies transmises par Sébastien Teper que nous remercions.

Photographies : DAVCC Caen

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