MAUGRAS Paul

Par Claude Delasselle

Né le 19 août 1913 à Villy (Yonne), tué au combat le 2 août 1944 à Chablis (Yonne) ; cheminot ; résistant de Libération-Nord homologué FFI.

Stèle de Chablis
Stèle de Chablis

Paul Maugras fut embauché aux chemins de fer de l’État le 22 février 1937 comme ajusteur à l’essai à Trappes. Il passa ouvrier à Paris en juillet 1938. Il était marié et père de deux enfants et domicilié à Maisons-Alfort (Seine). En 1939, il fut mobilisé dans un régiment d’aviation. Après la défaite, il retrouva son poste à la SNCF puis devint sous l’Occupation, en juin 1943, chauffeur de route au dépôt de Villeneuve-Saint-Georges.
Réfractaire au STO originaire de Saône-et-Loire, avait rejoint dans l’Yonne le mouvement Libération-Nord, commandé par Jean Chapelle (« Verneuil »). Celui-ci avait décidé de rassembler tous les groupes dépendant de Libération-Nord, d’abord constitués dans le Tonnerrois et la forêt d’Othe, en un seul maquis, créé dans le Morvan, à la limite sud du département de l’Yonne. Fin juillet 1944, plusieurs convois de camions et de camionnettes acheminèrent des centaines de résistants vers ce maquis, installé aux Îles Ménéfrier, hameau de la commune de Quarré-les-Tombes.
Dans le Chablisien, où un groupe de volontaires était prêt à partir pour rejoindre les Îles Ménéfrier, un des adjoints de « Verneuil », le capitaine Émile Laureillard (« Edgar »), organisa une opération pour s’emparer d’un camion. Le 2 août au matin, Paul Maugras et Antoine Paissan , mitraillettes en main, réquisitionnèrent un camion du camp de munitions de Varennes (Yonne), dont ils firent descendre un homme et une femme. Ceux-ci donnèrent bientôt l’alerte au camp de Varennes et les Allemands envoyèrent alors deux camions chargés de troupes sur les routes de la région, à la recherche des « terroristes ».
En début d’après-midi, le groupe de résistants, après avoir caché le camion réquisitionné dans les environs de Chablis, reprit la route en direction de Maligny dans une camionnette conduite par Henri Fournier*, cafetier à Maligny. Ils tombèrent alors dans une embuscade montée par les Allemands, dissimulés dans un petit bois en bordure de la route, au lieu-dit Le Bas-de- Bougros. Paul Maugras et Antoine Paissan furent tués sur le coup, tandis qu’Émile Laureillard et Henri Fournier, blessés, furent capturés et incarcérés à la prison d’Auxerre. Émile Laureillard fut exécuté le 15 août 1944 à Merry-sur-Yonne et Henri Fournier fusillé le 20 août 1944 près de Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne).
Le nom de Paul Maugras figure, avec celui d’Antoine Paissan, sur la stèle édifiée sur les lieux de leur mort, en bordure de la route D 965, à environ deux km de Chablis. Il figure également sur le monument de Quarré-les-Tombes dédié « Aux morts FFI de la 3e demi-brigade et du 1er régiment du Morvan », et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre, sur la plaque commémorative 1939-1945 de la SNCF, à Paris XIIe arr. et sur le monument 1939-1945 au dépôt de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Il obtint la mention « Mort pour la France » apposée sur son acte de décès et fut homologué au grade de sergent des Forces françaises de l’intérieur (FFI) (dossier SHD GR 16 P 404933 non consulté).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203180, notice MAUGRAS Paul par Claude Delasselle, version mise en ligne le 17 mai 2018, dernière modification le 26 mars 2021.

Par Claude Delasselle

Stèle de Chablis
Stèle de Chablis

SOURCES : Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, p. 458-459. Gand Frédéric, notice « 2 août 1944 : l’embuscade du Bas-de-Bougros (Chablisien) », in CDrom La Résistance dans l’Yonne, AERI-ARORY, 2004. — Notice sans auteur dans le Mémorial des Cheminots victimes de la répression 1940-1945, sous la direction de Thomas Fontaine, Perrin/SNCF, Paris, 2017.— Mémoire des Hommes (dossier AC 21 P 92901 non consulté).— Mémorial GenWeb.

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