Chaméane, devenue commune de Le Vernet-Chaméane (Puy-de-Dôme), la bataille du maquis de Chaméane, 30 juillet 1944

Par Huguette Juniet

Le 30 juillet, les troupes allemandes attaquent le château de Chaméane où s’étaient réfugiés des FFI. Les combats firent 15 morts parmi les résistants.

Le château au centre des combats

Durant l’été, la guérilla précéda la Libération, une bataille sanglante opposa le 30 juillet 1944, l’armée allemande et les Unités FFI dans ce petit village de 200 âmes, perchés à 800 mètres d’altitude dans le Livradois . Quinze résistants qui cantonnaient dans le château perdirent la vie au cours de ce combat qui provoqua l’incendie du château classé monument historique.

Depuis le 26 juillet 1944, 55 combattants du FFI du 4ème Bataillon du Maquis d’Auvergne s’étaient retranchés au château de Chaméane. Leur séjour fut de courte durée.
C’est ainsi que le 30 juillet 1944, un convoi allemand fut repéré Sauxillanges (Puy-de-Dôme). Prévenus, les maquisards préparèrent précipitamment leur départ du château car l’ennemi devrait être vite là.
A 12h30, des colonnes allemandes venant de la direction de Sauxillanges, mais aussi des autres routes menant à Chaméane convergèrent vers le village (environ 800) L’affrontement s’avéra disproportionné, et le combat fit rage jusqu’à 16h30. Les témoignages sont rares, mais on sait que les résistants repoussèrent plusieurs attaques et que les survivants réussirent à évacuer les lieux.

Les maquisards blessés, incapables de s’enfuir furent achevés à coups de balles dans la nuque ou la tête. Les corps furent sommairement recouverts de terre par leurs bourreaux - 15 FFI trouvèrent la mort.

Avant et après le combat, les troupes allemandes commirent des pillages et des incendies dans la commune, favorisés par le départ précipité des habitants terrorisés. L’armée allemande dynamita le donjon qui s’effondra totalement dans les douves. Elle dépouilla de ses biens et incendia le château, propriété d’un duc italien, faisant disparaître à tout jamais de précieuses archives, pertes inestimables dont les plus vieux chartriers de la province.
Parmi les 16 victimes, une est considérée comme inconnue et avec le nom de guerre Tito. S’agit-il de Dominique Gabriel ?
Louis Germon, FFI, est mort au combat le lendemain sur la commune de Le Vernat-La-Varenne, aujourd’hui commune de Le Vernet-Chaméane. S’agit-il d’une des victimes des combats de Chaméane ?

Les 16 victimes, Mortes pour la France :

BAL André
BLAZY Emile
BOUILLON Paul
BOYER Lucien
GABRIEL Dominique
INCONNU Chaméane 2 TITO
JAUBOURG Olivier
FREDOT Robert
LETURGIE Jean
MASSIAS Gabriel
OMER René
Inconnu Chaméane 1 PICKWICK
PISSIS Robert
SALVATOR Gabriel
SANIAL Raphaël

BOYER Charles Gaston Ernest, blessé fut fait prisonnier et transporté à la villa René à Chamalières (Puy-de-Dôme) occupée par la Gestapo. Questionné et torturé son corps fut trouvé dans un charnier de l’aérodrome d’Aulnat après la libération de Clermont-Ferrand.

Valentin DAILLOUX, secrétaire de mairie à Chaméane, refusa de dénoncer les maquisards aux autorités. Par crainte de représailles, il s’enfuit, mais alors qu’il se dirigeait au Nord vers le Bouchet, il fut abattu par les Allemands.

Un monument commémoratif à Chaméane sur la D89, (à la sortie de Chaméane sur la route de Saint Etienne-sur-Usson) rappelle le drame en signalant 14 des 16 tués, Valentin Dailloux et Dominique Gabriel n’étant pas mentionné.
Un cénotaphe a été construit à Saint -Etienne-sur-Usson.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203182, notice Chaméane, devenue commune de Le Vernet-Chaméane (Puy-de-Dôme), la bataille du maquis de Chaméane, 30 juillet 1944 par Huguette Juniet, version mise en ligne le 24 mai 2018, dernière modification le 3 mai 2020.

Par Huguette Juniet

SOURCES : Arch. Dép. Puy-de-Dôme, Crimes de guerre 608 W 13. — Monument commémoratif de Chaméane. — Cénotaphe de Saint -Etienne-sur-Usson . — Pupitres de lecture sur les sites. — La Montagne.

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