FOURNIER Henri

Par Claude Delasselle

Né le 27 avril 1902 à Paris (XIVe arr.), exécuté sommairement le 20 août 1944 près de Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne) ; cafetier ; résistant sédentaire de Libération-Nord.

Stèle de la ferme des renards à Saint-Georges-sur-Baulche
Stèle de la ferme des renards à Saint-Georges-sur-Baulche

Henri Fournier, 42 ans, tenait un café dans le village de Maligny, dans la région de Chablis. Il faisait partie des résistants sédentaires de Libération-Nord et c’est dans son café que se réunissaient les membres de Libération-Nord de la région.
Vers la fin juillet 1944, Jean Chapelle (« Verneuil ») avait décidé de rassembler tous les groupes dépendant de Libération-Nord, d’abord constitués dans le Tonnerrois et la forêt d’Othe, en un seul maquis, créé dans le Morvan, à la limite sud du département de l’Yonne. Fin juillet 1944, plusieurs convois de camions et de camionnettes acheminèrent des centaines de résistants vers ce maquis, installé aux Îles Ménéfrier, hameau de la commune de Quarré-les-Tombes.
Dans le Chablisien, où un groupe de volontaires était prêt à partir pour rejoindre les Îles Ménéfrier, un des adjoints de « Verneuil », le capitaine Émile Laureillard->203180] (« Edgar ») organisa une opération pour s’emparer d’un camion. Le 2 août au matin, Paul Maugras et Antoine Paissan, mitraillettes en main, réquisitionnèrent un camion du camp de munitions de Varennes (Yonne), dont ils firent descendre un homme et une femme. Ceux-ci donnèrent bientôt l’alerte au camp de Varennes et les Allemands envoyèrent alors deux camions chargés de troupes sur les routes de la région, à la recherche des « terroristes ».
En début d’après-midi, le groupe de résistants, après avoir caché le camion réquisitionné dans les environs de Chablis, reprit la route en direction de Maligny dans une camionnette conduite par Henri Fournier. Ils tombèrent alors dans une embuscade montée par les Allemands, dissimulés dans un petit bois en bordure de la route, au lieu-dit Le Bas-de-Bougros. Paul Maugras et Antoine Paissan furent tués sur le coup dans la camionnette, tandis qu’Émile Laureillard et Henri Fournier, qui avaient tenté de s’enfuir dans les champs, furent blessés par une rafale de mitraillette. Capturés, ils furent emmenés et incarcérés à la prison d’Auxerre. Émile Laureillard fut exécuté le 15 août 1944 à Merry-sur-Yonne et Henri Fournier fusillé le 20 août 1944, avec quatre autres maquisards incarcérés à la prison d’Auxerre (René Boisanté*, Fernand Lamidé*, Louis Marchal* et André Pautras*), près de la ferme des Renards, à deux km de Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne).
Il fut homologué soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI) (dossier SHD Vincennes GR 16 P 231365).
Le nom d’Henri Fournier figure sur la stèle édifiée en bordure de la route D 965, à environ deux km de Chablis, au lieu-dit Le Bas-de-Bougros. Il figure également sur le monument aux morts de Maligny, sur le monument de Quarré-les-Tombes dédié « Aux morts FFI de la 3e demi-brigade et du 1er régiment du Morvan », et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Une stèle édifiée au bord de la D 89, près de la ferme des Renards, à Saint-Georges-sur-Baulche, rend hommage, sans les nommer, aux cinq maquisards fusillés le 20 août 1944 à cet endroit.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203250, notice FOURNIER Henri par Claude Delasselle, version mise en ligne le 18 mai 2018, dernière modification le 26 mars 2021.

Par Claude Delasselle

Stèle de la ferme des renards à Saint-Georges-sur-Baulche
Stèle de la ferme des renards à Saint-Georges-sur-Baulche
Stèle de Chablis

SOURCES : Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, p. 458-459. — Gand Frédéric, notice « 2 août 1944 : l’embuscade du Bas-de-Bougros (Chablisien) », in CDrom La Résistance dans l’Yonne, AERI-ARORY, 2004. — Mémorial GenWeb.

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