L’HOSTIS François, Marie

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 10 mars 1925 à Plounévezel (Finistère) ; pendu à Saint-Caradec (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) le 9 juin 1944 par des parachutistes de la Wehrmacht ; célibataire ; FTP.

Fils de Joseph L’Hostis et de Jeanne Guerc’h.
Depuis le jour du débarquement des Alliés le 6 juin 1944 en Normandie, les militaires de l’armée d’occupation tentèrent de rejoindre le Front de Normandie, la Résistance les harcela rendant leurs déplacements difficiles voire impossibles. Le 8 juin 1944, une dizaine de jeunes résistants FTP étaient attablés dans la ferme de la famille Mevel à Lamprat en Plounévézel (Finistère) dont le mari Yves fut le maire de la commune. A 12h20, un camion chargé de parachutistes de l’armée allemande venus pour réquisitionner des charrettes afin de transporter leur matériel surgit provoquant la panique dans le groupe.
Remarquant l’attitude affolée des jeunes gens, les Allemands ordonnèrent immédiatement une fouille tout en encerclant les abords de la ferme. Eugène Léon, trouvé porteur d’une arme, tenta de fuir, mais fut abattu dans la cour de la ferme atteint par une balle explosive qui le tua sur le coup. Jean Manach et Georges Auffret parvinrent à se cacher dans la cheminée agrippés aux parois. Au bout d’un moment Georges Auffret ne put plus tenir, il rejoignit ses camarades arrêtés, Jean Manach qui ne fut pas découvert eut la vie sauve.

Avant de quitter les lieux la ferme fut pillée et incendiée. Les Allemands conduisirent avec eux les huit Résistants avec des gens du village pris en otage, soit une vingtaine de personnes. Parmi eux un homme au service des Allemands, il les aida à faire un tri parmi les personnes arrêtées.
Arrivés à Penhoat en Carhaix, beaucoup d’entre eux furent martyrisés à coups de gourdins. Les neuf Résistants FTP les mains attachées dans le dos poursuivirent leur calvaire. Les autres personnes prirent la direction de la maison d’arrêt de Carhaix où elles furent libérées le lendemain.
Les neuf FTP victimes des parachutistes allemands furent dans l’ordre d’exécution : Jean Le Dain, Eugène Léon, Georges Auffret, Marcel Goadec, Georges Le Naëlou, Louis Briand, Marcel Le Goff et Marcel Bernard. François L’Hostis fut parmi les victimes.
Le 9 juin 1944, à 16h30, François L’Hostis fut martyrisé et pendu par les Allemands à un support électrique sur la place de l’église au bourg de Saint-Caradec. Après l’avoir fait monter à une échelle placée le long du mur d’un café, les Allemands le pendirent sous les yeux de la population rassemblée et atterrée, non sans l’avoir copieusement insulté et roué de coups. Afin d’allonger la durée de sa souffrance, un fil passant entre ses jambes fut relié au nœud coulant entourant son cou. Une photo de la scène fut prise.
Avant leur départ les Allemands donnèrent l’ordre au maire de ne descendre le cadavre qu’à l’expiration du 3ème jour. Un panneau fut accroché à son cou par ses tortionnaires, sur lequel on pouvait lire : "Voilà ce que nous faisons à celui qui nous tire dans le dos ; celui-ci était le chef d’un groupe de terroristes". Le 12 juin 1944 le corps de François L’Hostis fut descendu et ce n’est que plusieurs semaines plus tard qu’il fut identifié.
François L’Hostis avait 19 ans, il fut la 9ème des neuf victimes de ce groupe de parachutistes de la Wehrmacht, Son nom figure sur La plaque de François L’Hostis, place du Martray, en Saint-Caraedc et sur Les deux stèles et l’une des huit plaques des Patriotes pendus entre Carhaix (Finistère) et Saint-Caradec.
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Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203560, notice L'HOSTIS François, Marie par Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 14 juillet 2018, dernière modification le 27 janvier 2021.

Par Alain Prigent, Serge Tilly

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor 2W236 – Alain Prigent et Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944, Les Lieux de Mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°10 (2004) et n°11 (2005).

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