LECLAIR Lucien

Par Jean-Marie Guillon

Né le 15 octobre 1904 à Exeter (Royaume-Uni) ; charpentier-cimentier ; militant communiste et syndicaliste de Martigues (Bouches-du-Rhône) ; déporté.

Fils de François Leclair et de Marie Maquignon, marié le 8 avril 1938 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) avec Julienne Armitrano, père d’un enfant, divorcé, il était charpentier-cimentier à Saint-Jean-de-Martigues (commune de Martigues). Il avait fait son service militaire au 28e RAC à Mayence (Allemagne). Communiste « notoire » d’après la police de Martigues, il était secrétaire du syndicat du bâtiment de la localité auquel il avait adhéré en 1936 et avait été trésorier du comité de Front Populaire. Mobilisé le 2 septembre 1939 au 202e RACL, démobilisé le 13 juillet 1940, il fut condamné, comme Jean Li Bassi, à une amende par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en 1941 pour atteinte au moral de l’armée et des populations. Il fut l’objet d’une première proposition d’internement administratif par le commissaire de police de Martigues, le 11 mars 1941, après la diffusion de papillons de la JC. La deuxième intervint en réponse à la diffusion d’affichettes à l’effigie de Staline dans Martigues dans la nuit du 18 au 19 septembre 1941. En dépit d’une perquisition sans résultat, le préfet régional prit un arrêté d’internement administratif au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), le 7 octobre, contre lui et d’autres militants connus (Jean Li Bassi, Jean Parédès, Maurice Tesse). Interrogé en vue de sa libération, le 22 juillet 1942, il déclara avoir démissionné du syndicat car il n’avait pas fait la grève du 30 novembre 1938, il nia avoir adhéré à un parti politique, condamna le parti communiste et la IIIe Internationale, et se prononça contre le pacte germano-soviétique, il dit être disposé à signer l’acte de loyalisme au gouvernement et s’engagea à suivre le Maréchal dans sa politique de redressement national. Compte tenu de sa bonne conduite, le chef de camp donna un avis favorable à sa libération. Il ne fut pas libéré pour autant. La demande fut examinée par les Renseignements généraux le 9 septembre 1942 qui rappelèrent « ses « opinions extrémistes » d’avant guerre et ses condamnations. Affecté au détachement d’internés de Rabastens (Tarn), il s’évada le 29 mars 1943. Il fut arrêté par es Allemands un peu plus tard et fit partie du convoi parti de Compiègne le 22 mars 1944 vers le camp de Mathausen. Affecté à Ebensee, il fut libéré en 1945.
Il obtint après guerre le statut de déporté et interné de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203663, notice LECLAIR Lucien par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 22 mai 2018, dernière modification le 14 février 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 W 196 (dossier internement) et 76 W 111. — site internet Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 349324 (nc). — Rouge Midi, organe régional du Parti communiste, (BNF Gallica). —Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’occupation : Martigues, 1939-1945, Martigues, Centre de développement artistique et culturel, 1986, p. 102, 104 et 155. — Notes de Louis Botella.

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