HANSCHUH Oscar

Par Daniel Grason

Né le 2 mai 1896 à Budapest (Hongrie), mort en 1981 ; tailleur pour dames ; déporté à Auschwitz (Pologne) ; militant de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) ; victime de l’antisémitisme.

Oscar Hanschuh était marié à Victoria Seifer, le couple eut deux enfants Louis et Eugène, tous vécurent longtemps au 20 rue Chapon à Paris (IIIe arr.). Tailleur de profession, il gagnait environ trente mille francs par an. Du fait de la répression antisémite, il demeurait avec sa famille dans un appartement situé au 4e étage du 53-55 rue des Petites-Écuries à Paris (Xe arr.).
Sa carte d’identité d’étranger fut découverte dans le sac à main de Gitla Frenkiel le 31 décembre 1942. Le même jour deux inspecteurs de la BS1 interpellèrent outre Oscar Hanschuh et son épouse Victoria, ses fils Louis et Eugène, Rose Berkovitch fiancée de Louis, et un employé Salomon Mortkovitch. Fouillé Oscar Hanschuh portait sur lui une reproduction d’un document écrit en polonais.
Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissaient : une brochure intitulée « Mon livre favori » intitulée « L’autre tentation » par Max Dervioux, un tract format 10,5 x 16,5 centimètres intitulé « Français, attention », « le Bulletin d’information » du 17 septembre 1942 de huit pages ronéotypées édité par le Parti communiste clandestin, l’Humanité n° 180 du 18 septembre 1942, deux exemplaires de la Vie Ouvrière n° 105 du 16 septembre 1942, un tract ronéotypé « Appel au Corps enseignant Français », deux tracts ronéotypés « Catholiques français écoutez la voix de vos Évêques », deux tracts ronéotypés « Lettre aux militants communistes » concernant le travail dans la main d’œuvre immigrée, et un exemplaire La Vie du Parti d’août 1942 (14 pages ronéotypées).
Dans un couvre-livre en cuir posée sur la cheminée d’une chambre, un formulaire en blanc d’une carte d’identité française portait une photographie de femme revêtue du cachet de la Préfecture de la Nièvre. Dans l’atelier sur la cheminée, il était trouvé un exemplaire ronéotypé de La Vie Ouvrière n° 118 du 18 décembre 1942, L’Humanité n° 193 du 18 décembre 1942. Le tout était saisi ainsi qu’un poste de TSF qui fut remis au commissariat de la Porte Saint-Denis.
La visite du domicile de la famille Handschuh au 20 rue Chapon (IIIe arr.) s’avéra infructueuse, l’appartement était vide et ne contenait que quelques bibelots. Tous étaient en infraction avec les ordonnances allemandes du fait qu’ils vivaient dans aux 53-55 rue des Petites-Écuries.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il fut interrogé sur les raisons de son changement de domicile, Oscar Hanschuh répondit qu’il avait déménagé pour « se soustraire aux recherches à l’égard des juifs. » Quant aux tracts édités par le parti communiste qui furent saisis, il déclara : « Je ne m’explique pas la provenance chez moi de ces documents communistes », précisant « je n’ai jamais fait de politique ni en Hongrie ni en France. »
Incarcéré, puis interné au camp de Drancy, il était le 20 novembre 1943 dans le convoi n° 62 de 1200 déportés à destination d’Auschwitz (Pologne). 914 détenus femmes et hommes furent gazés dès l’arrivée, 241 hommes et 45 femmes sélectionnés par la suite subirent le même sort. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1944, il ne restait que 29 survivants dont 2 femmes.
Oscar Hanschuh était parmi les rescapés, il mourut en 1981.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203845, notice HANSCHUH Oscar par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 mai 2018, dernière modification le 27 mai 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 498-194048, PCF carton 13 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 janvier 1943. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Éd. Romillat, 1992. – David Diamant, Par-delà les barbelés, 1986. – Site internet CDJC.

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