HANSCHUH Louis alias HOUDAN Charles

Par Daniel Grason

Né le 17 mai 1920 à Budapest (Hongrie), mort le 15 novembre 2009 à Paris XVIIe arrondissement ; tailleur pour dames ; communiste ; membre des Auberges de Jeunesse ; résistant FTP ; interné au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) ; victime de l’antisémitisme ; évadé du train à destination d’Auschwitz (Pologne).

Fils d’Oscar et de Victoria, née Seifer, Louis Hanschuh habita avec ses parents et son frère 20 rue Chapon à Paris (IIIe arr.). La multiplication des rafles contre les juifs, la famille déménagea en septembre ou octobre 1943 au 55, rue des Petites-Écuries dans le Xe arrondissement. Louis Hanschuh alla à l’école primaire dans le IIIe arrondissement, il obtint le CEP. Il travaillait avec son père, et gagnait deux mille francs par mois.
Lors de son arrestation le 30 décembre 1942 dans la XIVe arrondissement à la station de métro Plaisance, Gitla Frenkiel détenait dans son sac à main la carte d’identité d’étranger valable jusqu’au 5 décembre 1942, de Louis Hanschuh avec la carte un papier ainsi libellé « carte Charles responsable secteur à proroger ».
Sous couvert d’anonymat une personne indiqua aux policiers que Louis Hanschuh connu sous son prénom pourrait habiter vers les numéros 50 de la rue des Petites-Écuries. Il a été appréhendé le 31 décembre 1942 avant midi au 55 de cette rue, il y habitait avec ses parents sous le nom de Charles Houdan. Toute la famille fut interpellée. Fouillé, Louis portait sur lui une feuille de papier annotée, le Bulletin d’information n° 18 de décembre 1942 édité par le Parti communiste clandestin, une liste de souscription de solidarité aux victimes du fascisme, ainsi que mille francs.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, Louis Hanschuh déclara qu’il avait « satisfait aux lois et décret qui régissent le séjour des étrangers et les personnes juives. » Il était titulaire de la carte d’identité d’étranger délivrée le 6 décembre 1939 par la Préfecture de police, elle n’était plus valide depuis le 1er décembre 1942.
Il déclara qu’il n’avait jamais fait de politique, et jamais avoir été membre d’un parti politique. Louis Hanschuh ne s’expliquait pas que sa carte d’identité d’étranger ait été trouvée en possession de Gitla Frenkiel, il affirma « Je ne connais pas cette femme. » Quant aux quelques notes figurant sur une feuille de papier pour l’établissement de fiches, il indiqua qu’il s’agissait de « campeurs appartenant ou ayant appartenu ou encore candidats au club « Les Amis de la Nature » dont le siège [était] rue Blondel. »
Concernant le Bulletin d’information, il devait le lire et le brûler. Quant à la liste de souscription en faveur des victimes du racisme, elle devait servir à collecter des fonds auprès de souscripteurs éventuels.
Louis Handschuch a été inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 modifié par la loi du 31 décembre 1941 pour « menées communistes », pour faux en matière de carte d’identité française, pour infraction à la 8e ordonnance des autorités allemandes en France pour ne pas avoir porté l’étoile jaune.
Incarcéré, puis interné au camp de Drancy sous le matricule 886, Louis Handschuh fut l’un de ceux qui creusèrent un tunnel pendant deux mois pour s’échapper du camp. Mais ils furent découverts.
Il était dans le convoi n° 62 le 20 novembre 1943 au départ de Drancy. Mille deux cents déportés étaient dans ce train, Louis Hanschuh et plusieurs de ses camarades sautèrent du train aux environs de Bar-le-Duc dans la Meuse.
Parmi les évadés, il y avait Maurice Kalifat, Michel Sciama, Robert Blum, Serge Bouder, André Ullmo, Claude Aron, Jean-Cahen Salvador, Georges Gerschel, Roger Gerschel, Eugène, Louis et Oscar Hanschuh.
Neuf cent quatorze femmes et hommes furent gazés dès l’arrivée, 241 hommes et 45 femmes sélectionnés subirent le même sort. Le 27 janvier 1945 l’armée Soviétique libérait le camp d’Auschwitz, ils étaient 29 déportés dont 2 femmes de ce convoi à être vivants.
Louis Hanschuh a été homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Il mourut le 15 novembre 2009 à Paris (XVIIe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203906, notice HANSCHUH Louis alias HOUDAN Charles par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 janvier 2022, dernière modification le 24 janvier 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 498-194048, PCF carton 13 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 janvier 1943. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Éd. Romillat, 1992. – David Diamant, Par-delà les barbelés, 1986. – Site internet CDJC. - Site internet Match ID. – Nos remerciements à Monsieur Gérard Handschuh fils de Louis Handschuh pour les précisions qu’il nous a communiquées.

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