MORTKOVITCH Salomon

Par Daniel Grason

Né le 24 mars 1901 à Wielum dans la région de Lodz (Pologne) ; mécanicien tailleur ; déporté sur l’Ile anglo-normande d’Aurigny ; évadé le 30 août 1944 de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ; victime de l’antisémitisme.

Fils de Mordko et de Golda, née Salomonovitch, Salomon Mortkovitch vint avec ses parents en 1905 en France. Il épousa le 10 juillet 1926 Lucie, Amélie Hauchemaille, employée de Bureau, en mairie du XVIIIe arrondissement de Paris.
Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939, il s’engagea dans l’armée française, mais ne fut pas appelé. Le couple vivait 107 rue des Couronnes à Paris (XXe arr.). Salomon Mortkovitch était titulaire d’une carte d’identité d’étranger valable jusqu’au 31 décembre 1942 portant la mention « Juif ».
Le 31 décembre 1942 des inspecteurs des Renseignements généraux vinrent au 55 rue des Petites-Écuries (Xe arr.) dans l’atelier de la famille Handschuch (Oscar, Louis et Eugène) dans lequel il travaillait. Interrogé le 2 janvier 1943 par des inspecteurs de la BS1, il affirma ne jamais avoir été membre d’un parti politique ni d’un syndicat. Il connut la famille Handschuch quand elle vivait au 20 rue Chapon (IIIe arr.).
Depuis quelques mois il effectuait pour eux chaque jour deux heures de travaux de presse. Il déclara « Je travaillais dans une pièce réservée au travail de presse et je n’ai jamais entré dans l’appartement proprement dit. Je n’ai jamais remarqué si ces personnes détenaient des tracts ou brochures à caractère politique. D’autre part ils s’exprimaient toujours en langue hongroise, langue que je ne connais pas. »
Il avait remarqué que la plaque posée sur la porte de l’appartement portait le nom de « Houdan », mais il n’en parla pas à Oscar Handschuch. Sa carte d’identité était périmée depuis le 31 décembre, il affirma qu’il comptait la faire renouveler après les fêtes.
Dans l’atelier où il travaillait un exemplaire ronéotypé de La Vie ouvrière et un de l’Humanité avaient été saisis. Les policiers en conclurent qu’il ne pouvait l’ignorer. Salomon Mortkovitch a été inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 qui réprimait « l’activité communiste ».
Mis à la disposition des Autorités allemandes le 9 janvier 1943, Salomon Mortkovitch a été déporté sur l’île d’Aurigny, transféré à Boulogne-sur-Mer, il s’évada le 30 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203939, notice MORTKOVITCH Salomon par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 mai 2018, dernière modification le 29 mai 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 498-194048, PCF carton 13 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 janvier 1943. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Éd. Romillat, 1992. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet CDJC. – État civil Paris 18e arr. acte n°517 numérisé 18M 547 (acte de mariage).

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