MASSART Charles.

Par Bernard Dandois

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 18 mai 1877 – Le Cannet (Département des Alpes-Maritimes, France), 1er février 1964. Professeur à la Centrale d’éducation ouvrière, militant du Parti ouvrier belge, cofondateur du journal L’Exploité, cofondateur du Parti communiste belge ; émigre en France en 1922, collaborateur à L’Humanité.

Le père de Charles Massart qui est menuisier à la Fabrique Simonis, veut donner à son fils une éducation solide. Il l’inscrit à l’école des jésuites à Verviers. À dix-huit ans, Charles Massart devient employé à la Régie des télégraphes. En 1906, il donne des conférences sur le lock-out à la mutuelle. En 1908, il épouse une protestante. Il devient libre-penseur – de même que son épouse – et franc-maçon.

En 1909, Charles Massart s’inscrit à l’Université nouvelle de Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) où il décroche un diplôme de docteur en sciences sociales. La fin de ses études en 1912 marque son entrée au Parti ouvrier belge (POB).

En avril 1913, Charles Massart est nommé professeur permanent et administrateur des écoles de langue française de la Centre d’éducation ouvrière (CEO) du POB. La déclaration de guerre en août 1912 amène la dissolution de la CEO qui reprend les cours en 1915, sous la direction de Massart.

Dès novembre 1918, Charles Massart soumet à la Fédération bruxelloise du POB un ordre du concluant à la nécessité de repousser toute collaboration ministérielle et demandant de se placer uniquement sur le terrain de la lutte des classes. Le 26 décembre 1918, lors du Congrès du POB, Massart, délégué de la Fédération bruxelloise, annonce le rejet par la majorité des Bruxellois de la participation du POB au gouvernement d’union (Delacroix I du nom du Premier ministre, le catholique Léon Delacroix, mis en place le 21 novembre 1918). En 1919, il démissionne de ses fonctions au sein de la CEO en raison de son désaccord sur la ligne politique du parti. En 1920, il se range aux côtés de Joseph Jacquemotte, parmi les minoritaires du POB qui fondent le journal de l’opposition de gauche, L’Exploité. Au Congrès extraordinaire du POB qui se tient à la Toussaint 1920, Charles Massart reprend la proposition votée lors du Congrès de la Fédération bruxelloise. Adoptée par 128 voix contre 29, elle demande le retrait pur et simple de la IIème Internationale et la constitution d’une Internationale unique « réalisant l’union de tous les partis socialistes révolutionnaire » (Parti ouvrier belge – Conseil général. Compte rendu officiel du Congrès extraordinaire de Toussaint tenu les 30, 31 octobre, 1er décembre 1920 en la Maison du peuple de Bruxelles, Bruxelles, 1920, p. 13-17.)

Le 3 janvier 1921, Charles Massart entre comme secrétaire de rédaction au journal L’Exploité. Il participe aux trois congrès des Amis de l’Exploité, où il présente à chaque fois le rapport politique. Il est le délégué de cette organisation au Congrès du Parti communiste français de mai 1921. Massart est vraisemblablement l’auteur du Programme de l’Action socialiste-révolutionnaire en Belgique publié aux Éditions socialistes à Bruxelles en 1921 et présenté au troisième Congrès des Amis de l’Exploité. Ce congrès préconise l’adhésion à l’Internationale communiste (IC). Charles Massart prend une part active au Congrès de fusion des groupes communistes qui se tient à Bruxelles les 3 et 4 septembre 1921. Cette rencontre marque la fondation du Parti communiste (PCB) comme section belge de l’IC. Le 27 septembre 1927, Massart devient rédacteur au Drapeau rouge, journal du PCB qui vient d’être fondé. Il y collabore assidûment en fournissant surtout des articles sur les questions de doctrine et d’éducation socialiste.

En 1922, Charles Massart part pour Paris où il travaille à la rédaction de L’Humanité, journal du PCF. Il continue à envoyer en Belgique des articles sur la situation du mouvement ouvrier français. Il part ensuite aux Éditions sociales où il reste jusqu’en 1950. Parallèlement, il donne des cours d’éducation dans la région parisienne ; il est contraint d’y renoncer en 1928 en raison d’une menace d’expulsion.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204132, notice MASSART Charles. par Bernard Dandois, version mise en ligne le 6 juin 2018, dernière modification le 14 janvier 2020.

Par Bernard Dandois

ŒUVRE : Les critiques du marxisme, Gand, 1914 – La Belgique socialiste et communiste, préface d’A. Dunois, Paris, 1922.

SOURCES : CArCoB, Archives et bibliothèque de Charles Massart – KAPANCI S., « Massart Charles », dans Site du CArCoB.

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