COLOMER Lucien, Marcel

Par Jacques Girault

Né le 24 juillet 1914 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), mort le 25 septembre 2007 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; professeur de l’enseignement technique professionnel ; militant syndicaliste du SNETP-CGT ; militant communiste, conseiller municipal de Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) en 1945.

Fils d’un négociant, Lucien Colomer fréquenta le cours complémentaire de Rivesaltes et entra à l’École normale d’instituteurs de Perpignan (Pyrénées-orientales) en 1932. Il enseigna dès 1935 dans diverses communes de Seine-et-Oise, Paray-Douaiville (octobre 1935), Viroflay (1935-1941).

Militant communiste, Lucien Colomer fut Suspendu en mai 1941, puis condamné par le tribunal correctionnel de Versailles à quatre mois de prison et cent francs d’amende et révoqué de l’enseignement par arrêté du 25 septembre 1941. Il fut interné au centre de séjour surveillé d’Aincourt puis de Voves en Eure-et-Loir. Il demanda sa réintégration dans l’enseignement puisqu’il participait aux cours donnés dans le centre. Si sa lettre annonçait son intention de s’« abstenir de toute activité à caractère politique », le préfet refusa car il refusait de « donner des assurances indispensables sur son reniement des doctrines communistes ».
Il retrouva son poste de Viroflay en septembre 1945 et devint professeur d’enseignement général dans l’enseignement technique professionnel en octobre 1946 au centre d’apprentissage de Clamart. Il fut muté dans un centre d’apprentissage de Perpignan en octobre 1947.

Colomer s’était marié en décembre 1945 à Épône (Seine-et-Oise).

Membre du Syndicat national des instituteurs avant-guerre, il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique (branche apprentissage) qui resta à la CGT en 1948. Il devint le secrétaire départemental du SNETP-CGT de 1959 à 1964. Secrétaire régional pour l’académie de Montpellier, il participa à la commission administrative nationale du syndicat (1957-1959). Il était aussi le responsable départemental de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires.

À la Libération, Colomer habitait Versailles. Secrétaire général de la caisse des écoles, il fut élu conseiller municipal de Versailles (Seine-et-Oise), le 13 mai 1945, avec 15 022 suffrages exprimés, sur la liste Labeyrie « antifasciste d’union républicaine et de résistance ». La presse commentait, « pour la première fois le Parti communiste entre en force au conseil municipal ». Sur la liste, il était indiqué comme « ancien interné politique ». Réélu le 19 octobre 1947 sur la « liste d’Union républicaine et résistante de défense des intérêts communaux » avec 8 247 voix et signes préférentiels, avec neuf autres minoritaires, il donna sa démission à la séance du 7 juin 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20421, notice COLOMER Lucien, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 novembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F1a 3220. — Arch. Dép. Yvelines (dossier dépouillé par Aline Fergant). — Arch. com. Versailles (Corinne Hubert). — Arch. du SNETP-CGT (A. Fergant).

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