COMBATALADE Jacques, Pierre, Joseph [« X 5 » du réseau « Morhange », Toulouse] alias "Jacky", "Crillon", "Kiki", "Kleber", "Lucien" dans la clandestinité

Par André Balent, Claude Pennetier

Né le 29 septembre 1917 à Decazeville (Aveyron), mort le 29 avril 1984 à Toulouse (Haute-Garonne) ; administrateur de sociétés puis fonctionnaire de police ; président de la section de Haute-Garonne de la Fédération des anciens résistants ; résistant de la Haute-Garonne (groupe Morhange, FTP) ; adhérent du PSU

Jacques Combatalade fut administrateur des sociétés de construction à Toulouse (Haute-Garonne) puis commissaire de police.
Il était entré dans la Police nationale dès sa création en 1941. D’bord inspecteur il fut affecté en Saône-et-Loire sur la ligne de démarcation. Il fut rapidement muté à Toulouse où il fut sous les ordres du commissaire principal François Dedieu, originaire d’Anduze (Gard), favorable à la Résistance et qui soutint les actions de Morhange avant d’être muté à Clermont-Ferrand.

Résistant, il appartint au groupe Morhange, un groupe d’action spéciale rattaché à l’antenne toulousaine du contre espionnage de l’armée d’armistice camouflé sous la raison sociale des "Travaux ruraux" (TR). Ce SR passé à la résistance était dirigé par le commandant Paul Paillole qui fut exfiltré par les TR en Afrique du Nord par la frontière des Pyrénées-Orientales et qui continua de le diriger depuis Alger.

L’activité du réseau Morhange était organisée depuis Toulouse et, accessoirement depuis L’Isle-Jourdain (Gers). Dans le cadre du groupe Morhange spécialisé dans les activités de contre-espionnage visant les milieux collaborationnistes et le dispositif allemand, Combatalade participa à l’arrestation du traitre Dibinger, ancien adjudant de l’armée de l’Air devenu un indicateur de la Sipo-SD. Il participa à son interrogatoire avant de l’exécuter Il en fit de même avec un autre traitre, Miquel ; Finalement, Combatalade fut le protagoniste de dix-sept actions d’élimination d’agents travaillant pour les services allemands (police, douane, armée). Dans ces actions il fut souvent accompagné par Léo Hamard. Pour le réseau Mohrange et plus généralement pour les Travaux ruraux, Combatalade supervisa les filières les filières d’évasion vers l’Espagne, via Perpignan( Pyrénées-Orientales)

Combatalade fut aussi, à Toulouse, un des informateurs du Service B, service de renseignements des FTPF.

Le 2 juin 1944, il conduisait une voiture, une Traction, dans laquelle se trouvait Achille Viadieu, cheminot, agent du réseau Morhange passé dans la clandestinité et recherché. Ils devaient surveiller depuis leur automobile une action du groupe de Morhange prévue sous l’horloge de la place du Capitole. Ils aperçurent des policiers allemands et des auxiliaires français de la Sipo-SD. Combatalade, au volant, démarra afin de prévenir les membres du groupe. Viadieu fut reconnu par des agents de la Sipo-SD. Ils mitraillèrent la Traction qu’ils poursuivirent. Combatalade essaya de les distancer. Mais son véhicule dérapa alors qu’ils se trouvaient dans la rue des récollets. Viadieu fut fauché par une rafale de mitraillette alors qu’il sortait du véhicule alors que Combatalade, blessé, fut capturé. Achille Viadieu fut abattu au numéro 65 de la rue qui porte aujourd’hui son nom. Combatalade fut brutalisé après avoir été pris. Il fut conduit au quartier allemand de la prison Saint-Michel où il fut confronté avec Marcel Mercié, autre agent du réseau Morhange qui fut le dernier à l’avoir vu vivant avant son exécution à Castelmaurou. Afin d’être soigné de ses blessures, il promit de faire des révélations à ses geôliers de la Sipo-SD et accepta de signer un engagement dans la "Strosstrupp" de la police allemande. Admis à la section allemande de l’hôpital Purpan de Toulouse, il réussit à faire passer un message à des camarades résistants. Le 1er juillet 1944, un commando comprenant Pierre Rous (de Morhange), Yvon Valat et Odette Cayla réussirent à le faire évader alors qu’il sortait de l’hôpital vêtu d’un bleu de travail, un béret basque sur la tête et une musette dans le dos.

Après la Libération, Jacques Combatalade capitaine des FFI et récent commissaire de la direction de la Surveillance du territoire, a procédé, le 1er septembre 1944, à l’interrogatoire de Georges Pujol, inspecteur des Renseignements généraux à Montauban, résistant retourné d’un groupe franc des MUR qui provoqua non seulement l’arrestation de Marcel Mercié mais aussi celle de Jean-Marie Ducasse et de Jean-Baptiste Giorgetti.
Selon Faligot et Kauffer, il occupait, en 1963, les fonctions de président de la section de Haute-Garonne de la Fédération des anciens résistants et appartenait à l’Association des anciens des services spéciaux de la défense nationale (ASSDN). Membre du Parti socialiste unifié, il adhéra au Parti socialiste SFIO en mai 1968.

La commune d’Auterive (Haute-Garonne) honora la mémoire du résistant Jacques Combatalade en nommant une ses voies rue Jacky-Combatalade.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20437, notice COMBATALADE Jacques, Pierre, Joseph [« X 5 » du réseau « Morhange », Toulouse] alias "Jacky", "Crillon", "Kiki", "Kleber", "Lucien" dans la clandestinité par André Balent, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er août 2020.

Par André Balent, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 3351 W 712, audition de Georges Pujol par Jacques Combatalade, Toulouse, 1er septembre 1944. — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Toulouse, dossier Castelmaurou, extraits de la déclaration (1er septembre 1944) de Georges Pujol, agent de la Sipo-SD, après son arrestation. — Véronique Desormeaux, Cédric Neveu, « Viadieu Achille », in Thomas Fontaine (dir.), Cheminots victimes de la répression 1940-1945. Mémorial, Paris, Perrin/SNCF, 2017, 1763 p. [p. 1478]. — Roger Faligot et Rémi Kauffer, Service B, Paris, Fayard, 1985. — Michel Goubet, « Les activités du réseau Mohrange », La Résistance dans la Haute-Garonne, Paris, AERI, CDROM. — Courriels de Jean-Daniel Gaudais, 14 février 2018.

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