BELLI Joseph

Par Jean-Marie Guillon

Né le 22 novembre 1904 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) ; employé de banque ; communiste ; secrétaire régional de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) des Bouches-du-Rhône.

Fils de Robert Belli et de Françoise Tagliaglioli, Joseph Belli était employé à la Société lyonnaise de dépôts & de crédit industriels à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il était marié à Yvonne Seignon dont il eut quatre enfants : Robert né en 1939, Michel né en 1940 et décédé 1941, Michelle née en 1943 et Mireille née en 1949. Militant communiste depuis 1935, il était le secrétaire du comité régional de la FSGT pour la Provence en avril 1938. Mobilisé le 8 septembre 1939, il fut libéré le 17 juillet 1940. D’après la police, il participait à la reconstitution clandestine du PC dans l’été 1940. « De source certaine », cotisant à 2e section, il était l’un des responsables des quartiers Belle-de-Mai et Bon-Secours au centre-ville. Il fut perquisitionné et arrêté le 19 octobre dans le cadre de l’affaire Barbé-Laffaurie. Déféré devant la justice militaire, il bénéficia d’un non lieu le 26 mars 1941. Alors qu’il devait être mis en liberté provisoire le 14 novembre 1940, il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif le 9 novembre, comme les camarades qui se trouvaient dans cette situation. Comme eux, il fut envoyé au camp de Chibron (commune de Signes, Var). Son attitude au camp fut jugée correcte, mais, le 21 janvier 1941, il quitta le camp sans autorisation pour téléphoner à Signes, son deuxième enfant ayant opéré la veille et se trouvant dans un état inquiétant (il mourut le 30). Interpelé par les gendarmes, il fut considéré comme ayant voulu s’évader et fut condamné à de la prison par le tribunal correctionnel de Toulon (Var), le 12 février. Il fit appel de ce jugement et fut transféré au camp de Sulpice-la-Pointe (Tarn) à la dissolution de Chibron trois jours après. La Police spéciale donna un avis défavorable à sa libération le 6 mars et le réitéra le 2 mai 1941, bien que considérant qu’il n’avait pas voulu s’évader, mais qu’il était légitimement troublé par l’état de son enfant. Le commissaire de cette police revint sur sa décision le 11 juin en précisant qu’il paraissait « amendé ». Un arrêté de libération fut signé par le préfet le 24 juin, mais Joseph Belli ne fut pas libéré. Le chef de camp avait émis en juin un avis défavorable car, selon lui, il n’avait pas renié ses conviction et il avait pris part aux incidents du 2 avril (la protestation contre la déportation en Algérie de certains internés). Par ailleurs, la cour d’appel d’Aix-en-Provence le condamna le 3 juillet à deux mois de prison avec sursis. Un nouvel arrêté de libération fut finalement signé par le préfet régional le 28 novembre 1941.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204395, notice BELLI Joseph par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 17 juin 2018, dernière modification le 27 avril 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 W 165 (dossier d’internement). — Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 45107 (nc). — Rouge Midi, organe régional du Parti communiste, 1er avril 1938 (BNF Gallica). — Notes de Louis Botella. — Sources familiales.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément