COMBE Louis, François

Par Gilles Morin

Né le 8 mars 1908 à Gap (Hautes-Alpes), mort le 8 août 1990 à Gap ; répétiteur, puis adjoint d’enseignement ; militant syndicaliste CGT et socialiste SFIO des Hautes-Alpes, puis des Basses-Alpes [Alpes-de-Haute-Provence].

Appartenant à une famille de six enfants, Louis Combe fut déclaré pupille de la nation le 25 septembre 1920. Boulanger à Gap, le père, Jean Marie Florimond Casimir, mobilisé le 2 août, avait été renvoyé dans ses foyers le 11 novembre 1914, réformé le 10 septembre 1915 pour bronchite chronique et emphysème, et proposé pour une pension d’invalidité le 7 juillet 1920, peu avant de décéder le 4 septembre.
Répétiteur au collège d’Embrun, Combe assura le secrétariat du congrès d’unification de l’UD-CGT des Hautes-Alpes le 16 février 1936. Il n’appartint pas au bureau alors désigné, dont le secrétaire général était le cheminot communiste Ernest Imbert. Les conditions dans lesquelles il succéda à ce dernier avant février 1937 restent à éclaircir. Quant à Imbert, il devint, avec Marius Tronc, secrétaire adjoint, aux côtés du militant du syndicat du livre, R. Ricard lequel occupait déjà cette fonction, René Thèvenot conservant la charge de la trésorerie. L’UD-CGT qui ne regroupait qu’un millier d’adhérents à une dizaine de syndicats avant juin 1936, en revendiquait 4 500 dans 41 syndicats deux ans plus tard. Le bureau comprenait alors, outre Combe, Imbert et Ricard, deux responsables d’unions locales, l’instituteur Bruno Lagrée pour L’Argentière-Briançon et le cheminot Rigobert Blanc pour Veynes, un secrétaire permanent, Ernest Gonnet des maisons de santé, un trésorier, Ducastel de l’enseignement, et Louis Payan des agents municipaux. Muté le 4 janvier 1938 au lycée de Gap, Combe était toujours secrétaire général en titre pour signer en mars 1942 l’inventaire des biens de l’UD, et déclarer alors à l’inspecteur de l’Enregistrement Amayon : « Pratiquement, l‘UD des syndicats ouvriers des Hautes-Alpes doit être considérée comme dissoute. Tous les membres de son bureau ont été dispersés et se trouvent par là, dans l’impossibilité de s’occuper d’une façon quelconque de son activité dans le département des Hautes-Alpes Depuis le 26 août 1939, date de mon rappel sous les drapeaux, j’ai cessé de m’occuper activement de l’UD, bien que conservant les fonctions de secrétaire général. Celui qui m’avait remplacé est actuellement prisonnier ». Suspect au régime de Vichy malgré sa collaboration aux débuts du journal Au travail, Combe venait alors de passer le 9 février 1942 au lycée Gassendi, à Digne (Alpes-de-Haute-Provence) où il s’était marié le 23 décembre 1940. Activement engagé dans la Résistance, il rejoignit le maquis après le débarquement de Normandie, et fut à la Libération, membre de l’UD reconstituée des Basses-Alpes. Élu sur la liste unique de la Résistance au printemps 1945, il siégea au conseil municipal de Digne jusqu’en 1947. Intégré en janvier 1949 dans le nouveau corps des adjoints d’enseignement, le militant SFIO, candidat de principe contre le député radical Massot dans le canton de La-Motte-du-Caire, n’obtint que 24 des 977 suffrages exprimés le 7 octobre 1951, et ne se représenta pas le 20 avril 1958. Trésorier fédéral en mai 1954, secrétaire fédéral adjoint en juillet 1959, il reprit la charge de la trésorerie socialiste des Basses-Alpes en 1960. Ces responsabilités dans la SFIO ne l’empêchaient pas de tenir le secrétariat de la section départementale (S 2) du Syndicat national de l’enseignement secondaire en 1959.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20441, notice COMBE Louis, François par Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Dép. Hautes-Alpes, état civil, et 1 R 1003, classe 1899, volume 2, matricule 780. Arch. Nat., F 1C II/201 et 286 Arch. OURS, dossiers Basses-Alpes. — Arch. Dép. Alpes-de-Haute-Provence, 49 W 2. — Françoise Albarelli, Les Militants ouvriers dans les Hautes-Alpes de 1914 à 1940, mémoire de maîtrise d’histoire, Aix-Marseille I, 1974. — Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, Digne, chez l’auteur, 1983. — Nicolas Pagnier, Le Parti socialiste dans les Basses-Alpes de la Libération au congrès d’Épinay, mémoire de maîtrise d’histoire, Aix-Marseille I, 1999. — Michel Dreyfus et Gilles Morin, « Les responsables des unions départementales CGT de 1939 à 1944 » dans Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky (dir.), Le Syndicalisme dans la France occupée, Presses universitaires de Rennes, 2008. — Michel Dreyfus, « Syndicats, nous voilà ! Un journal syndicaliste vichyssois, Au travail » dans Denis Peschanski (dir.), Vichy 1940-1944 : archives de guerre d’Angelo Tasca, Paris/Milan, Éditions du CNRS, Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, 1986. — Jean-Pierre Le Crom, Syndicats, nous voilà : Vichy et le corporatisme, Paris, Éditions de l’Atelier, 1995. — Roland Andréani, « Un établissement d’enseignement secondaire masculin de la Libération à la 5e République », Liame, n° 6, juillet-décembre 2000, p. 167-198. — Le Peuple, 22 février 1936, p. 6, 10 mai 1938, p. 4 (BNF Gallica). — La Voix du peuple, n° 196, février 1937, p. 129 (BNF Gallica). — Bulletin d’informations du syndicat du personnel de l’enseignement secondaire, 1ère année, n° 6, 15 mars 1938, p. 337 (BNF Gallica). Sisteron-Journal, 13 octobre 1951, p. 1, 26 avril 1958, p. 1. — Notes de J. M. Guillon, de J. Girault et de R. Andréani.

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