ANCERGUES Étienne, André, Georges (pseudo « Asnier »)

Par Claude Delasselle

Né le 26 janvier 1921 à Agen (Lot-et-Garonne), exécuté sommairement le 19 août 1944 à Chevannes (Yonne) ; marin ; membre des FFL.

Stèle de Chevannes
Stèle de Chevannes

Fils d’André Ancergues, employé aux chemins de fer, et de Marie Alice Sercau, employée de bureau, Étienne Ancergues est né le 26 janvier 1921 à Agen. Domicilié à Layrac, dans le Lot-et-Garonne, il fut admis à l’école des apprentis marins à Brest en octobre 1937 et s’engagea à l’issue de sa formation dans la marine, le 10 février 1938. Il poursuivit sa carrière dans la marine comme quartier-maître radio, à bord du cuirassé « Océan » puis du contre-torpilleur « Gerfaut ». Affecté le 12 juillet 1941 à Port-Lyautey, il rejoignit ensuite Agadir le 1er janvier 1943. Il rejoignit ensuite Londres et entra au BCRA le 1er janvier 1944.
Il fut intégré à la mission « Sussex » au printemps 1944. La mission « Sussex » consistait à parachuter en France 52 équipes de deux hommes, un agent de renseignement et un opérateur radio, chargés de collecter des renseignements sur les mouvements de l’armée allemande et les points stratégiques allemands (stockage des armes, du carburant, ponts utilisés par l’armée allemande, etc.), dans le but de préparer le Débarquement allié. Il fut parachuté en France, à Nicorbin-Voves, dans l’Eure-et-Loir, le 7 mai 1944, sous le pseudonyme « Asnier », en compagnie de l’officier Bertrand (pseudo « Fontanes »), et tous deux gagnèrent Paris.
Le 18 août 1944, dans la soirée, il partit de Paris dans une camionnette à gazogène conduite par Alain Pellerin de Beauvais (pseudonyme « Gazo »), en compagnie de Pierre Binet, un des membres de la mission Sussex, et de Florentin Mouchet. Les quatre hommes devaient rejoindre le maquis de Merry-Vaux (Maquis 2 du Service national maquis) installé dans les bois au nord de Toucy (Yonne) et dont Pierre Binet faisait partie. Après un voyage sans histoires et alors qu’ils venaient d’arriver le 19 août au petit matin à Toucy, la malchance voulut que leur véhicule fût réquisitionné par des soldats allemands qui voulaient rejoindre à Auxerre un convoi allemand partant pour Troyes. Les Allemands gardèrent Pellerin de Beauvais comme conducteur et les trois autres passagers sans doute comme otages.
La camionnette repartit de Toucy vers 14 heures sur la route D 965 en direction d’Auxerre. Quelques kilomètres après le village de Pourrain, le véhicule fut attaqué par des résistants dissimulés dans les bois le long de la route. Les maquisards, s’étant sans doute aperçus que les Allemands détenaient des otages, se retirèrent. Mais les Allemands firent sortir les trois otages du véhicule et les fusillèrent le long de la route D 965, sur le territoire de la commune de Chevannes. Pierre Binet et Florentin Mouchet furent tués sur le coup, Étienne Ancergues, grièvement blessé, fut transporté au village voisin de Villefargeau où il décéda dans la soirée de ses blessures ; il fut inhumé au cimetière de Villefargeau. Le conducteur, Pellerin de Beauvais, sera emprisonné dès son arrivée à Troyes et fusillé le 22 août au champ de tir de Creney, près de Troyes, avec 48 autres prisonniers.
Le nom d’Étienne Ancergues (écrit par erreur Encergues) figure, avec celui de ses deux camarades, sur la stèle édifiée le long de la route D 965, sur le territoire de la commune de Chevannes. Il figure aussi sur le monument aux morts de Layrac, sur une plaque apposée dans l’église de Layrac et enfin sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut décoré à titre posthume de la Military Cross, de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204507, notice ANCERGUES Étienne, André, Georges (pseudo « Asnier ») par Claude Delasselle, version mise en ligne le 20 juin 2018, dernière modification le 5 décembre 2020.

Par Claude Delasselle

Stèle de Chevannes
Stèle de Chevannes

SOURCES : AVCC Caen 21P 7611.— SHD Vincennes GR 16P 12041. — Arch. dép. Yonne, 1 W 123, rapports de gendarmerie. — Bailly Robert, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, p. 421-422. — Mémorial GenWeb.— Site internet Mémoire des Hommes.— Site internet « Aux marins », Mémorial national aux marins morts pour la France.

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