D’ANGLADE Émile, Octave

Par Gilles Pichavant

Né le 7 juillet 1893 à Niort (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort à Royan le 28 août 1967 (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; marin, puis cheminot, puis interprète en gare maritime de Dieppe ; militant communiste ; résistant.

Fils d’un comptable mort avant sa naissance, Émile d’Anglade devint marin.

De septembre 1912 à septembre 1914, à bord de la Curieuse, il accompagna le capitaine Raymond Rallier du Baty, dans son voyage scientifique dans les mers australes, jusqu’aux Kerguelen. Partie le 20 septembre 1912 de Cherbourg, la Curieuse, après avoir fait escale à Madère, aux Canaries, à Dakar, Rio de Janeiro, Tristan Da Cunha et au Cap, arriva en octobre 1913 aux Kerguelen où elle séjourna sept mois, au cours desquels elle fit le tour de l’archipel en effectuant des relevés hydrographiques. En mai 1914, le navire mit le cap sur l’Australie. Il y arriva le 10 juin, fut désarmé et vendu. L’équipage rentra en France.

À peine rentré en France, Émile d’Anglade s’embarqua pour l’Angleterre, juste avant la déclaration de guerre, et fut engagé dans la 2e expédition antarctique de Sir Ernest Shakelton (1914-1916). Il devint steward à bord de l’Aurora, le second navire de l’expédition qui était chargé de mettre en place des dépôts d’approvisionnement sur le chemin de Shackleton puis de récupérer l’explorateur et ses compagnons. Seul français de l’expédition au milieu d’un équipage anglais, Émile d’Anglade acquit une solide connaissance de la langue anglaise, qui lui servit sa vie professionnelle future. Fut-il débarqué en Nouvelle-Zélande, ou utilisa-t-il une escale du navire dans ce pays pour rechercher le moyen de rentrer en France ? Toujours est-il qu’en avril 1916, à Dunedin (Nouvelle-Zélande), il s’engagea comme volontaire dans l’armée néo-zélandaise, fut envoyé en France. En janvier 1918 il était à Niort (Deux-Sèvres).

Le 22 février 1924, Émile d’Anglade fut nommé homme d’équipe aux chemins de fer de l’État, et affecté à Dieppe. Parlant couramment l’anglais, il était, en 1927, commis au service anglais de la gare maritime de Dieppe. Militant communiste, il était trésorier de la cellule des cheminots de Dieppe, portant le numéro 71, et dont le secrétaire était Robert Arpajou. Il fut poursuivi pour avoir tenté de faire signer une pétition du parti communiste contre les nouvelles lois militaires, mais il bénéficia d’un non-lieu. Au début des années 1930, il habita à Paris, puis en banlieue.

Pendant la seconde guerre mondiale, il fut résistant.

Émile d’Anglade, s’était marié le 8 février 1922 à Melle (Charente-inférieure, Charente Maritime) avec Léonce Ingrand. Il se remaria le 17 janvier 1931 à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis), avec Julienne Mauger, dont il divorça le 20 mars 1942. Il se remaria le 21 avril 1945 à Paris, avec Anna Tocavey, dont il divorça le 15 mai 1963. Il mourut à Saintes le 28 août 1967.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204632, notice D'ANGLADE Émile, Octave par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 25 juin 2018, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime, 3U 1/36, 1Z 255 (Archives de la sous-préfecture de Dieppe). — La Vigie de Dieppe, 26 décembre 1930. — Journal officiel de la République française. Lois et décrets - 1er mars 1924. — Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 1er janvier 1918. — National Library of New Zealand, Otago Daily Times, 22 avril 1916. — National Library of New Zealand, Évening Star , 20 avril 1916 — Musée de la Résistance en Ligne, Dossiers administratif des Résistants et Résistantes, cote GR16P156262. — Wikipedia, liste de l’expédition Endurance, membres de l’équipage de l’AuroraFrance Culture. A travers la glace, 1914-1917, l’expédition Shakelton, par Pierre Ropert. — Un siècle de navires scientifiques français de Bernard Estival, éditions du Gerfaut et de l’Ifremer, 2003. — État civil.

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