FAMERY Émile, Fernand, Ernest.

Par Gilles Pichavant

Né le 12 novembre 1903 au Havre (Seine-inférieure, Seine-maritime) ; docker au Havre, musicien ambulant ; militant communiste.

Fils d’un chaudronnier devenu docker au Havre, Émile Famery devint docker, puis vraisemblablement marin. Durant la période précédant le Front populaire, puis pendant le Front populaire, il fut un militant communiste très actif dans le milieu maritime du Havre.
On sait que les ports jouaient un rôle de premier plan dans le fonctionnement de l’Internationale communiste (komintern). C’était le cas du port du Havre et Émile Famery ainsi que ses collègues, navigants ou dockers, Roger L’Hévéder, Augustin Gruenais, Maurice Vernichon*, Charles Domurado*, Henri Nicol, Marcel Toulouzan, Couillard étaient rattachés à l’IMD (Internationale des Marins et Dockers). Leur rôle international les amenait à occuper dans l’organisation communiste une place particulière avec parfois des missions directement commanditées par l’IC ou la direction centrale du PCF. Cette activité politique parallèle tenait les marins et dockers en marge des structures locales du Parti. On évoque à ce sujet la notion de double appareil. La guerre d’Espagne accentua ce phénomène avec la création de la compagnie maritime France-Navigation, la « société rouge » au pavillon français qui possédait plusieurs navires au port d’attache du Havre, recrutait des équipages entiers de militants communistes, en vue d’aider la République espagnole en péril à s’armer.
En 1937, Émile Famery gérait la librairie de la section communiste des marins du Havre, située au 14 quai de la Marne. Accordéoniste ambulant, il exerçait aussi dans divers café du quartier Saint-François du Havre. La police le décrivit comme un "agitateur communiste et anti-militariste convaincu". Il mena "une campagne acharnée en faveur du recrutement de volontaires pour la guerre d’Espagne".
Le 26 février 1940, le préfet demanda au ministre son assignation dans un centre régional surveillé. Le 1er mars suivant, celui-ci donnait son accord, et, le 5, l’arrêté d’assignation fut signé. Le 13 mars, le général fit savoir qu’Émile Favery avait rejoint la compagnie mixte du dépôt le 18 février précédent. Il fut interné sans doute au camp de Meuvaines (Calvados). Cependant il s’échappa au moment de l’exode, et se serait réfugié dans le département de la Loire Atlantique, probablement à la Bernerie, d’après une lettre du préfet de Seine-inférieure. Il revint au Havre en octobre 1940, où il fut bientôt activement recherché par la police municipale, "comme otage désigné par l’autorité d’occupation". En septembre 1941, il était soupçonné de servir d’agent de liaison pour les organisations communistes clandestines, sous couvert de sa profession de musicien ambulant
En effet, la police ne se trompait pas, car Émile Famery appartint, avec Roger L’Héverder, à la première organisation clandestine de résistance au Havre, de l’été 1940 à celui de 1941. Elle était constituée d’éléments jeunes, ouvriers et instituteurs, plus une bonne partie des anciens des Brigades internationales et de la compagnie France-Navigation, tous issus du 4ème canton du Havre, de l’ancienne commune de Graville.
Émile Famery survécut à la clandestinité, et, après la guerre, aurait repris son activité de musicien. Il aurait créé un orchestre, animant de nombreux bals et fêtes, notamment en Région parisienne où l’on retrouve régulièrement des publicités pour lui et son orchestre dans les hebdomadaires communistes de banlieue.
Émile Famery s’était marié le 2 octobre 1925 au Havre, avec Aline Coupeau, dont il divorça le 30 octobre 1970. Il se remaria le 11 septembre 1971 à Bazillac (Hautes-Pyrénées), avec Christiane Painsot.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204692, notice FAMERY Émile, Fernand, Ernest. par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 28 juin 2018, dernière modification le 23 janvier 2021.

Par Gilles Pichavant

SOURCES Arch. Dép. de Seine-maritime, cote 1M 305 et 1M 306. — Marie Paule Dhaille-Hervieu, Communistes au Havre, histoire sociale culturelle et politique (1930-1983), publication des universités de Rouen et du Havre, 2009. — l’Aube Nouvelle, 22 février 1958. — État civil.

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