ALLAVENA Robert, Henri (Alias «  Dauterive  »)

Par Audrey Galicy, Florence Lamothe, Delphine Leneveu

Né le 16 février 1920 à Lyon (Rhône), fusillé le 26 juillet 1944 à Viella (Gers)  ; lieutenant d’aviation ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Robert Allavena
Robert Allavena
Crédit : Audrey Galicy

Fils de Paul, originaire de Menton, concierge d’hôtel et de Claudia Jeanne Béal, originaire de Haute-Loire, Robert Allavéna étudia au lycée du Parc à Lyon (VI°). Elève officier à l’école de l’air, promotion «  Lieutenant Pinczon du Sel  », il fut nommé au grade de sous-lieutenant dans l’armée de l’air en avril 1940. Passionné d’aviation, «  Pour lui, une vie sans risque ne valait pas la peine d’être vécue et son grand rêve était une croisière, sans escale, autour du monde, voler jusqu’à ce que ses ailes se brisent et mourir en plein ciel, rien ne lui paraissait plus enviable  » (extrait de ses notes). Il épousa Renée Causseque, originaire de Labouheyre (Landes). Ils eurent un fils, Michel, né en 1943.

En août 1939, l’école de l’air reçut l’ordre de se replier à Bordeaux. Les vols se faisaient à partir des bases annexes de Bergerac, les Landes-de-Bussac et Mont-de-Marsan. Cela expliqua la présence de Robert Allavéna dans les Landes à cette période. Profondément patriote, il refusa la défaite et s’engagea dans la résistance.

En 1944, le chef Pommiès confia au colonel de Milleret la responsabilité du groupement Ouest, c’est à dire la zone ouest du Gers, une partie des Landes à l’est de la ligne de Démarcation. Il organisa son groupement en deux secteurs  : au nord, Mont-de-Marsan aux ordres du capitaine Puchulu (Casablanca), au sud aux ordres du capitaine Dangoumau pour la région d’Aire-sur-l’Adour.

Allavéna, alias «  Dauterive  », créa à l’ouest du Gers, une compagnie essentiellement constituée d’hommes des postes de guet de la sécurité aérienne publique (S.A.P). Celle-ci autorisée par les Allemands, était chargée de la surveillance du ciel contre une offensive alliée. De plus, la compagnie Allavéna comprenait une vingtaine d’hommes gradés. En juin 1944, cette compagnie était sous les ordres de Dangoumau et se trouvait au château de Termes d’Armagnacq (Gers) puis se transporta à Goux à une trentaine de kilomètres au sud-est d’Aire-sur-l’Adour.

Allavéna et ses hommes participèrent à nombre de parachutages dans la région d’Eauze et d’Aurensan, ainsi qu’aux combats de la région d’Aire-sur-l’Adour, Riscle, Plaisance. Le 11 juin ils tendirent une embuscade à un camion ennemi. Pris sous un feu nourri, le camion fit demi-tour.

Fin juin 1944, De Milleret s’installa dans la région de Portet (Basses-Pyrénées  ; Pyrénées-Atlantiques) avec son Etat-Major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. Il fut informé les 1er et 2 juillet d’une attaque possible des troupes allemandes. Le lendemain matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla, isola et attaqua le village. Le bilan est lourd  : 14 maquisards trouvèrent la mort au cours du combat, une quarantaine d’hommes furent arrêtés et massacrés, à Pau, trois jours après. Le chef Jean de Milleret réussit à s’enfuir avec quelques camarades, dont Charles Tison, Hubert Glandaz, Gustave Hengy, Ernest Libis… Ils se réfugièrent dans le Gers entre Viella et Labarthète. De Milleret reconstitua son PC et ses différents éléments s’éparpillèrent, occupant entre Viella et Labarthète, les fermes abandonnées ou bivouaquant en plein air. De là, ils se mirent en contact avec les sections éparpillées dans les alentours. Le 26 juillet, les chasseurs Gustave Hengy et Ernest Libis, de la section de destructions Vaxelaire, rescapés de Portet, furent envoyés prévenir les chefs de sections dont Robert Allavéna, qu’une réunion organisée par le chef de Milleret, allait se tenir ce jour. Le lieutenant Allavéna, était installé avec sa compagnie du côté de Lasserrade lorsqu’il fut averti que son chef, De Milleret, dit Carnot, souhaitait le rencontrer.

Malheureusement, Hengy et Libis rencontrèrent une colonne ennemie, au carrefour d’Aurensan au nord-ouest de Viella et furent abattus. La colonne allemande repérée, Charles Tison envoya ses hommes prévenir le poste de commandement d’une attaque imminente. Les Allemands, puissamment armés, encerclèrent le village, arrêtèrent et tuèrent des résistants. Les Allemands continuèrent leur progression et abattirent Henri Varéni et Louis Durrieux. Ils arrêtèrent sur leur passage, d’autres hommes, des civils et des maquisards, notamment le chef Allavéna et deux chasseurs Lanine et Mendoza. Les trois hommes se rendaient à Viella pour participer à la réunion du chef de Milleret.

Les prisonniers furent, d’abord, rassemblés sur la place de l’église, puis amenés et interrogés dans la maison du notaire réquisitionnée par l’ennemi. A l’issue de cet interrogatoire certains hommes furent libérés mais treize hommes furent gardés, à nouveau interrogés et «  jugés  » par un tribunal de guerre «  improvisé  », commandé par un colonel allemand. Robert Allavéna refusa de parler.

Six hommes furent relâchés. Sept autres, dont le lieutenant Robert Allavéna, furent condamnés à mort. Emmenés à l’extérieur de Viella, sur la route de Labarthète, ils furent exécutés dans la soirée. L’affaire de Viella eut des répercussions.

Homologué capitaine, Robert Allavéna reçut la mention «  Mort pour la France  ». Un rapport de son colonel mentionne ses qualités  : «  excellent officier, a toujours fait preuve de remarquables qualités payant toujours de sa personne et montrant en toutes circonstances un parfait mépris du danger, a fait preuve de la plus haute valeur morale et de la plus parfaite compréhension de la dignité que doit montrer dans les plus graves circonstances un officier français.  »

Il fut décoré à titre posthume de la Légion d’honneur pour services de guerre exceptionnels, de la croix de guerre 1939-1945 avec palme ainsi que de la médaille de la Résistance française.

Son nom est inscrit sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac, sur les monuments aux morts de Villeurbanne (Rhône), Mont-de-Marsan (Landes) et de Viella (Gers). On retrouve son nom sur la stèle commémorative de Viella (Gers), sur la stèle commémorative des Résistants à Mont-de-Marsan et sur la plaque commémorative des élèves du lycée du Parc à Lyon (VI°).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article204896, notice ALLAVENA Robert, Henri (Alias « Dauterive ») par Audrey Galicy, Florence Lamothe, Delphine Leneveu, version mise en ligne le 3 juillet 2018, dernière modification le 25 mai 2021.

Par Audrey Galicy, Florence Lamothe, Delphine Leneveu

Robert Allavena
Robert Allavena
Crédit : Audrey Galicy

SOURCES  : Note de Florence Lamothe.— Genweb.— Mémoire des Hommes.— Notes de Delphine Leneveu et d’André Balent. SHD, GR 16 P 8723. — Geneanet. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel, Le Corps Franc Pommies. Tome 1-2  ; La lutte ouverte, Amicale du Franc Pommiès, 2007. — POMMIES Jean-André, Le Corps Franc Pommiès, une armée dans la Résistance, Editions Privat  : 2014. 511p.

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